Léopold Chendjou
17 Octobre 2007
La Société générale des banques au Cameroun (Sgbc) maintient sa place de leader, mais dégringole dans le classement général.
Pour la huitième année consécutive, l'hebdomadaire panafricain Jeune Afrique vient de publier son classement des 200 meilleures banques africaines. A l'observation de ce classement, les banques camerounaises ont (par rapport au précédent classement) régressé dans leur position. En effet, la Société générale de banque au Cameroun (Sgbc) première banque camerounaise, pointe au 107e rang. Dans le classement 2006, cette banque occupait le 98e rang. La Sgbc est suivie par la Banque internationale du Cameroun pour l'épargne et le crédit (Bicec), 108e rang, en régression de cinq places. En 2006, la Bicec était 103e. D'une manière générale, hormis Afriland First Bank, cinq places gagnées (130e - 1125e), toutes les institutions bancaires camerounaises classées en 2006 ont perdu des places dans le présent classement. La chute la plus remarquable est celle de la Commercial Bank of Cameroon (Cbc). La banque du groupe Fotso dégringole du 148e rang au 183e rang.
En Afrique centrale, le Cameroun occupe le 2e rang, derrière le Gabon. Sur le sujet, le magazine note que " le groupe BgfiBank assoit sa supériorité sur le monde bancaire d'Afrique centrale, au Gabon en particulier, mais aussi dans un des deux autres pays d'implantation, le Congo-Brazaville. Pour la première année, le total de bilan du groupe a franchi la barre symbolique du milliard de dollars, en hausse de 12,55% en monnaie locale ". Une petite consolation par rapport au classement 2006, le Cameroun a amélioré sa position en Afrique centrale, passant de 3e à 2e dans le classement des 30 premières banques de la zone.
Morosité économique
En 2006, les initiateurs de ce classement des 200 premières banques en Afrique ont justifié la contre-performance du Cameroun par les mesures en matière d'assainissement des finances publiques et de réduction du train de vie de l'Etat. Il y a aussi le fait que le Cameroun n'a pas échappé au ralentissement de la croissance économique dans la sous-région Afrique centrale en 2005, avec pour conséquence immédiate la contraction du volume des affaires. Dans le classement 2007, aucune raison n'est avancée pour justifier la mauvaise performance du Cameroun. Mais, la situation n'a pas fondamentalement changé au Cameroun en 2007, avec une croissance toujours au ralentie et surtout une politique d'austérité en matière de gestion des finances publiques.
Comme lors des précédents classements, l'Afrique du Sud occupe toujours les devants de la scène. Ses banques jouent les premiers rôles. Il s'agit de la Standard Bank Investment Corp (Stanbic), Amalgamated Banks of South Africa, Nedbank Group, Firtsrand Banking Group et Investec Group.
Bon à savoir, selon l'auteur du classement, 665 banques basées en Afrique ont reçu un questionnaire pour la réalisation de ce classement. Toutes les données sont communiquées par les banques ou les sociétés d'assurance elles mêmes. Les éléments chiffrés portent sur l'exercice 2006 ou parfois sur l'exercice achevé en juin 2007
La sonnette d'alarme !
Le classement des 200 premières banques africaines est un indicateur clair de la santé du secteur bancaire des pays. Et le rang occupé par les banques camerounaises semblent aussi être un indicateur que sous la surliquidité avérée des banques camerounaises, un malaise couve. Qu'est ce qui se passe dans le secteur bancaire camerounais ? La réponse ne viendra pas à coup sûr des professionnels de ce secteur. Une chose est sûre, après l'embellie de la restructuration du système bancaire de 1994, l'essoufflement est perceptible dans le milieu bancaire camerounais. Mauvaise politique managériale, méfiance de la clientèle, morosité de l'environnement économique, ces quelques causes peuvent bien expliquer le malaise.
Abraham Ndofor et Ndzana Ndouga, tous deux experts bancaires, respectivement en service à la Cobac et au Minefi, ont été mandatés le 25 mai dernier auprès de Union et Amity Bank, afin de veiller aux différentes étapes de la restructuration de ces deux institutions bancaires. La thérapie prescrite à ces deux établissements financiers survenait après des erreurs de gestion graves de la part de leurs dirigeants. Ils étaient aussi accusés de fraudes liées aux crédits de complaisance accordés à certains responsables de la banque et à leurs proches par ces mêmes dirigeants. Alerte !
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