Il s'agit de sortir la normalisation de son « stade embryonnaire ».
La 38e édition de la Journée mondiale de la normalisation s'est célébrée hier à l'hôtel Hilton de Yaoundé, sous la présidence du ministre de l'Industrie, des Mines et du Développement technologique, Badel Ndanga Ndinga. A ses côtés, le ministre des Travaux publics, Bernard Messengue Avom, et celui des Petites et moyennes entreprises, de l'Economie sociale et de l'Artisanat, Laurent Serge Etoundi Ngoa, ont tenu, par leur présence, à témoigner de la place centrale de la normalisation dans les efforts de modernisation de l'économie camerounaise. C'est donc fort à propos que, bien au-delà du thème de la célébration : « Des normes pour les citoyens : une contribution à la société », il a surtout été question, tout au long des allocutions de circonstance, de réfléchir sur les moyens de permettre à l'économie camerounaise d'être à la hauteur des objectifs de libre-échange, de transparence et de non discrimination prescrits par les accords de Marrakech.
Cette évocation remet au goût du jour les difficultés liées à l'inexorable mondialisation, dont les effets s'annoncent impitoyables pour les économies inadaptées. L'insuffisance des moyens humains et financiers, l'inefficacité des politiques d'encadrement et de renforcement des capacités mises en place à l'intension des entreprises locales, l'inexpérience des opérateurs, et d'autres carences toutes aussi nombreuses, sont des facteurs aggravants de la précarité des économies des pays de l'Afrique en général, et du Cameroun en particulier. Du coup, le défi de la normalisation apparaît comme un passage obligé vers la compétitivité, aussi bien dans la sous-région Afrique centrale - ici, la nécessité d'harmoniser les actions des Etats est nécessaire à la fluidification des échanges - que sur les places mondiales. Dans tous les cas, il s'avère que le défi de la qualité est, peut-être même plus que celui de la productivité, une des conditions à remplir, pour l'émergence de l'économie du Cameroun qui, comme ses frères de l'Afrique centrale, est irréversiblement engagée dans un processus d'ouverture des marchés, devant prendre corps dès la signature des accords de partenariat économique en négociation avec l'Union européenne.
D'ici là, il faudra certainement trouver le moyen de lubrifier un système qui jusqu'ici est grippé par la faiblesse des capacités techniques des opérateurs économiques, l'absence des financements pour la mise en oeuvre des politiques industrielles et d'une démarche normative adéquate, la faible compétitivité des industries et entreprises locales, etc. Le challenge n'a pas échappé à Badel Ndanga Ndinga. Les solutions susceptibles d'y remédier non plus. « L'amélioration du cadre légal et réglementaire, la poursuite des travaux de normalisation à travers la production, l'application des normes et le contrôle de la qualité des produits et services, la mise en place des organes institutionnels de coordination et de pilotage de l'activité de la normalisation et de contrôle de qualité, le renforcement des capacités des acteurs nationaux, par la formation et le recyclage des personnels issus des administrations, de la société civile et du secteur privé, la promotion et le développement des structures et infrastructures de contrôle de la qualité et de la certification, notamment les centres d'analyse, les laboratoires de contrôle, les cabinets d'audits et les bureaux de normalisation », font partie de l'armada susceptible de redresser la barre. Vingt commissions chargées de l'élaboration des normes et du contrôle de diverses applications sont déjà à pied d'oeuvre.

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