La Tribune (Algiers)

Algérie: Une soirée tarab avec la Libanaise Djahida Wahba

Farida Belkhiri

2 Octobre 2007


Avec du malouf et de la poésie de Ahlam Mosteghanemi et de Mohamed Abdelwahab

La voix puissante et profonde de l'artiste interprète du tarab, la Libanaise Djahida Wahba, qui se produit pour la seconde fois en Algérie, a agréablement surpris un public peu habitué à un style où la poésie est mise en premier plan.

L'interprète libanaise Djahida Wahba n'a pas opté, comme la plupart des chanteuses arabes et libanaises, d'une façon particulière, pour le style dit «moderne» et «énergique» qui fait en ce moment des ravages sur la scène du monde arabe. L'artiste qui s'est produite dimanche dernier à la salle El Mouggar sur une initiative de l'Office national de la culture et de l'information (ONCI), pour la seconde fois en Algérie, préfère mettre ses dons multiples et son talent au service de la belle poésie, aux vers expressifs qui font office de paroles et à une musique douce, touchante, parfois fiévreuse mais jamais tapageuse. Djahida Wahba a choisi tout simplement de s'investir dans le «tarab», l'opéra, le soufisme et, bien qu'elle soit de confession chrétienne, elle excelle dans le «tadjwid» (chant) du Coran. Mais le chant n'est pas le seul art qui constitue l'univers de Djahida Wahba. Car l'artiste a plus d'une corde à son arc. Elle est également comédienne de théâtre, actrice et cinéaste, réalisant, entre autres, le film Rassassa Farigha (Une balle vide).

Pour en revenir au concert que l'artiste libanaise a donné à la salle El Mouggar, la scène s'était parée, pour l'occasion, d'un beau décor à l'ancienne, un grand portail en arc qui rappelle l'entrée des vieilles cités musulmanes et par lequel l'artiste fera son apparition. En introduction, Djahida Wahba interprète un morceau de malouf, Bism Alah Nebda Klami, qui rend hommage à Constantine. Une voix forte, sublime, bien enroulée qui surprendra agréablement un public hélas pas très nombreux.

Se produire dans une des soirées du mois sacré de ramadhan ne laissera pas l'artiste libanaise indifférente.

En effet, elle propose un répertoire religieux avec, en amorce, la merveilleuse Talaa el Badrou Alayna, chantée par les habitants de Médine pour accueillir dans leur ville la venue du Prophète (QSSSL). Elle complètera le répertoire par les vers de la romancière et poétesse algérienne Ahlam El Mosteghanemi dédiés à la Nuit du destin (leylat el kadr) ainsi que d'autres textes dont la composition musicale est signée notamment par les musiciens de son orchestre... Outre la poésie de Ahlam El Mosteghanemi, dont Katebtani qui est le titre de son dernier album, Djahida Wahba chante du Abdelwahab. D'ailleurs, elle est connue pour son penchant pour Oum Kaltoum, Ismahan, Fayrouz, entre autres, à qui elle a rendu hommage par sa voix. Un timbre et une prestation qui ont attiré les plus grands compositeurs du Monde arabe, Sayed Darwich, Zyad Botrosse, Wadee El Safi avec comme paroles les poésies de Djabran Khalil Djabran, Rabeea El Adaouia, Omar El Khayam...

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2007 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Algérie

Ask Obama a Question