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Burkina Faso: Location des trains SITARAIL


Sidwaya (Ouagadougou)
 

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Sidwaya (Ouagadougou)

2 Novembre 2007
Publié sur le web le 2 Novembre 2007

Urbain Kabore

Le divorce consommé entre Issaka Komyaba Sawadogo et Amadou Samba Bocoum.

Les relations d'affaires entre Issaka Komyaba Sawadogo et Amadou Samba Bocoum, deux partenaires de premier plan dans la location des trains voyageurs et marchandises entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, ont du plomb dans l'aile. En effet, le premier a déposé une plainte en avril 2007 contre le second qui a été en définitive arrêté et écroué pour " abus de confiance ", le 26 octobre dernier à Bobo-Dioulasso. En attendant un éventuel procès, Sidwaya a tenté de comprendre les raisons de cette brouille qui tire ses origines de la crise ivoirienne.

Quand la rébellion éclate en Côte d'Ivoire le 19 septembre 2002, scindant de fait le " pays du café et du cacao ", la Société internationale du transport africain sur rail " SITARAIL) arrête, à son corps défendant, ses activités, c'est-à-dire la circulation des trains

Le train voyageur un volet de la convention qui liait les deux hommes à SITARAIL

voyageurs et marchandises. Quelques mois plus tard, un opérateur économique burkinabé résidant à Ouangolodougou en Côte d'Ivoire, gérant de la Société de commerce, de convoyage ivoiro-burkinabé (SOCOCIB), du nom d'Issaka Komyaba Sawadogo, caresse le secret espoir d'exploiter à titre privé les trains de SITARAIL en dépit du contexte de guerre de l'époque en Côte d'Ivoire. Il aurait été contacté par un autre opérateur économique burkinabé Amadou Samba Bocoum, bien connu dans la filière bétail et PDG de la Compagnie Bocoum et frères (COBOF), pour travailler ensemble dans le même but. Après bien d'hésitations, explique M. Sawadogo, il associe son nouveau collaborateur à son projet, bien que ce dernier, précise-t-il, ne dispose pas de moyens financiers pour sa mise en route.

Mais pour pouvoir exploiter les trains, il faut prendre langue avec SITARAIL pour la conclusion d'un contrat verbal qui est obtenu après moult tractations en début 2004. Ils commencent l'exploitation des trains. En août, les deux associés créent un Groupement d'intérêt économique (GIE) dans l'objectif de " booster " leurs relations contractuelles et celles avec SITARAIL. Ce GIE prend l'appellation de l'Union des transporteurs SOCOCIB COBOF (UTSC). Amadou Samba Bocoum en est l'administrateur et Président du conseil d'administration (PCA). Il représente de ce fait l'UTSC et les choses se passent sans accroc jusqu'en mars 2006.

L'arnaque

Le 17 mars 2006, M. Bocoum adresse une lettre au directeur général de SITARAIL, Abdel Aziz Thiam en vue de la signature d'une convention au nom du GIE, dans laquelle il écrit : " Après concertation entre nous, fondateurs de l'Union des transporteurs SOCOCIB-COBOF (UTSC), il me plaît de solliciter auprès de votre haute bienveillance, l'établissement de la convention au nom de l'UTSC ".

Cette convention tardant à se matérialiser, Samba Amadou Bocoum aurait convaincu son associé, M. Sawadogo pour qu'il mette à sa disposition les ressources financières nécessaires afin de décrocher ladite convention. Obsédé par la réussite de l'affaire, celui-ci émet de mai 2004 à novembre 2006 des chèques libellés à l'ordre de Samba Amadou Bocoum dont les montants varient de 6 000 000 à 63 200 000 F CFA. Chaque fois que M. Bocoum voulait de l'argent, il faisait croire à M. Sawadogo que " la signature de la convention est près d'être effective " et que les montants serviraient à prouver l'intérêt de l'UTSC pour le projet. Le total des chèques touchés est de 1 036 000 000 F CFA.

En réalité et d'après des informations assez concordantes, M. Bocoum a plutôt utilisé ces sommes d'argent à des fins personnelles tant et si bien qu'en lieu et place d'une convention signée au nom de l'UTSC, SITARAIL a plutôt signé la convention avec COBOF de M. Bocoum. La supercherie est découverte par son associé à qui il fait pourtant croire que " c'est une erreur " que la convention ait été signée au nom de COBOF. Ils adressent donc une correspondance à SITARAIL dans laquelle ils attirent l'attention de celui-ci sur le fait que : " La dénomination COBOF a été utilisée en lieu et place de la dénomination Union des transporteurs SOCOCIB-COBOF ".

Avant que SITARAIL ne réponde, Amadou Samba Bocoum écrit seul une lettre à la société pour lui signifier de maintenir la convention en l'état, c'est-à-dire signée en faveur de COBOF. C'est ainsi que M. Sawadogo, à qui cette lettre a été présentée comprend toute l'arnaque dont il a été victime depuis le début de son partenariat avec M. Bocoum.

Sa plainte en justice pour abus de confiance sur la somme de 1 036 000 000 F CFA a pour objectif de rentrer dans ses fonds surtout que dit-il, " cette somme était destinée à l'achat d'une rame de train ". M. Bocoum a été arrêté, à la satisfaction de M. Sawadogo qui a remis les pendules à l'heure en signant une convention avec SITARAIL au nom de la nouvelle société, STIB (Société de transport ivoiro-burkinabé).

Accusations mutuelles de tentative d'assassinat

La brouille entre les deux protagonistes de cette affaire, au-delà de son caractère judiciaire, a très souvent des allures de duel à mort. En effet, des deux côtés, les accusations de tentative d'assassinat sont récurrentes. M. Sawadogo accuse M. Bocoum de vouloir attenter à sa vie aussi bien par des moyens physiques qu'occultes et vice-versa.

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Ainsi, on a appris que des " wackmans ", féticheurs et autres marabouts auraient été mis à contribution pour éliminer l'un ou l'autre. Il semble même que des plans d'assassinats aient été savamment ourdis à cette fin. Visiblement, aucun n'a eu le dessus puisque les deux intéressés sont toujours vivants. Et certaines langues d'affirmer que chacun de son côté a dû prendre des précautions pour se protéger de l'autre. Au regard de la somme et des intérêts en jeu, elles n'ont pas été jugées de trop. " Ainsi va notre Burkina " est-on tenté de dire.



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