Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Visite du ministre Filippe Sawadogo à Gaoua et Loropéni-La volonté de mieux valoriser le riche patrimoine culturel du Sud-Ouest

Le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe Sawadogo a été les 6 et 7 octobre 2007, dans la région du Sud-Ouest. Accompagné de collaborateurs et d'ambassadeurs, le ministre a visité successivement le musée de Gaoua, deux radios de cette ville ainsi que le site touristique des "Ruines de Loropéni". 

La région du Sud-Ouest burkinabè regorge de potentialités culturelles et touristiques. C'est en vue de s'imprégner des réalités de ce riche patrimoine culturel que le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe Sawadogo y a effectué une visite du 6 au 7 octobre 2007.

La première étape ayant consisté à la visite du

Le ministre Filippe Sawadogo visitant, ici, le Musée des civilisations du Sud-Ouest, a promis de rendre plus moderne et attirant cet édifice riche en patrimoine culturel.

Musée des civilisations du Sud-Ouest, a permis à Filippe Sawadogo de dire son émotion et son émerveillement. "A travers ce musée, nous constatons que notre patrimoine culturel est riche d'histoire, de légende, de pédagogie (...) et l'on se rend compte que le module de l'enseignement que nous avons aujourd'hui, devrait s'inspirer des modules culturels bien de chez nous", s'est-il exprimé. Filippe Sawadogo a profité de l'occasion pour rendre hommage aux femmes pour le rôle que celles-ci ont toujours joué en pays du Sud-Ouest, à savoir chez les Lobi, les Dagara, les Djan, les Gan, etc.

En effet, dans le musée, un compartiment est exclusivement réservé à la femme. La visite de cet espace exclusif édifie le touriste ou autre visiteur sur la place quasi sacerdotale de la femme chez les peuples du Sud-Ouest. Le conservateur du musée, Banonzaola Prosper Somé, a expliqué au ministre Sawadogo et sa délégation, non seulement la valeur, l'utilité des objets qui s'y trouvent mais aussi l'histoire de la création du musée. Ainsi, il en ressort entre, autres que le musée a vu le jour en 1990 à l'initiative de feue Mlle Madeleine Marie Père.

C'est cette religieuse qui a procédé à la collecte des artefacts relatifs à la vie et à l'art des peuples du Sud-Ouest. Le ministre a salué l'oeuvre de Mlle Père qui selon lui, a réussi à créer "cette unicité de lien et de vie pour tous ceux qui habitent le Burkina Faso ou qui veulent mieux connaître notre pays". Il a pour sa part, promis de moderniser le musée en y ajoutant des supports d'information. Après la visite du musée, le cap a été mis sur deux radios de la ville de Gaoua. Il s'agit d'abord, de la Radio Evangelique du Sud-Ouest (ESO).

Des potentialités à valoriser davantage

La visite des installations et un bref échange avec les responsables de la radio privée, ESO, a fait dire au ministre en charge de la Communication que les radios privées participent à l'Å"uvre des missions publiques. "Cette radio a apporté aux hommes et aux femmes de Gaoua, une autre manière de vivre, de comprendre et de dialoguer. Et cela se fait sans distinction de religion, sans distinction partisane, ni culturelle", a-t-il relevé.

Ce sont les mêmes félicitations et encouragements que M. Sawadogo a formulés à l'endroit des responsables de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), section de Gaoua. Le ministre a invité les deux radios, à porter encore plus loin leur voix, car selon lui, "La communication est un adjuvant du développement".

La dernière étape de la visite du ministre dans le Sud-Ouest l'a conduit à Loropéni. Dans cette localité se trouve l'un des impressionnants sites touristiques du Burkina Faso, à savoir "les Ruines de Loropéni". Les Ruines de Loropéni que les sources orales et locales désignent par Kpôkayâga (la maison du refus) constituent pour le Burkina Faso et même l'Afrique, un mystère et une richesse historique insoupçonnées. "De toutes les ruines découvertes à ces jours, celles de Loropéni situées sur le territoire du Burkina Faso (...) représentent l'archétype achevé dont les techniques architecturales ne se trouvent nulle part ailleurs en Afrique". Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus des historiens et des archéologues.

