La Presse (Tunis)

Tunisie: Aujourd'hui, XXe anniversaire du Changement - La diplomatie non gouvernementale à l'Ere du Changement

Par Mahmoud KAROUI

7 Novembre 2007


Parler de la diplomatie non gouvernementale nécessite au préalable la connaissance du rôle de la diplomatie classique. Selon l'encyclopédie Wikipédia, la diplomatie est la conduite de négociations entre les personnes, les groupes ou les nations.

Utilisée formellement, elle se rapporte habituellement à la diplomatie internatioale, la conduite des relations internationales par l'entremise (habituellement) de diplomates professionnels.

Une distinction importante existe entre la diplomatie et la politique étrangère, même si elles sont étroitement liées, complémentaires et indispensables l'une à l'autre.

La politique étrangère correspond aux choix stratégiques de l'Etat. En Tunisie, elle relève du Président de la République. La diplomatie est la mise en oeuvre de la politique étrangère par l'intermédiaire des diplomates.

Il est important de souligner que le rôle de la diplomatie ne s'arrête pas à la politique extérieure seulement, mais aussi à la réalisation des objectifs de la politique générale de l'Etat qu'ils soient extérieurs ou intérieurs, car la réussite de toute stratégie de développement dépend autant des moyens propres de l'Etat que de son aptitude à fructifier les possibilités qui lui sont offertes par les échanges extérieurs.

Sur le plan diplomatique, le Président Zine El Abidine Ben Ali a enregistré d'importantes réussites grâce à sa politique clairvoyante et à sa stratégie de développement des relations internationales. Le Président Ben Ali a adopté une diplomatie avant-gardiste permettant à la Tunisie de jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. Il a, en effet, développé une diplomatie constructive et dynamique, cette diplomatie se fonde sur l'attachement aux principes de la légalité internationale, de la paix, de l'entente et de la coopération entre les peuples.

Cette vision des relations internationales milite pour un nouvel esprit de solidarité internationale prenant en considération la nécessité d'un codéveloppement global, juste et durable. C'est dans ce sens que s'inscrivent les initiatives du Président Ben Ali en faveur d'une charte de codéveloppement et de partenariat méditerranéen et euroméditerranéen et d'un contrat de paix et de progrès entre les pays développés et ceux en développement, à l'instar de l'initiative prise en 1998 pour la convocation d'un Sommet mondial sur la société de l'information, et l'appel lancé en septembre 1999 pour la création d'un Fonds mondial de solidarité.

Dans son programme électoral de 2004, le Président Ben Ali dit : «Au cours de la période à venir, nous nous emploierons avec détermination à réaliser de nouveaux progrès dans la voie que nous avons choisie, afin de consolider les acquis de notre pays, de renforcer son prestige international, d'accroître son influence régionale, et de le hisser à un niveau plus élevé d'intégration dans son environnement euroméditerranéen.»

Ainsi, le Président Ben Ali a parallèlement initié une diplomatie non gouvernementale appuyant la diplomatie classique.

En effet, conscient de la croissance importante des médias et des nouvelles techniques de communication et de transport, du développement accru de la coopération internationale, des effets de la mondialisation et de l'interdépendance des questions internes et externes, le Président Ben Ali a, dès le début du Changement, décidé d'impliquer tous les acteurs non gouvernementaux dans l'action diplomatique et de mettre en place la diplomatie non gouvernementale : parlementaire (la Chambre des Députés et la Chambre des Conseillers) et associative, économique, culturelle, scientifique et médiatique (les organisations nationales et les ONG).

La diplomatie parlementaire

Les Parlements ont aujourd'hui conquis leur place dans les relations internationales. Ainsi, la diplomatie parlementaire complète la politique diplomatique des gouvernements et corrobore les choix du gouvernement dans tous les domaines.

