Eugène Dipanda
1 Octobre 2007
L'économiste Dominique Strauss-Kahn vient d'être élu à la tête de l'institution.
La nouvelle a été rendue publique vendredi, 28 septembre dernier à Washington. "Le conseil d'administration est tombé d'accord pour offrir à M. Strauss-Kahn le poste de directeur général du Fonds monétaire international (Fmi) pour un mandat de cinq ans", a laissé filtrer un communiqué de presse. La date du 1er novembre 2007 a par ailleurs été retenue pour l'entrée en fonction du nouveau directeur général. Ancien ministre français de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn est donc sorti vainqueur de la course. Il était opposé au Russe Josef Tosovsky, ancien gouverneur de la banque centrale tchèque et ancien Premier ministre. Avec cette victoire, Dominique Strauss-Kahn devient ainsi le quatrième Français à prendre la tête de l'institution, après Pierre-Paul Schweitzer (1963 - 1973), Jacques de La Rosière (1978-1987) et Michel Camdessus (1987-2000).
Toutefois, il faut dire que l'économiste français avait les faveurs des pronostics. Et pour cause, malgré leur adversité sur le plan politique, il a été soutenu par le président Nicolas Sarkozy, dont on connaît actuellement l'aura en Europe. L'ensemble des vingt-sept Etats de l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon et le Canada, sont autant de "poids lourds", c'est-à-dire une majorité des voix au Fmi, que le candidat français a réussi à convaincre sur l'opportunité du choix de sa personne. La plupart des pays d'Afrique et même la Chine et le Chili, ont également soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Cependant, jouant à fond le rôle de trouble-fête, la Russie, elle, affirmait que Dominique Strauss-Kahn est un "mauvais" candidat. "Il y a des réformes profondes à apporter au sein de ces institutions et, bien sûr, en finir définitivement avec cette règle qui décide que tel poste est conservé par tel pays ou telle région parce que cela ne reflète pas l'état des forces aujourd'hui dans le monde", avait par ailleurs déclaré Alpha Omar Konaré, le président de la Commission de l'Union africaine. Une position notamment prise par de nombreux autres pays émergents.
En tout cas, Dominique Strauss-Khan dit vouloir "mettre un peu d'équité et d'équilibre dans une mondialisation échevelée". Il a promis de tenir compte des spécificités des pays et de leur prescrire des thérapeutiques respectant leurs politiques sociales. Rodrigo Rato, le DG sortant du Fmi, a déclaré que "Ayant connu et travaillé avec Dominique Strauss-Kahn depuis des années, je sais qu'il possède l'expérience, la vision et le sens du service public nécessaire pour conduire avec succès le Fmi à ce moment déterminant". A 58 ans, le nouveau directeur général sait que la réforme des droits de vote, le redressement financier et le repositionnement d'un Fmi en crise de légitimité figurent en tête de son agenda. Dans un communiqué, Dominique Strauss-Kahn s'est d'ailleurs dit "déterminé à engager sans tarder les réformes dont le Fmi a besoin pour mettre la stabilité financière au service des peuples en favorisant la croissance et l'emploi".
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