Actuellement, des études sont en train d'y être menées afin de procéder à des fouilles archéologiques dans les tout prochains mois. L'historien burkinabè, le Pr Jean-Baptiste Kientéga qui doit superviser les fouilles, est de l'Université de Ouagadougou. "Les fouilles devraient aboutir à donner des réponses sinon des hypothèses

L'historien, le professeur Jean-Baptiste Kientéga (courbé) a guidé la tournée sur le site des ruines de Loropéni indiquant ici une partie de l'impressionnant mur.

sur les questions quand, comment et pourquoi ce site séculaire voire millénaire, a été construit". Ces propos sont du Professeur Kientéga qui a visité pour la première fois, les ruines de Loropéni en 1969, alors qu'il était encore étudiant.

Pour le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, les ruines de Loropéni doivent être inscrites sur la liste des patrimoines de l'UNESCO. De l'avis de Filippe Sawadogo, ce patrimoine, de même que toute la richesse culturelle du Sud-Ouest, doivent être mieux valorisés. Et cela doit être fait par les Burkinabè eux-mêmes d'abord.

Le ministre, accompagné de la délégation dont le gouverneur de la région, Rasmané Ouangrawa, les ambassadeurs des Pays-Bas, du Sénégal et du Nigeria ainsi que l'attaché culturel de France, a profité pour rendre visite au roi Gan, Sa Majesté Kan Iya. C'est le passage au sanctuaire des rois Gan qui a d'ailleurs mis fin à la tournée qui s'est voulu, à entendre le ministre Filippe Sawadogo, être "très enrichissante".

Le ministre Filippe Sawadogo apprécie positivement sa visite de deux jours dans le Sud-Ouest

"J'ai été comblé par les quarante et huit (48) heures que nous avons passées à Gaoua où nous avons pu toucher du doigt les réalités de cette région. Je m'attendais plus ou moins à cela.

On a toujours parlé des bâtiments coloniaux de Gaoua que nous devons restaurer, des logements qui ont fait l'histoire de cette ville. Nous pensons également au musée de Gaoua dont nous saluons le travail fait par Mlle Madeleine Père.

Ce travail doit être poursuivi, doit être agrandi.

Pour nous, cette quête de la magnifience de nos valeurs culturelles, c'est aussi le départ du développement car lorsqu'on ne sait pas d'où on vient, on ne peut pas comprendre que notre histoire est faite de travail, de justice et aussi de magnifience de la femme.

Nous l'avons appris au cours de la visite, les rois Gan lorsqu'ils n'ont pas pu se mettre d'accord pour trouver le bon prince pour conduire le royaume, le confiaient à une femme qui écrivait l'histoire de ce peuple-là.

Finalement, nous devons puiser des richesses culturelles, de la dimension du dialogue, tous les éléments qui contribuent à montrer que nos peuples sont épris de dialogue, de recherche de la paix et que quelques fois, la capacité de créer des dynamiques propres à nous pour trouver des solutions à des crises, pour négocier, nous les avons à nos pieds.

Il est important que les modules culturels, le savoir que nous puisons de ce patrimoine, nous puissions les inscrire, en tant que département de la Culture, à l'éducation.

Toute chose qui permettra de faire en sorte que nos filles et nos fils soient pétris d'une connaissance, d'un savoir qui leur permet de parler d'eux-mêmes en sachant qu'ils maîtrisent une histoire.

Nous les Burkinabè nous devons compter sur nous-mêmes et lorsque des partenaires trouvent l'intérêt et la nécessité, qu'ils nous viennent en appui.

Je saisis l'occasion pour saluer nos partenaires européens et africains qui ont fait la route avec nous et ont découvert avec nous les réalités du Burkina profond.

C'est déjà un signal fort.

Je sais que dans le programme du Président du Faso, l'intérêt particulier porté à la dimension culturelle du développement est souligné.

Nos partenaires au développement disent également que le tourisme rural, la capacité de cultiver et de montrer ce que nous avons le plus cher à l'intérieur de notre pays, peut être aussi des programmes.

Donc j'ai bon espoir et je crois que c'est à nous de nous donner des délais mais nous allons nous hâter lentement parce que la recherche scientifique n'est pas une chose à bâcler. C'est quelque chose qu'il faut construire.

Je sais que les chercheurs, des Burkinabè de l'Université de Ouagadougou et toutes les bonnes volontés peuvent nous aider. Nous avons rencontré des élus de Loropéni, ceux de la région d'Obiré et ce sont des gens, des cadres de notre pays capables de poursuivre cet apport, cet appui. Comptons d'abord sur nos propres forces !".


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