Sénégal: Un responsable de la Biennale de Dakar - "on n'a pas de politique culturelle au Sénégal"

Un fonctionnaire du ministère sénégalais de la Culture et du Patrimoine historique classé a déploré samedi à Dakar "l'absence" de politique culturelle dans son pays.

"On n'a pas de politique culturelle au Sénégal", a déclaré Youma Fall, expert en développement culturel et responsable des projets et partenariats à la Biennale de Dakar.

Mme Fall animait un forum sur le thème "entreprenariat artistique", à l'occasion d'une université d'été organisée à Toubab Dialaw (région de Dakar), en vue de la création en 2008, par l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) d'un Institut supérieur de formation aux métiers de l'art.

Une quarantaine d'étudiants et d'acteurs culturels ont pris part à cette rencontre. Ils sont venus de pays francophones d'Afrique de l'Ouest, du Centre et du Nord : Algérie, Burkina Faso, Bénin, Cameroun, Mali, Mauritanie, Niger, République démocratique du Congo (RDC) et Tunisie

Relevant que le Burkina Faso et le Mali ont par exemple commencé à élaborer une politique culturelle respectivement en 2004 et 2005, elle a souligné qu'au Sénégal, "on en est encore au stade des plans d'action".

"Il faut réfléchir et ne rien attendre des autres. On ne peut pas s'attendre à ce que la Coopération française construise des musées au Sénégal", a-t-elle poursuivi, soulignant qu"'il est impératif de pallier le manque d'infrastructures de diffusion des oeuvres d'art".

Youma Fall a en outre regretté le manque de cinémas à Dakar et d'espaces de vente d'objets d'art contemporain, en soulignant qu'au niveau continental "une grande partie des entreprises culturelles sont dans l'informel".

Mme Fall a proposé la création d'un cadre juridique et d'un système fiscal "qui encouragent la création" et génèrent "une meilleure gestion du droit d'auteur".

La reconnaissance et la diffusion des productions culturelles africaines passe, selon elle, par "un croisement d'une volonté politique des pouvoirs publics et une professionnalisation des acteurs" de ce secteur.

"Un marché de l'art africain existe et il doit être développé", a-t-elle fait savoir.

Définissant l'entreprise culturelle comme "un espace de médiation et/ou de vente de biens et de services culturels", elle a souligné la "nécessité" pour les acteurs culturels de faire "reconnaître" aux pouvoirs publics de leur pays "la spécificité" de cette entreprise.


Copyright © 2007 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment