Tafi Murinzi
22 Octobre 2007
Johannesburg — Un grand nombre d'accords de coopération sont issus du deuxième sommet de l'IBSA (Inde, Brésil et Afrique du Sud) qui s'est tenu la semaine dernière à Pretoria, en Afrique du Sud.
Les présidents Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, Luiz Inácio da Silva du Brésil et le Premier ministre indien Manmohan Singh étaient sur place dans la capitale sud-africaine mercredi pour parafer les accords, lesquels couvrent un grand nombre de questions : ressources éoliennes, santé et médicaments, culture, administration publique, enseignement supérieur, et administration douanière et fiscale.
Certains analystes étaient critiques par rapport aux exploits du sommet, affirmant qu'il n'a pas pu avancer véritablement sur les questions fondamentales liées au commerce entre les trois puissances régionales -- telles que les tarifs.
Toutefois, Tom Wheeler, un chercheur à l'Institut sud-africain des affaires internationales basé à Johannesburg, a déclaré que le regroupement trilatéral était encore à ses débuts -- et que le sommet était un "support politique" des projets futurs de coopération.
Greg Mills -- chef de la Fondation Brenthurst, un institut de recherches sur des politiques, basé à Johannesburg -- a indiqué de plus que l'amélioration du commerce et de l'investissement dans le bloc IBSA décourageait, particulièrement parce que l'Afrique du Sud et le Brésil avaient des économies avec des profils commerciaux similaires.
Créé en 2003, le groupe IBSA vise à promouvoir des liens Sud-Sud, principalement à travers le commerce et l'investissement. Il opère par le biais des rencontres régulières de haut niveau et des sommets semestriels. Le prochain sommet de l'IBSA se tiendra en Inde en 2008.
La déclaration de 52 points, faite par les trois gouvernements mercredi dernier, indique leur intention de doubler le commerce au sein de l'IBSA pour atteindre 15 milliards de dollars d'ici à 2010.
Le groupe a réaffirmé son objectif d'atteindre un accord de libre-échange entre l'Inde, le bloc MERCOSUR de l'Amérique du sud et l'Union douanière d'Afrique australe, tout en indiquant qu'un "progrès significatif" a été réalisé dans ce sens lors des négociations au début de ce mois.
Faisant observer que le round de Doha sur les négociations commerciales mondiales entrait dans une "phase critique", le sommet a également demandé l'élimination des barrières dans le commerce agricole mondial, lesquelles affaiblissent la production dans les nations en développement. (Ce round prend son nom de la capitale de Qatar où il a été initié en 2001).
D'autres questions abordées par le sommet concernent les droits de l'Homme, la lutte contre le terrorisme et l'élimination des armes nucléaires, que l'Inde possède. Les délégués ont noté un manque de progrès sur la non-prolifération des armes nucléaires.
"Considérant que l'Inde s'est inscrite, ceci est une déclaration importante", a dit Wheeler. Mais, "je suppose que c'est à condition que d'autres (puissances nucléaires) fassent de même".
Le Brésil et l'Afrique du Sud sont en train de mettre un accent particulier sur l'enrichissement nucléaire pour une utilisation commerciale accrue.
Les pays ont identifié la défense comme un domaine de coopération future. L'Afrique du Sud a révélé qu'en mai de l'année prochaine, les marines des trois nations participeraient à des opérations communes.
Deux groupes de travail complémentaires de l'IBSA, l'un sur le développement de l'habitation humaine et l'environnement, et l'autre sur le changement climatique, ont été mis sur pied.
Soutenant le multilatéralisme, le groupe IBSA a toutefois appelé à la réforme des Nations Unies, spécialement un élargissement du Conseil de sécurité pour lui permettre de "refléter les réalités contemporaines". Des demandes pour un changement à l'ONU se sont multipliées ces dernières années. L'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud aspirent tous à avoir des sièges permanents au conseil.
Mills a averti que les Etats de l'IBSA devraient faire attention pour ne pas "apparaître comme un groupe qui exclut", et devraient s'étendre à d'autres pays du groupe des Etats émergents. Au nombre de ceux-ci, figurent la Chine, le Mexique, le Pakistan et l'Indonésie.
La Chine et le Mexique, avec le Nigeria, l'Egypte et l'Arabie Saoudite, faisaient partie des Etats que Mbeki avait invités pour prendre part à un projet de G8 du Sud il y a plusieurs années -- un regroupement qui n'a pas été couronné de succès. Le G8 comprend les huit principales nations industrialisées du monde, toutes dans le Nord.
Mbeki, da Silva et Singh ont également recommandé la résolution des crises au Soudan, au Zimbabwe, en Afghanistan et au Moyen-Orient.
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