Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Bandundu-Les populations Banunu-bobangi et Tiene sur la voie de la paix

Kinshasa — La cité de Bolobo sur le fleuve Congo, chef-lieu du district des Plateaux dans la province du Bandundu, est habitée par les populations qui se recrutent parmi les Teke, les Batende (Tiene) et les Banunu-Bobangi. Mais, il se trouve que les deux dernières citées se regardent en chiens de faïence.

Les derniers affrontements sanglants et massacres des Banunu-Bobangi isolés dans les champs suivis de représailles à l'endroit des Batende font planer sur Bolobo et ses environs les risques d'une poudrière du genre Ituri, sur la frontière occidentale de la République démocratique du Congo.

La peur, surtout pour les femmes, de s'aventurer seules dans les champs s'était installée chez les Banunu-Bobangi tandis que la pêche sur le fleuve, à travers les îlots peuplés d'ethnies Bangala proches des Nunu-Bobangi était devenue un risque pour les Batende qui ont fini par déserter la localité de Makontimpoko du Congo-Brazza.

Localité qui passe pour le plus grand centre commercial et marché de la région.Sur place, les échanges commerciaux se sont raréfiés, voire devenus inexistants, ne s'effectuant plus qu'à l'intérieur de chaque ethnie. Et pour cause. La peur et la méfiance réciproques de courir le risque d'empoisonnement. Si les Batende ont déserté les rives du fleuve, les Banunu-Bobangi ont, eux aussi, jeté l'anathème sur les routes reliant Bolobo à Yumbi en traversant le pays ou leur village Batende.

Et pourtant, dans la configuration socio-économico-politique de l'heure, il s'avère particulièrement impossible de tracer une ligne de démarcation entre les Batende et les Banunu-Bobangi qui sont condamnés à vivre ensemble. Ainsi, pourrait s'expliquer la visite, fin 2006, du ministre de l'Intérieur et la descente à Bolobo, au mois d'avril dernier, du gouverneur du Bandundu.

Le premier pour restaurer la paix et le second pour une mission de clarification et d'exhortation à l'avènement d'une paix, condition sine qua non pour la promotion de la région. Car, l'absence de la paix a fini par s'ériger en obstacle pour les Batende et les Banunu-Bobangi avec effets d'entraînement au préjudice des voisins Teke.

Le Bobangi, langue de communication avant l'avènement du Lingala, a été utilisé par les missionnaires protestants de la société missionnaire des Baptistes (Baptist missionnary society) dans leurs actions d'évangélisation, d'instruction et d'émancipation dans toute la région. Mais, l'accession du pays à l'indépendance donnera lieu à l'avènement d'apprentis sociers qui, en mal de repositionnement, vont s'employer à diviser ces peuples frères, connus pour leur nature pacifique et leur hospitalité légendaire.

C'est ainsi qu'un groupe de Banunu-Bobangi, avec à leur tête Me Nganga, va prendre langue avec le comité national des Batende sous la direction de son président Mpay Alphonse et du vice-président Beleko Jean-Louis. Et l'objectif de la rencontre était de voir quelles actions envisager pour ramener à jamais la paix à Bolobo. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les deux parties se sont résolues d'extirper à jamais le mal. Cela en abordant, avec conviction et en toute responsabilité, les maux à la base de leurs affrontements continuels.

Les Batendes ont reproché aux Banunu-Bobangi leur intolérance tandis que ces derniers, dans une attitude de réserve, ont déploré les actions de provocation de leurs protagonistes.

Enfin, ils ont convenu d'entreprendre auprès de leurs bases respectives des actions de réconciliation et de pacification en vue de relancer les rapports de convivialité, se rappelant leur passé commun fait des mariages interethniques et des liens de consanguinité. Ceci s'est passé au mois de juillet 2007.

Mais aujourd'hui, la disparition de Mankoto Nkee, alias Etos, chef coutumier Tende, sur le fleuve est mal digérée par les Batende qui culpabilisent les Banunu-Bobangi qui clament leur innocence.

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