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Maroc: Essaouira sous la loupe de la Cour des comptes
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Libération (Casablanca)
30 Octobre 2007
Publié sur le web le 30 Octobre 2007
Abdelali Khallad
Essaouira est toujours aussi belle et calme qu'elle l'a toujours été.
Malgré le coup de tonnerre qui a récemment ébranlé son ciel dont l'azur le dispute à la fraîcheur des Alizés de ces premiers jours d'automne, la ville continue à vaquer à ses occupations quotidiennes. Avec cette lenteur à laquelle l'enchevêtrement inextricable de ses ruelles donne un allant à nul autre pareil.
Cette ville qui reprend vie après avoir soigné les innombrables lézardes des temps jadis. A peine a-t-elle retrouvé son cheminement vers le mieux-être auquel elle a toujours aspiré qu'elle a commencé à se dépêtrer dans la médiocrité de son conseil minicipal. Chose que confirme, selon des sources concordantes et dignes de foi, la parution d'un rapport de la Cour régionale des comptes qui a, rappelle-t-on, désigné deux juges en vue de procéder au contrôle de la gestion de la municipalité d'Essaouira conformément à la loi 99.62.
Après vérification des pièces comptables et financières, et suite à des visites sur les lieux, et à l'interrogation des fonctionnaires concernés par quelques dossiers, la commission a mis le doigt sur les anomalies administratives et financières commises par les responsables du conseil communal de la ville d'Essaouira tant en ce qui concerne la question du développement économique et social, qu'en matière de gestion administrative et des ressources humaines, qu'à propos des recettes et des dépenses et de la gestion déléguée.
La présidente de la municipalité dispose actuellement d'un délai de deux mois pour formuler sa réponse à propos des remarques signalées, et ce avant transmission du rapport final à la Cour régionale des comptes pour y trancher conformément à la loi.
Pour commencer, le rapport des juges a mis le doigt sur les anomalies structurelles dont souffre la gestion de la commune d'Essaouira. A commencer par le fait qu'elle ne dispose pas d'un schéma de développement économique et social et en passant par le fait que son conseil municipal est totalement absent des activités culturelles et sociales que la ville abrite au vu et au su de tous le monde.
Quant au volet de la gestion administrative, le rapport en a soulevé l'aspect le plus catastrophique. Il consiste en la signature des documents administratifs par fax. Chose qui atteste de l'absence chronique de la présidente du conseil municipal et de certains membres du bureau. La « comédie de délégations de pouvoirs » qui a dépassé les 15 actes depuis l'élection de l'actuel conseil occupe toujours les devants de la scène, ce qui a été fortement préjudiciable aux intérêts des citoyens.
Le rapport n'a pas oublié de signaler la violation des dispositions de la Charte communale par quelques membres du bureau qui ont établi des relations d'intérêts avec la commune, à l'instar du troisième vice-président qui est fonctionnaire au sein de la société « Chaabi liliskane » et qui n'hésite pas à signer les demandes des permis d'habiter et les autorisations de construire, dussent-ils émaner de cette dernière.
Concernant la gestion du patrimoine de la commune, le rapport a tiré la sonnette d'alarme sur l'état d'anarchie qui la caractérise. Les juges ont constaté plusieurs cas d'occupations illégales de l'espace public, de gestion erratique du gasoil et des pièces de rechange des véhicules de fonction et l'absence de toute volonté d'éponger les dettes de la commune qui s'élèvent à 30 millions de dirhams.
Le rapport des juges a aussi soulevé les violations financières et les illégalités dont témoignent la signature, le suivi et le règlement de plusieurs marchés. A l'instar du marché n° 15. 2004 concernant l'aménagement de terrains sportifs de quartiers, le marché 02.2005 concernant l'aménagement des routes et des trottoirs, le marché 17.02 qui intéresse les travaux d'éclairage public. Sans oublier la question de la conclusion de contrats qui ne servent en aucun cas les intérêts de la commune, comme c'est le cas du marché de la gestion déléguée des déchets solides qui n'a été bénéfique que pour le société délégataire. Reste les flagrantes exemptions fiscales octroyées par le conseil communal d'Essaouira au projet immobilier « Essaouira Al Jadida ». Les responsables du conseil communal ont, dans ce cadre exempté d'impôts 71 villas, tous les magasins commerciaux, et des duplex commercialisés à un prix qui varie entre 300000 et 447000 dirhams. Et vu la convention signée entre l'Etat et ladite société le 24 septembre 2001, on constate que l'article 12 exclut d'exemption fiscale toute unité qui ne fait pas partie de l'habitat social et dont la superficie ne dépasse pas 100 mètres carrés et le prix 200.000 dirhams.
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Le rapport continue dans le même sens en soulevant le non encaissement des créances de la commune auprès de la société de transport « Essaouira Al Koubra », qui n'a pas honoré ses engagements financiers à l'égard de la commune d'Essaouira.
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