L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Halidou annonce sa retraite du MBDHP

Didier Notheaux-Passek Taalé

27 Septembre 2007


Une lettre pour Laye

Cher Wambi,

La parade des fourmis ailées dans la cité est sans doute un signe avant-coureur de l'imminence de la fin de l'hivernale. Et pourtant ! Bien d'exploitations agricoles attendent toujours d'être arrosées, afin que vain ne soit pas l'espoir des braves paysans. En tout cas, rares sont devenues les pluies sous ce clair de lune de septembre, et éloquents se révèlent les relevés effectués par les services techniques de l'ASECNA dans nos différentes stations météorologiques dans la semaine du jeudi 20 au mercredi 26 septembre 2007 : Dori = 0,9 mm ; Ouahigouya = 5,0 mm ; Ouagadougou-aéro = 9,0 mm ; Dédougou = 9,4 mm ; Bobo-Dioulasso = 10,9 mm ; Boromo = 2,2 mm ; Pô = 13,8 mm ; Gaoua = 2,8 mm ; Bogandé = 3,4 mm.

Si, dans les champs, les paysans s'apprêtent à rejoindre leurs concessions après des mois de dur labeur, à l'inverse, les élèves et les enseignants reprendront très bientôt le chemin des classes. Parent d'élève, tu n'es pas sans savoir que la rentrée scolaire a officiellement lieu le lundi 1er octobre, et j'imagine ton anxiété au regard des devoirs auxquels tu ne peux te dérober comme tant d'autres. La réussite scolaire n'a-t-elle pas ses exigences ?

Même s'il faut vendre jusqu'au dernier coq de la basse-cour, les frais de scolarité doivent impérativement être honorés, dans l'attente que la promesse gouvernementale de la gratuité des manuels au primaire se concrétise. Certes, Odile Bonkoungou, la grande dame de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation, se bat comme un beau diable pour que la rentrée se fasse dans les règles de l'art, mais nombreux demeurent aussi bien parents qu'enseignants qui sont dans l'expectative.

Car à propos de gratuité, les prévisions auraient été faites à partir de statistiques de 2005. Aussi, m'a-t-on prévenu, il ne serait pas du tout étonnant de voir des classes du cours préparatoire, première année, remplies comme le stade de France. Comment, en effet, réussir sa mission dans une classe de 300 élèves qui doivent se disputer quotidiennement quelque vingt tables-bancs ? Disons-le tout haut, le succès ne pourrait être au rendez-vous dans de telles conditions.

Mais espérons qu'au sommet de l'Etat et dans le cercle des partenaires au développement, des mesures idoines seront prises pour parer au plus pressé. Car nous devons coûte que coûte réussir le pari de l'éducation et/ou de l'alphabétisation pour tous pour avoir meilleur rang dans le classement mondial selon l'indice du développement humain.

A un plus haut degré, cher cousin, c'est-à-dire au niveau de l'enseignement secondaire, c'est un rappel à l'ordre que l'autorité adresse aux promoteurs des établissements privés conventionnés, à la veille de la rentrée. Un appel au respect de la Convention signée avec l'Etat, que m'a fait parvenir le directeur de la Communication et de la presse ministérielle, que je t'invite à lire :

"En vue d'élargir l'offre éducative, l'Etat a signé une convention avec des établissements d'enseignement privés. Ces établissements se sont engagés à accueillir des élèves admis aux concours d'entrée en sixième, seconde, première année CAP et BEP. L'Etat, pour sa part, s'est engagé à verser aux établissements conventionnés les frais de scolarité des élèves qui y sont affectés.

Aussi le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS) tient-il à rappeler que les parents d'élèves ne sont soumis qu'au paiement du complément des frais de scolarité s'il y a lieu, après déduction du montant versé par l'Etat à cet effet. Les frais de scolarité versés aux établissements conventionnés pour le compte des élèves qui y sont affectés sont subdivisés en trois catégories.

La première concerne l'enseignement général, où l'Etat verse à l'établissement 50 000 francs par élève affecté au premier cycle (de la 6e à la 3e) et 55 000 francs au second cycle (de la seconde à la terminale). La deuxième concerne l'enseignement technique tertiaire. Pour cette catégorie, l'Etat verse 55 000 francs par élève au cycle court (CAP) ; 60 000 francs par élève au cycle moyen (BEP) et 65 000 francs par élève au cycle long (Bac).

Enfin, pour la troisième catégorie, relative à l'enseignement technique industriel, les établissements conventionnés reçoivent de l'Etat, 60 000 francs par élève au cycle court, 65 000 francs par élève au cycle moyen et 70 000 francs par élève au cycle long. En tout état de cause, il convient de préciser que la demande d'adhésion à la convention est laissée au libre choix des établissements et qu'aucun élève admis aux concours visés ci-dessus n'y est affecté s'il n'a formulé une demande lors de son inscription à ces concours".

Le directeur de la Communication et de la Presse ministérielle des ESSRS

Ce lundi 1er octobre aura lieu aussi, cher cousin, une autre rentrée, celle judiciaire des cours et tribunaux du Burkina Faso pour l'année 2007-2008. Elle se déroulera, à ce qu'on m'a confié, en audience solennelle dans la salle des banquets de Ouaga 2000 à partir de 10h00. Placée sous le très haut patronage du président du Faso, président du Conseil supérieur de la magistrature, elle donnera lieu à un plaidoyer national en faveur des droits de la défense dans l'ordonnancement juridique burkinabè.

C'est assurément une rentrée des plus attendues, après le vaste mouvement de magistrats qui vient de s'opérer, consécutivement à l'arrivée de Zakalia Koté à la tête du ministère très sensible de la Justice à la faveur du remaniement gouvernemental de juin 2007. En tout cas, bien de justiciables attendent que les artisans de ce département redorent leur blason, terni ces dernières années par tant de dossiers pendants.

Cette rentrée, cher cousin, ouvrira la voie à la commémoration du 15 octobre, date pour laquelle se disputent les héritiers politiques de Thomas Sankara, dont c'est le vingtième anniversaire de la mort, et les disciples de Blaise Compaoré, dont c'est, lui, le vingtième anniversaire de l'accession au pouvoir. Bien entendu, les thèmes de cette célébration divergeront d'un camp à l'autre des protagonistes de la scène politique.

Mais, pour sûr, la capitale burkinabè refusera du monde. Et l'un des grands noms qui pourraient fouler le sol burkinabè à la mi-octobre, c'est Louis Ignacio Lula Da Silva, le barbu président du Brésil, lequel semble avoir des atomes crochus avec l'enfant terrible de Ziniaré, Blaise Compaoré.

Et, te souviens-tu, en septembre 2003 déjà, le président burkinabè effectuait une visite officielle au pays de la Samba, au cours de laquelle les deux chefs d'Etat signaient un protocole de coopération économique, politique et culturelle incluant une assistance en matière d'importation d'antirétroviraux en générique.

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