Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Motos-taxis - l'indispensable permis de conduire

Eric Vincent Fomo

2 Octobre 2007


Le délai accordé aux conducteurs de « bend-skin » arrive à expiration.

Les conducteurs de motos-taxis de Douala vont-ils tenter de défier l'autorité après demain jeudi ? C'est la question que l'on peut se poser au vu du déroulement des évènements. En effet, en date du 4 avril 2007, le préfet du Wouri, Bernard Atebede, a signé une note demandant aux bendskineurs de bien vouloir s'inscrire dans les autos-écoles pour se former et obtenir le permis de conduire, condition sine qua non pour conduire une moto.

Quelques jours plus tard, quarante auto-écoles ont signé une convention en présence du préfet pour former les bendskineurs à 11 500 Fcfa (frais de formation et de dossier) au lieu de 75 000 Fcfa comme auparavant. N'étaient pas concernés pas cette somme, les frais d'examen et ceux du retrait du permis.

A ce jour, près de six mois après, seuls 322 conducteurs de motos-taxis, dont 180 particuliers, ont passé leur permis de conduire. Ces chiffres relèvent des procès verbaux des différents examens du permis de conduire organisés depuis avril 2007. Et ne reflètent pas le nombre des « bendskineurs » exerçant dans la ville, estimé à près de 30 000. Quelles raisons peuvent bien justifier ce désintéressement pour la formation à l'auto-école ? Francis Ngah Messobo, promoteur d'une auto-école, explique : « J'ai reçu beaucoup de demandes de « bendskineurs ». Mais, la majorité d'entre eux voulait payer simplement pour avoir le permis. Ils disent n'avoir pas le temps pour venir se former ». D'ailleurs, seulement 15 conducteurs se sont formés et ont obtenu leur permis dans son auto-école. Ailleurs, après recoupement, affirme qu'à peine 500 conducteurs de motos-taxis ont souscrit une formation dans des auto-écoles.

Lucien Nengue, moto-taximan, explique plutôt qu'il est analphabète et qu'il ne pourrait pas lire les cours théoriques qu'il est supposé recevoir. « Je maîtrise déjà la pratique, pourquoi ne pas me permettre d'acheter mon permis une fois », explique ce dernier. Il se plaint également des frais d'examen et de retrait du permis qu'il faut payer à la délégation provinciale des Transports pour le Littoral. Lucien Nengue mentionne aussi les sommes allant de 5000 à 10 000 Fcfa qu'il faut donner pour « graisser la patte aux examinateurs lors des examens du permis de conduire ».

Célestin Pepoumsi, un autre bendskineur, explique que l'autorité devrait créer des emplois pour juguler tous « les jeunes qui viennent mettre du désordre dans notre boulot ». Il poursuit : « On nous demande de nous former pour avoir le permis A. Or, j'ai un permis B qui est supérieur au A, et on veut que je vienne encore passer le permis A pour quelle raison ? », s'interroge ce père de six enfants qui en est sa dixième année dans la conduite de motos-taxis. En attendant, la date d'expiration est fixée à demain. Après, les contrôles systématiques prendront le relais.

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