Zakaria BAKOUAN
3 Novembre 2007
Une délégation de la région du Centre-Sud a effectué les 29 et 30 octobre une visite d'amitié de travail à Bolgatanga, Upper East Region au Ghana. Conduite par le gouverneur de la région, Mme Pauline Hien Winkoun, cette sortie a permis de jeter les bases de renforcement de la coopération par la formalisation d'un cadre de rencontres et d'échanges.
Envisagée et reportée à plusieurs reprises pour raison d'organisation pratique, la visite dans la région voisine du Ghana a été évoquée dès les premiers moments de l'installation du gouverneur de la région du Centre-Sud. La délégation burkinabè comptait une quarantaine de membres dont le staff
Cet tête-à-tête en dit long sur l'intérêt que les deux premières autorités régionales accordent à la coopération qui vient de prendre forme.
du gouvernorat, les hauts-commissaires des provinces de la région, les maires de la province du Nahouri (frontalière avec le Ghana), les directeurs et chefs de service techniques déconcentrés, des responsables de projets et programmes de développement, de personnes ressources ; cette délégation a été composée en fonction des préoccupations et des combinaisons dans les secteurs d'activité.
Un accueil digne d'un frère
Parti de Manga à sept heures (7h), le cortège après une brève escale à Pô, franchit la frontière vers 9h 30. Après les formalités d'usage au bureau de la migration, la délégation sera reçue tour à tour par le commandant régional de la sécurité de Bolgatanga et le chef du protocole régional. Puis le ministre régional du Upper East Region , son Excellence M. Al Hassan Samari à la tête d'une forte escorte sécuritaire et protocolaire fit son arrivée. Et voilà les deux délégations en route pour la résidence située à 40 km de la frontière.
Sur place, une forte mobilisation des autorités ghanéennes attendait. C'est par une prière de bénédiction que les Ghanéens rassureront leurs hôtes des conditions paisibles de leur séjour.
Dans son discours de bienvenue, le ministre régional de Upper East Region, M. Alhassan Samari a d'emblée exprimé l'intérêt de l'initiative de la partie burkinabè.
Installé, il y a de cela seulement trois mois en remplacement de Boniface Gambila, le nouveau ministre régional Alhassan Samari a confié que le développement de la coopération avec la région burkinabè occupe une place importante dans son plan de gestion. Pour lui, la mise en oeuvre de cette activité vient d'être amorcée avec l'arrivée de la mission. "En considérant nos communes traditions et cultures, nous n'avons pas d'autres choix que de continuer à vivre et à travailler ensemble", dira M. Samari. Avant la colonisation, a-t-il ajouté, "nos peuples partageaient la même langue", de sorte que même de nos jours Navrongo (au Ghana) et Pô (au Burkina) constituent un même territoire linguistique. En réponse, le gouverneur de la région du Centre-Sud exprimera sa joie et sa reconnaissance pour l'accueil dont la délégation a bénéficié. Cette rencontre, selon Pauline Hien Winkoun, vise à renforcer et préserver les liens séculaires, et aussi à échanger sur des préoccupations communes par l'instauration d'une coopération porteuse de paix, de stabilité et de prospérité pour le Burkina et le Ghana.
Le point focal du séjour de la délégation burkinabè a été les échanges directs avec les autorités ghanéennes. Une dizaine de points d'échanges allant de la libre circulation des personnes et des biens à la coopération en matière de sport en passant par l'insécurité transfrontalière et routière, l'environnement, le jumelage, la santé humaine et animale, la gestion des ressources naturelles, la coopération, la culture et l'agriculture.
Après plus de six heures de débats parfois contradictoires, mais empreints d'objectivité et d'engagement réel, les deux parties parviendront à un communiqué final qui constitue la feuille de route pour la mise en Å"uvre d'une véritable coopération entre les deux régions.
Du djongo made in Ghana a égaillé les Burkinabè dont certains n'ont pas hésité à s'inviter sur scène.
Pour chacun des points abordés des propositions de réorganisation ont été avancées au regard des faiblesses et handicaps existants. Dans le domaine de la collaboration transfrontalière en matière de santé par exemple, la lutte contre le VIH par les échanges de données, la surveillance épidémiologique aux frontières, les actions conjointes d'interventions sanitaires, la recherche conjointe devraient être formalisées et accentuées.
De même, en matière de sécurité transfrontalière et routière, les deux parties s'engagent à renforcer la collaboration existante par le partage de l'information, la lutte conjointe contre la criminalité et l'instauration de cadres d'échanges entre acteurs burkinabè et ghanéens.
Avec ces accords, les districts (communes) établiront des liens de jumelage avec les communes sÅ"urs de la région du Centre-Sud du Burkina. C'est un pacte qui vient d'être signé entre la région du Centre-Sud et Upper East Region qui s'accordent à tenir des rencontres annuelles de façon alternative entre les deux régions. La prochaine se déroulera d'ici octobre 2008 à Manga au Burkina Faso.
Regard sur Upper East Region et sa vie
Upper East Region (Région de l'extrême Est) du Ghana qui partage ses frontières avec la région du Centre-Sud du Burkina a pour capitale Bolgatanga, située à 40 km de la frontière, à 60 km de Pô (chef-lieu de la province du Nahouri) et de 160 km de Manga, chef-lieu de la région du Centre-Sud au Burkina. Les principales ethnies sont les Buli, les Kassena, les Grune, les Kusasi et les Bissa. Subdivisée en 8 districts (communes) Upper East Region compte 920 000 habitants dont celui de Kassena-Nankana dirigé par M. Emmanuel Chegeweh. C'est ce district en question qui constitue le tissu commun entre les populations de la région du Centre-Sud et celles de Upper East Region. Le style de vie, l'animation quotidienne et bien d'autres aspects évoquent le Nahouri.
Au cours de la soirée culturelle, une troupe s'est faite qualifier de "Djongo pur" par un spectateur burkinabè. A vrai dire, on s'aperçoit réellement du rapprochement des peuples. Dans la ville, les taxis pilulent et le monde grouille. Tout le monde semble pressé. Mais on a le temps d'exprimer sa courtoisie à l'endroit des hôtes. Cela s'est fait remarquer lors de la visite de la galerie des arts par la délégation burkinabè. Avec leur programme bien chargé, les Burkinabè n'ont pu visiter les sites qui étaient programmés. "Dommage" ont clamé les uns, "ce sera pour la prochaine sortie" espèrent les autres. En revanche, une visite a été rendue au chef coutumier de Bolgatanga. Là, les rites et les gestes ne diffèrent pas grandement des nôtres. L'hospitalité et la courtoisie ont été bien conjuguées au palais royal de Bolgatanga, où des échanges de présents n'ont pas manqué.
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