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Tunisie: Riadh Fehri, la marque des grands maîtres


La Presse (Tunis)
 

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La Presse (Tunis)

16 Octobre 2007
Publié sur le web le 16 Octobre 2007

A.l.

Le génie de cet artiste de grande dimension est d'avoir su donner plus de relief et d'éclat à une dichotomie née du contraste entre les musiques orientales et occidentales. 

Orfèvre en symphonie, grand maître du luth et intarissable source de création musicale, Riadh Fehri prend aujourd'hui des allures de véritable légende vivante sur la scène musicale tunisienne. Authentique artiste capable de toutes les prouesses, il a le chic d'affûter ses compositions d'un feeling propre à vous chavirer le coeur. Dans la besogne, il met toute l'ardeur de sa passion et l'infinie émotion de sa sensibilité pour nous subjuger par ses nouvelles compositions toniques et fruitées, mêlant l'incandescence des instruments à l'harmonnie vocale d'Amèle Boukhchina, sa soliste vocale.

Si Riadh Fehri est adulé par le public, c'est parce qu'il évolue et qu'à chaque fois il se livre à une nouvelle réflexion à partir d'une approche personnelle. Son expérience avec cette enfilade de ritournelles furieusement efficaces et envoûtantes (Le Minaret et la Tour, Vents 44, Kantara) atteste de ce besoin d'innover et de se renouveler en matière de créations musicales.

C'est dans ce besoin de combiner les genres et les styles les plus divers et de s'immerger dans les cultures musicales (Appalache d'Amérique, flamenco, malouf, etc...) qu'il assouvit sa passion singulière de la musique.

C'est justement dans cette perspective que se situent sa participation deux années de suite (un challenge qu'aucun artiste tunisien ne semble avoir relevé jusqu'ici) au Festival de Carthage, d'abord en 2005, aux côtés du grand Uwe Theimer du Bal de l'Orchestre symphonique de Vienne, ensuite, le 16 juillet 2007 avec l'Orchestre symphonique de la RAI, et deux jours plus tard avec le même orchestre italien à l'amphithéâtre d'El Jem.

Au mois de mai dernier, Riadh Fehri était sur la scène du théâtre municipal avec l'Ensemble Fénicia, groupe musical sicilien composé de sept grands virtuoses dont un baryton légendaire. Cela se passait dans le cadre du Rendez-vous avec la Sicile, saveurs et savoirs du Sud.

Des projets euphorisants

Après une triomphale et longue tournée qui l'a successivement mené au Maroc, en France et en Italie (Milan, Florence et Reggio Emilia) le voici à Washington, au Kennedy Center, lieu incontournable de passage des sommités, d'égale dimension que le Carnegie Hall de New York. Le public, dans sa majorité américain, a réservé un accueil chaleureux à Kantara.

Il a été séduit et même ébloui par la qualité intrinsèque de cette oeuvre qui, comme le souligne son titre, jette le pont entre les civilisations, établit le dialogue entre les peuples et appelle et interpelle le public dans sa diversité ethnique et religieuse à communier, à être en parfaite harmonie avec l'esprit qu'elle véhicule. A ce sujet, Riadh Fehri se fait plus explicite: «Kantara a été généreusement ovationnée par un public séduit et exalté au point de l'envoûtement. Je dirais qu'il s'est trouvé sous l'emprise d'une musique dont le charme continuait de s'exercer bien au-delà de la note finale».

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La conséquence de cet intermède musical de Washington vient juste de se traduire par la signature d'un contrat qui le liera pour une période de deux ans avec la prestigieuse University of Virginia de Richmond où il devra enseigner la musique arabe et la fusion de cette musique avec la tradition occidentale.

En février 2008, il jettera le pont avec Kantara à travers une tournée au Japon et à Taiwan.

Actuellement, il est en train de mettre la main à un projet, presque entièrement bouclé, qui aura un profond retentissement. Il s'agit de travailler sur une oeuvre, une composition musicale d'envergure, qui sera réalisée avec la participation de quatre instrumentistes turcs de grande valeur dont le prestigieux virtuose du qanoun Khalil Karaduman, présent le 20 septembre dernier dans la deuxième édition de Mûsîqât au Palais du Baron d'Erlanger.



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