Une administration moderne et proche du citoyen est l'un des points essentiels sans lesquels le développement global ne peut être concrétisé.
D'ailleurs, le programme présidentiel pour la période 2004-2009 se penche sur la question et identifie un ensemble de réformes pour impulser le secteur de l'administration. Ces réformes sont d'ailleurs nécessaires pour faire face aux nouvelles contraintes internationales notamment celles de la mondialisation et de l'ouverture économique.
Parmi les bases d'une administration moderne, les spécialistes identifient en premier lieu l'encadrement et la formation des ressources humaines. Partant de cette idée, plusieurs réformes ont été introduites au cours de l'année 2007 au sein de l'Ecole nationale d'administration (ENA). Ces réformes touchent plusieurs aspects de l'activité de l'Ecole :
- En application de la décision du Chef de l'Etat, la création d'une structure au sein de l'école, structure qui vise à offrir aux hauts cadres de l'administration une formation spécifique notamment dans les domaines de la prospective, du leadership, du développement des ressources humaines, des techniques d'innovation administrative et de veille stratégique. Actuellement, l'école se penche, en coordination avec les services concernés du Premier ministère, sur la mise en place des préparatifs nécessaires au démarrage de cette formation dans les délais prévus.
- La révision du régime des concours d'entrée aux trois cycles de formation. Ainsi le concours d'accès au cycle supérieur sera ouvert aux candidats ayant le diplôme du mastère national ( non spécialisé) et le diplôme des études approfondies dans les disciplines à caractère économique et de gestion ou à caractère juridique et politique, et ce, en remplacement des diplômes de maîtrise dans les spécialités précitées. Les candidats titulaires du diplôme national d'ingénieur seront, également, autorisés à participer au concours d'entrée de ce cycle. Les ingénieurs auront à leur disposition, sur le site web de l'ENA www.ena.nat.tn les supports pédagogiques nécessaires pour préparer les épreuves du concours.
Adoption du système du QCM
Garantir plus de transparence et de crédibilité est l'un des axes autour desquels tourne cette réforme. Afin de concrétiser cet objectif, il a été décidé d'appliquer la technique des questions à choix multiples pour les deux concours d'entrée aux cycles de formation des cadres moyens des sous-catégories « A2 » et « A3 ». La correction des copies sera traitée par le biais de l'informatique, option qui assurera plus de rapidité en matière de correction et de proclamation des résultats.
- La restructuration de la formation au cycle supérieur et son adaptation aux conditions de recrutement ont rendu inévitable l'aménagement du régime des études par : la réduction de la durée du cycle supérieur de trois ans à deux années et demie, la révision des programmes appliqués pour les adapter aux exigences de la formation et des règles de la gestion publique qui ne cessent d'évoluer et la mise en relief de l'aspect pratique de la formation au sein de l'école à travers notamment la consolidation des stages pratiques et l'initiation des élèves aux méthodologies de la recherche .
- L'organisation administrative et financière de l'Ecole a connu d'importants aménagements dont les plus importants sont : la création d'un conseil d'orientation auprès du directeur de l'Ecole. Celui-ci s'occupe des questions pédagogiques et scientifiques ainsi que de celles relatives aux études et aux recherches administratives, la mise en place de deux équipes pédagogiques placées auprès des deux directions chargées de la formation à l'Ecole et l'individualisation des missions relatives aux concours, à la coopération et aux stages en les confiant à des structures indépendantes et la relance des activités d'expertise et de recherche administratives.
- La modernisation du régime de la formation continue par la consolidation des attributions de l'unité de la formation continue à distance et la mise à profit des possibilités offertes par les technologies de l'information et de la communication. Parmi les missions de cette unité, la définition et la mise à jour des programmes en fonction des besoins exprimés lors des cycles de formation continue. Il a, également, été décidé d'élargir le nombre des bénéficiaires de la formation continue pour couvrir, en plus des cadres de la fonction publique, les agents des établissements et des entreprises publics.
- Le développement de l'attractivité de l'Ecole par l'actualisation du régime d'intéressement, mesure qui a été surtout provoquée par la conviction que la modernisation d'une administration renvoie nécessairement au contenu de la formation, à la qualité des formateurs et à l'actualisation continue du cursus dispensé aux élèves.

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