La Tribune (Algiers)

Algérie: L'auteur de La bataille de Marignane aux éditions Tirésias

Synthèse de Sihem Bounabi

27 Octobre 2007


L'écrivain Jean-Philippe Ould Aoudia, dénonce les nostalgiques de la période coloniale.

L'auteur de la Bataille de Marignane paru aux éditions Tirésias, l'écrivain français Jean-Philippe Ould Aoudia, a dénoncé hier, dans un communiqué de presse, «la caution du pouvoir politique apportée aux nostalgiques de la période coloniale».

L'écrivain a évoqué dans ce sens la lecture dans les écoles françaises, lundi dernier, de la lettre de Guy Môquet, un résistant français fusillé par les nazis.

Il a estimé que «la décision de rappeler aujourd'hui le souvenir du sacrifice de Guy Môquet serait moins ambiguë si, par ailleurs, le pouvoir politique n'apportait pas sa caution aux nostalgiques de la période coloniale qui honorent et justifient, aujourd'hui les crimes commis par l'OAS». Ould Aoudia, dont le père fut assassiné avec cinq de ses collègues dont l'écrivain Mouloud Feraoun en 1962 dans les locaux des centres sociaux éducatifs créés par l'ethnologue Germaine Tillion, proteste particulièrement contre l'érection de stèles en France, notamment à Marignane et Perpignan, avec la complicité des élus locaux, «en l'honneur des assassins membres de l'OAS». L'auteur, qui fustige dans son livre le lobbying, dans la ville de Marignane dans le sud de la France, des nostalgiques de l'ex-organisation terroriste OAS, est soutenu par un collectif d'historiens, d'écrivains, d'associatifs, et de politiques français qui, lors d'une conférence sur les crimes de l'organisation terroriste OAS, ont contesté «la présence actuelle de membres de l'OAS au cÅ"ur de la République française».

Ils ont ainsi condamné l'article 13 de la loi française du 23 février 2005 qui indemnise les membres de cette organisation criminelle. «La persistance des réseaux d'influence de ces nostalgiques d'une période pourtant à jamais révolue a permis aux yeux de l'opinion publique française d'occulter l'article 13, aussi scandaleux que l'article 4», avaient déploré les participants à la conférence.

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Le collectif, dont les associations des amis des éditions Tirésias et mémoires partagées, la Ligue française des droits de l'Homme et le mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples avaient mis en exergue le fait que «le refoulé de la guerre d'Algérie donne lieu aujourd'hui à un conflit des mémoires, et les fils de victimes de l'OAS réclament ici que justice soit rendue à leur mémoire». Par ailleurs, la ligue française des droits de l'Homme (LDH) avait souligné que «sous l'influence du négationnisme colonial ambiant, les criminels de l'OAS et leurs représentants ont désormais droit de cité dans les ministères et les cérémonies officielles les plus éminentes». Quant au directeur des éditions Tirésias, Michel Reynaud, il a estimé que la France «doit régler son compte à son histoire, sinon on ne s'en sortira jamais, notamment face à ces renégats, ces assassins de l'OAS».

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