La diplomatie parlementaire est aussi une diplomatie d'influence du fait des rencontres interparlementaires et du contact informel qui en découle. Il est clair que la diplomatie parlementaire ne peut ni ne doit être une diplomatie parallèle, concurrente ou rivale de la diplomatie gouvernementale, elle ne doit pas non plus être autonome ou isolée. D'ailleurs, à cet effet, le Président Ben Ali a toujours associé les parlementaires aux initiatives de la diplomatie gouvernementale comme par exemple l'invitation adressée à des députés à participer aux visites officielles du Président de la République ou encore la participation de délégations parlementaires à des réunions ou conférences internationales, comme à l'Assemblée générale de l'ONU, la conférence de Kyoto sur l'environnement ou les réunions de l'OMC.

Il est important de souligner que la mission essentielle du député comme législateur national était considérée, il n'y a pas longtemps, comme une affaire interne sans aucune relation avec l'étranger. Cependant, l'évolution de la signification du partenariat entre les Etats a développé le nombre des conventions internationales et diversifié leurs contenus, leur conférant ainsi une place importante dans le travail parlementaire, et, de ce fait, le parlementaire se doit d'être en parfaite connaissance des conséquences que peuvent avoir les affaires internes sur nos relations extérieures et conscient des intérêts communs. C'est ainsi que le travail du député revêt dans sa grande partie le caractère de législateur diplomatique.

La Chambre des Députés a depuis l'indépendance accordé une importance particulière à la diplomatie parlementaire. C'est ainsi que sur le plan bilatéral, elle a tissé des liens avec les assemblées parlementaires des pays frères et amis, et les visites de plusieurs personnalités gouvernementales au Palais du Bardo témoignent de la place qu'occupe la Tunisie sur la scène internationale surtout après le Changement du 7 novembre 1987 grâce à son rayonnement à l'étranger, sa politique d'ouverture et ses brillantes réalisations.

Par sa position géopolitique, son appartenance au Maghreb, au monde arabe, au continent africain et à l'espace euroméditerranéen, la Tunisie occupe une place stratégique où se mélangent les cultures et les civilisations et où interfèrent les intérêts économiques et commerciaux.

Partant de ce fait, et sur le plan bilatéral, la Chambre des Députés a formé des groupes d'amitié parlementaires avec un grand nombre de pays frères et amis et leur a organisé des rencontres périodiques pour affermir les liens d'amitié et nouer les voies de dialogue et de communication pour soutenir le gouvernement et aplanir les éventuelles difficultés, enrichir et diversifier la coopération avec divers pays.

Sur le plan multilatéral, la Chambre des Députés a depuis son institution, le lendemain de l'indépendance en 1957, créé la cellule parlementaire qui a adhéré la même année à l'Union interparlementaire en tant que représentant de la Chambre des Députés et qui est devenue depuis un membre à l'IUP. Elle a assumé plusieurs responsabilités dans ses structures notamment au sein de la commission des droits de l'homme des parlementaires, du comité exécutif qui est la plus haute instance de l'Union, la présidence de la conférence sur la sécurité et la coopération, la présidence de la commission de coordination des femmes parlementaires, et la présidence de l'Union interparlementaire durant deux années en 1967 et 1968.

Réalisant le poids grandissant des groupes régionaux, et de la nécessité de donner une profondeur à la diplomatie tunisienne, la Chambre des Députés a aussi adhéré à plusieurs unions régionales et interrégionales et a assumé plusieurs responsabilités au sein de leurs structures. C'est ainsi qu'elle a été membre fondateur de l'Union parlementaire africaine, de l'Union parlementaire arabe, du Conseil consultatif maghrébin, de l'Union des assemblées des Etats membres de l'organisation de la conférence islamique, du congrès du dialogue parlementaire arabo-africain, du congrès du dialogue parlementaire arabo-européen, des deux forums parlementaires arabe et africain de l'habitat et de développement, le forum africain de l'éducation, l'assemblée parlementaire euroméditerranéenne et l'assemblée parlementaire pour la francophonie. Il est important de signaler que la Chambre des Députés a occupé différentes responsabilités au sein de ces unions: présidence, vice-présidence, et présidence de commissions et de groupes de travail.

Par ailleurs, et compte tenu de l'accord de partenariat entre la Tunisie et l'Europe, la Chambre des Députés tient des réunions périodiques avec la commission européenne chargée des relations avec les pays du Maghreb Arabe, et suit les conférences de l'Assemblée parlementaire de l'organisation européenne de sécurité et de coopération, ainsi que l'assemblée parlementaire de l'Otan à laquelle a adhéré la chambre en tant que membre observateur.

