Ndzinga Amougou
31 Octobre 2007
Poursuivie par on ne sait quelle méchante loi des séries, la Somalie depuis le départ de Siad Barré le 27 janvier 1991, a durablement plongé dans la violence.
Des remèdes de cheval qu'a tenté d'appliquer la communauté internationale à l'instar de l'opération américaine Restore Hope ( restaurer l'espoir) n'ont pas pu venir à bout du fléau . Avec le départ du dernier soldat américain en mars 1994, c'est pratiquement le chaos à Mogadiscio. Les chefs de guerre s'étant emparés de la ville pour ne plus la lâcher. Ce n'est donc pas une décision purement symbolique telle que la démission avant-hier du Premier ministre Ali Mohamed Gedi qui va y changer quelque chose.
Ali Mohamed Gedi, chef du gouvernement depuis 2004, a démissionné lundi à l'issue d'une épreuve de force avec le président Abdullahi Ahmed Yusuf, aggravant l'impasse politique, sécuritaire et humanitaire de ce pays en guerre civile depuis 16 ans. M. Gedi, c'est important de le noter, appartient au clan des Hawiye, le plus important dans Mogadiscio. Les Hawiye contrôlent Mogadiscio depuis leur victoire en janvier 1991 contre le président Mohamed Siad Barre, qui , lui, appartenait au grand clan rival des Darod, dont est également issu M. Yusuf. Apparemment, tant qu'on n'aura pas trouvé un terrain d'entente entre ces deux grandes entités, aucune paix durable ne sera envisageable en Somalie.
Pendant plus de 20 ans, de 1969 à 1991, Siad Barre avait pu tenir fermement le couvercle de la marmite des divisions claniques qui minent la société somalienne. Ce qui n'est manifestement pas le cas de ceux qui l'ont succédé. Aucun d'eux n'a pu enrayer, ne serait-ce que pendant un mois, la violence qui est allée en s'accroissant à Mogadiscio, violence aujourd'hui exacerbée par la présence éthiopienne. En effet, depuis la chute début 2007 des tribunaux islamiques, chassés des régions qu'ils contrôlaient par les forces gouvernementales appuyées par l'armée éthiopienne, Mogadiscio n'a plus connu de répit. Pas plus tard que dimanche dernier, une manifestation anti-éthiopienne s'est achevée dans le sang et les larmes. Comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, ce sont toujours Les civils qui ont payé le plus lourd tribut. Devant un tel déferlement de violence, la communauté internationale semble avoir baissé les bras. Le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould Abdallah, complètement dépassé par les événements, s'est borné a condamner cette nouvelle flambée de violences.
Aucun Africain ne peut supporter ce qui ce passe à Mogadiscio, cette violence sans interruption depuis 17 ans, cette incroyable effusion de sang devrait pouvoir être stoppée. Il certainement changer d'approche, de méthode, d'action. Laisser les Somaliens s'entre-tuer, comme c'est le cas actuellement, équivaut à se rendre coupable de non-assistance à peuple en danger.
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