Sénégal: Ouverture, mardi à Dakar, d'un atelier de formation sur les requins et les raies en Afrique de l'Ouest

Dakar, 5 oct (APS) - Une trentaine d'enquêteurs, de biologistes et gestionnaires des pêches, représentant sept pays d'Afrique de l'Ouest participent à partir de mardi à Dakar à un atelier de formation sur l'écobiologie, la pêche et l'aménagement des pêcheries des raies et requins, annonce un communiqué reçu à l'APS.

L'ouverture est prévue le même jour à 9 heures 30 à l'Institut universitaire de pêche et aquaculture (IUPA) à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD II), pour une rencontre d'une durée de cinq jours, sous l'égide de la Commission sous régionale des pêches (CSRP) et la Fondation internationale du banc d'Arguin (FIBA).

Les pays membres de la CSRP sont : Mauritanie, Sénégal, Gambie, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Sierra Leone et République de Guinée. La formation est assurée par trois experts internationaux venant de Paris, de Floride (Etats-Unis) et de Faro (Portugal).

Cet atelier, le 4ème du genre, comprend un cycle de conférences sur la diversité des requins et des raies, leur biologie et leur conservation. Des travaux pratiques et des sorties pédagogiques sur le terrain complètent la formation.

Une partie importante de la formation concerne l'apprentissage à l'identification des principales espèces de requins et de raies des pêcheries ouest africaines. Ces identifications sont nécessaires à la récolte de bonnes statistiques des pêches, préliminaires indispensables à leur gestion.

"En l'espace de 30 ans, les populations des plus grandes espèces se sont effondrées, voire éteintes localement. Selon les pêcheurs de la sous-région, l'abondance générale en requins a diminué, ce qui indiquerait une réduction de la biomasse", signalent les organisateurs de l'atelier.

En Afrique de l'Ouest, la capture des requins est en baisse depuis 2002 en raison de l'effort intensif de pêche et du cycle de reproduction très long et de la fécondité faible des raies et requins, selon la même source.

Au Sénégal, précise-t-elle, les captures de requins sont passées de 10 000 tonnes en 2001, pour descendre à environ 7 400 tonnes en 2002.

Le communiqué indique que "les déclarations sur la pêche sont sous-estimées (52 tonnes en 2002) en raison de la pêche ciblée vers les espèces à haute valeur commerciale et des rejets non déclarés".

Le commerce des ailerons de requins est en hausse et les exportations ont atteint 77 tonnes en 2002.

Pour remédier à cette situation, la CRSP a établi en 2003 un plan sous-régional d'action pour la conservation et la gestion durable des populations de requins (PSRA-Requins).

Depuis 2004, ce plan bénéficie d'un appui financier de la Fondation internationale du banc d'Arguin pour sa mise en oeuvre.

En 2006, plusieurs Etats de la sous-région, dont le Sénégal, ont adopté un plan national d'action pour les requins, suivant en cela les recommandations du PRSA.

La mise en oeuvre de ce plan d'action est coordonnée par Dr Mika Samba Diop, biologiste des pêches, de nationalité mauritanienne.

Parmi les actions entreprises dans le cadre du PSRA-requins, estime-t-on, "la formation des enquêteurs de pêche est une priorité". Ainsi, depuis quatre ans, la CRSP organise des ateliers pour assurer cette formation.


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