1 Octobre 2007
Aliment de base des populations du désert, la datte a une connotation spirituelle, notamment pour les musulmans qui ont l'habitude de rompre le jeûne, durant le mois du Ramadan, en mangeant ce fruit, excellent, pour faire démarrer le métabolisme après une journée d'abstinence.
Fort de ses propriétés diététiques et énergétiques, ce fruit est en passe de devenir un produit agricole stratégique tant pour le marché intérieur qu'à l'exportation.
Pour mémoire, les dattes contribuent, aujourd'hui, à hauteur de 5% de la valeur globale de la production agricole tunisienne et occupent la troisième place au niveau des exportations, avec des recettes en devises estimées, en moyenne, à 50 millions d'euros par an.
La production ne cesse, d'ailleurs, d'augmenter. Elle est estimée annuellement à plus de 105.000 tonnes, dont 70.000 tonnes de «Deglet nour» (doigt de lumière), variété considérée comme la meilleure et la plus demandée tant à l'échelle nationale qu'internationale, suivie des variétés communes comme «el blah» (dattes fraîches), «kintichi» et «el alig». Cette dernière variété est utilisée dans la confection de pâtisseries telles que le «makroudh».
La Tunisie, premier exportateur de «Deglet nour», en exporte, annuellement, une moyenne de 30.000 tonnes, dont 15.000 tonnes sur le seul marché européen (France, Italie et Allemagne) qui accapare 90% des exportations nationales de dattes.
La stratégie tunisienne, consolidée par l'élaboration depuis octobre 1998, d'un plan décennal portant sur la modernisation des moyens de production, de collecte et de conditionnement, a en outre permis d'impulser la production au cours de la dernière décennie.
Cette dernière est passée de 73,6 mille tonnes, au cours de la saison 96/97, à 131.000 tonnes au cours de celle de 2006/2007, dépassant de 8% les objectifs du Xe Plan de développement (2002/ 2006).
Les exportations sont passées de 21.000 tonnes au cours de la saison 96/97, à 42,7 mille tonnes au cours de la saison 2005/2006, soit une hausse de 104% en termes de volume.
Toutefois, selon les experts, la Tunisie devra faire face à un certain nombre de problèmes en vue de consolider davantage les acquis enregistrés et de renforcer le positionnement de ce produit sur le marché international tout en réhabilitant la diversité génétique de la région du sud.
Autres défis que la datte tunisienne doit relever. Ceux-ci consistent à diversifier les débouchés et à explorer de nouveaux marchés, tels que les marchés africains, de l'Europe centrale et orientale, des pays islamiques du Sud-Est asiatique (Indonésie, Malaisie...).
Le secteur dattier doit surmonter, particulièrement, le phénomène de l'aridité climatique, la raréfaction de l'eau et la salinité des nappes hydriques (conséquence d'un éventuel réchauffement climatique).
La stratégie adoptée par les pouvoirs publics a été axée sur la rationalisation de l'exploitation des ressources hydriques du Sud tunisien afin de protéger les oasis qui jouent un grand rôle dans la lutte contre la désertification et la préservation des écosystèmes de la région.
Résultat : en 2006, 83% des surfaces des oasis ont été dotées de techniques d'irrigation économiques adéquates.
Le deuxième objectif visé consiste à renforcer les capacités de stockage au niveau des zones de production lequel reste le véritable talon d'Achille du secteur.
Dans cette optique, la Tunisie a mis en place des incitations fiscales et financières pour aider les conditionneurs à se mettre à niveau et à moderniser leurs équipements. Au final, il s'agit de conforter la place qu'occupent les dattes en tant que 3e produit agricole biologique exporté après l'huile d'olive et les agrumes.
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