- Création d'une Agence nationale de promotion de la recherche et de l'innovation pour un rôle d'interface entre la sphère de la recherche et l'appareil de production
La Presse - Le secteur de la recherche scientifique et de l'innovation technologique occupe une place de choix dans les priorités nationales et se trouve investi d'une série de missions pour le moins décisives au service du modèle de développement présent et futur de notre pays telles que l'amélioration de la compétitivité générale de l'appareil productif, la création de nouvelles opportunités d'emploi pour les diplômés de l'enseignement supérieur et l'instauration d'une économie de l'intelligence et du savoir.
Dans son programme «Pour la Tunisie de demain» le Président Ben Ali réserve la troisième rubrique à ce secteur stratégique dont il souhaite faire un puissant levier à même de «relever les défis de l'avenir», à la faveur d'une vision prospective mais néanmoins pragmatique selon laquelle la recherche-développement se doit d'être focalisée sur les objectifs nationaux prioritaires et s'efforcer constamment de valoriser ses résultats au service du développement.
Une recherche utile, ingénieuse et innovante en somme et qui ne se perd pas dans le purisme de la recherche fondamentale, par définition hypothétique et onéreuse par-dessus tout.
Doté d'allocations financières très conséquentes, dont le niveau n'a pas été atteint dans plusieurs pays avancés (1,06% du PIB en 2006, 1,25% en 2009), le secteur de la recherche et de l'innovation déploie aujourd'hui l'ensemble de ses ressources vers des domaines classés prioritaires voire stratégiques comme les énergies renouvelables, l'eau, la biotechnologie, la santé, l'agriculture, les nouvelles technologies de communication, l'industrie pharmacologique et le textile-habillement.
14.650 chercheurs équivalent plein-temps conduisent des dizaines de projets de recherche dans ce large éventail de disciplines au sein de structures dites d'exécution réparties entre 33 centres de recherche, 139 laboratoires et 624 unités de recherche essaimés à travers toutes les régions.
Interdisciplinarité
Quinze programmes de recherche fédérés (PRF) élaborés sur le principe de l'interdisciplinarité sont également menés par 87 équipes, de façon décentralisée, portant plus particulièrement sur les énergies renouvelables (hydrogène : vecteur d'énergie et le développement de piles à combustibles), l'eau (mise en place de mini-stations de traitement des eaux employant des méthodes innovantes, dessalement des eaux grâce à la maîtrise des techniques solaires ), le handicap (prise en charge des troubles spécifiques des apprentissages et diagnostic différentiel avec le handicap mental) et bien d'autres thèmes également.
Programme présidentiel des technopoles
D'autre part, notre pays poursuit la réalisation du projet présidentiel de mise en place des technopoles, de véritables villages technologiques s'étalant sur des dizaines d'hectares et qui, échafaudées sur le principe de la fertilisation croisée, fédèrent in situ les efforts des chercheurs, des producteurs et des académiciens et hébergent de jeunes promoteurs inventifs.
Le programme du Président Ben Ali «Pour la Tunisie de demain» prévoit, rappelle-t-on, l'installation d'une technopole ou d'au moins une pépinière d'entreprises par gouvernorat, à l'horizon de 2009.
Embryonnaires ou à un stade avancé de réalisation, ces technopoles sont actuellement réparties sur les diverses régions du pays (Borj Cedria, Sfax, Bizerte, Sousse, Monastir, Sidi Thabet, El Ghazala, Jendouba, Gafsa, Medenine, Gammarth ) et développent de nombreux projets de recherche définis, selon les priorités nationales, les vocations socioéconomiques régionales et la disponibilité en ressources humaines qualifiées.
Creuset interdisciplinaire et à caractère transversal par excellence, le secteur se place au fond aux confins d'un certain nombre de domaines connexes, superposant à la fois l'industrie, la recherche, l'enseignement supérieur, l'innovation technologique, la propriété intellectuelle
C'est pourquoi le système national de recherche et d'innovation parachève constamment ses mécanismes, ses organes exécutifs, ses programmes de formation de compétences scientifiques et cherche à impulser des synergies vertueuses entre l'appareil productif et les lieux de recherche.
Synergies dynamiques
Un travail de langue haleine où le maître mot n'est autre que la synergie entre les divers acteurs concernés et qui nécessite en permanence des réglages fins et des modulations de cadence.
Dans ce contexte, et pas plus tard que mardi dernier, le Président Ben Ali a réitéré l'intérêt qu'il porte au secteur de la recherche scientifique et de l'innovation technologique, à l'occasion de l'entretien qu'il a eu avec le Premier ministre.
L'attention du Chef de l'Etat s'est, en effet, portée sur les structures de pilotage du secteur en général et les préparatifs en cours, pour la création de l'Agence nationale de promotion de la recherche et de l'innovation (Apri) en particulier.
Cette nouvelle institution jouera un rôle d'interface entre la sphère de production et le monde de la recherche. Elle sera chargée notamment d'assurer le transfert technologique nécessaire aux entreprises afin qu'elles améliorent leur compétitivité, veillent à la protection de la propriété intellectuelle et à la diffusion de la culture de l'enregistrement des brevets d'invention, ainsi qu'à l'encouragement de la valorisation des résultats de la recherche.
Sa création vient compléter les divers mécanismes déjà mis en place par le ministère de tutelle dans l'objectif de booster les activités de recherche-développement au sein des entreprises et d'encourager les opérateurs privés et publics à l'investissement dans l'innovation.
Parmi ces mécanisme d'incitation, il y a lieu de citer la prime d'investissement en recherche-développement (Pird) qui permet de «soutenir les études originales nécessaires au développement de nouveaux produits ou procédés et d'encourager les réalisations et les essais techniques de prototypes ainsi que les expérimentations sur le terrain». La prime permet également aux établissements et entreprises concernés d'acquérir des équipements scientifiques de laboratoires nécessaires à la conduite de projets de R&D.
Un second mécanisme incitatif destinée à encourager la valorisation des résultats de la recherche (VRR) existe depuis 1992 et se décline sous forme d'instruments financiers visant à orienter les activités de la recherche vers les priorités nationales de développement.
La nouvelle agence (Apri), actuellement à un stade avancé de gestation pourrait bien à son tour inventer de nouveaux mécanismes et en assurer la gestion, afin que de plus en plus, l'activité de «chercher» dans notre pays soit synonyme de «trouver» avant de valoriser et de partager les fruits de l'intelligence. Quatre objectifs cardinaux dont dépendent à vrai dire la pérennisation des acquis engrangés par l'économie nationale et le projet civilisationnel du Changement. C'est dire

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