Wal Fadjri (Dakar)

17 Octobre 2007

Sénégal: Académie internationale des hautes études de la sécurité - Une alternative à l'insécurité et à la criminalité

Faire entrer le Sénégal dans les hautes technologies de la sécurité par le développement de la formation et l'intégration du réflexe sécuritaire dans les maisons, l'alliance prison et droits de l'homme, voilà, entre autres, la mission que s'est assignée l'Académie internationale des hautes études de la sécurité (Aihes) à travers le lancement hier mardi 16 octobre 2007 des activités de ladite Académie.

La sécurité est une science transversale familière, mais qui, malheureusement, n'est pas forcément connue. La popularité des questions nombreuses et variées liées à la sécurité cache mal l'ignorance, par les populations, des menaces de la criminalité et des épaisses zones d'ombre subsistantes. Et des pans entiers de cette criminalité connus, détectés ou non restent encore impunis. C'est pour pallier ce manquement que l'Académie internationale des hautes études de la sécurité (Aihes) a choisi de s'orienter dans le domaine de la 'sécurité et des sciences criminelles'. La cérémonie de lancement des activités a eu lieu hier. Selon Me Papa Khaly Niang, président de l'Aihes, la demande de sécurité est très forte dans notre pays et dans la sous-région. C'est pourquoi, au-delà de l'Etat, seul détenteur du pouvoir régalien de coercition, de fixation des règles et de répartition des rôles en la matière, la 'sécurité' doit être 'l'affaire de tous. Tous les acteurs, publics et privés, ont l'obligation de répondre aux exigences sécuritaires, de prévenir les menaces et de faire face à la criminalité', a plaidé Me Niang.

Mais cela passe l'intégration du réflexe et de la culture de la sécurité dans la population dès le bas âge. Ce qui implique non seulement une révision des programmes scolaires mais aussi la mise en place de nouveaux métiers en vue de la satisfaction des besoins du marché de l'emploi en ressources humaines bien formées et dotées de réflexes adéquats en matière de sécurité. Or, le réflexe de prévention sécuritaire qui est jusque-là réservée à une entité publique ou privée spécifique suppose une formation. L'Aihes, qui est un institut d'enseignement supérieur professionnel à vocation régionale pour l'Afrique occidentale francophone, fournit cette formation pour permettre au Sénégal d'entrer dans les hautes technologies de la sécurité. Elle a pour finalité l'obtention de Licences professionnelles et de Masters dans deux domaines que sont 'les sciences criminelles et la sécurité'. Les Licences professionnelles, dont la durée est de neuf mois, ont pour objectif, entre autres, de former, dans chacun des pôles de connaissances et de compétences retenues, des professionnels en vue d'acquérir les notions fondamentales et les règles requises en matière de sécurité et d'être capables de contribuer efficacement à leur mise en oeuvre. Ces pôles de connaissances vont de la sécurité publique à la sécurité industrielle en passant par celles économique, maritime, routière, portuaire, aéroportuaire, écologique, la police municipale, les mouvements associatifs, la paix civile et la gestion pénitentiaire. Bref, tous les domaines sont pris en compte.

Pour ce qui est des Masters, ils sont au nombre de deux. Le premier intitulé 'Droit de l'exécution des peines et Droits de l'homme' vise une formation approfondie en droit pénal, sciences criminelles et Droit de l'homme. Il a pour objectif de permettre aux étudiants l'intégration et l'anticipation des évolutions d'un secteur en totale mutation et de contribuer au respect des conventions internationales ratifiées par les pays africains. Pour ce qui est du deuxième Master, 'Politique et sécurité', il permettra le renforcement des capacités de la fonction policière, des politiques publiques de sécurité et des principaux aspects des problèmes de délinquance et d'insécurité. Ce qui va contribuer au développement de la recherche, de la formation et de l'expertise sur les politiques publiques de sécurité et la sociologie des organisations policières. Des certificats sont prévus pour les agents de police, de la gendarmerie, de la douane, etc. à partir de l'année académique 2008-2009.

Selon Boubacar Camara, ancien Directeur général des Douanes, tous ces Masters ont été délocalisés respectivement de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour et de celui des Sciences Sociales de Toulouse (Centre d'études et de recherche sur la police-Cerp). Les enseignements sur le droit interne seront assurés par des experts et professeurs spécialistes sénégalais alors que des universitaires français se chargent de tout ce qui est droit international et des Droits de l'homme. Les diplômes seront délivrés par ces universités françaises. 'Il s'agit de diplômes français obtenus au Sénégal' a-t-il précisé.

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