Consciente que ces espaces favorisent le rapprochement des points de vue des parlementaires de diverses nationalités et de sensibilités politiques, la Chambre des Députés a accueilli et organisé plusieurs rencontres parlementaires surtout après le Changement du 7-Novembre 1987. En effet, grâce à la politique étrangère du Président Ben Ali, la Tunisie joue depuis un rôle avant-gardiste dans le dialogue des civilisations, l'instauration de la paix, tout en appuyant les principes de tolérance, de solidarité et de liberté.

Grâce à la réputation dont jouit la Tunisie en tant que terre d'accueil, de paix, et de sécurité, la Chambre des Députés a pu abriter en 1999 les travaux de la conférence sur la participation de la femme arabe à la vie politique, et en 2000 le 9e congrès sur le dialogue parlementaire arabo-africain.

Durant les années 2001 et 2002, elle a organisé les réunions de la commission des affaires juridiques et de la commission de l'économie, des finances, de la planification et de la sécurité, du conseil consultatif du Maghreb Arabe.

En 2002, en tant que membre du forum parlementaire euroméditerranéen, la Chambre des Députés a contribué à sa transformation en une assemblée parlementaire euroméditerranéenne et a été élue coprésidente en la personne de son Président de 2004 à 2007, et est représentée au sein de ses trois commissions par 12 députés. Il est important à cet effet de souligner que la Chambre des Députés a assuré la présidence de l'Apem durant l'année 2006-2007, et a organisé et abrité les travaux de son assemblée plénière en mars 2007.

En novembre 2006, la Chambre des Députés a abrité, en marge du Sommet mondial sur la société de l'information, la conférence de l'Union interparlementaire (IUP) sur les nouvelles technologies de l'information.

Toujours dans le cadre de la diplomatie parlementaire, et en coordination avec le pouvoir exécutif, plusieurs députés sont associés aux missions effectuées à l'étranger par les délégations gouvernementales, et participent aux journées organisées en marge des conférences de certaines organisations internationales.

Il apparaît clairement que le rôle diplomatique devient de plus en plus une partie importante de l'activité de la Chambre des Députés et un moyen efficient pour faire parvenir la voie de la Tunisie à l'étranger, et faire connaître ses initiatives politiques et sociales à l'instar de la proposition du Président Ben Ali concernant la création d'un Fonds mondial de solidarité. En effet, cette proposition a été accueillie très favorablement par les parlementaires présents aux conférences de l'UIP, de l'Union parlementaire africains, et le dialogue arabo-africain, et ont appelé à la soutenir auprès des gouvernements et des organisations internationales.

La diplomatie des organisations nationales et des ONG

Le tissu associatif occupe une place de choix dans le projet du Président Zine El Abidine Ben Ali partant de son intime conviction de l'importance du rôle qu'assurent les associations et les organisations en tant que composantes essentielles de la société civile. En effet, si leur nombre a augmenté de 1.976 associations en 1987 à 9.100 en 2007, leur rôle sur le plan national et international a aussi grandement évolué. Et si la diplomatie parlementaire est comme nous l'avons vu globale et touche à tous les domaines, la diplomatie des organisations nationales et des ONG est spécialisée et est ciblée selon le secteur d'activité.

C'est ainsi que l'Utica, l'Ugtt, l'Unat et l'Unft ont pu par leurs activités à l'étranger, leurs adhésions à diverses organisations régionales, interrégionales et internationales, et leurs participations aux différentes manifestations, tisser des liens d'amitié, enrichir leurs relations et saisir toutes les opportunités qui leur sont offertes pour faire connaître la Tunisie, ses réalisations et ses acquis et expliquer ses positions au sujet des multiples questions internationales.

Ce rôle de diplomatie économique et sociale leur a permis aussi de mieux explorer les opportunités d'écoulement des produits tunisiens, de contribuer à attirer les investissements étrangers, de consolider la coopération technique, d'ouvrir des horizons devant l'emploi des cadres tunisiens à l'étranger, et de prendre toute initiative destinée à appuyer l'effort national pour la création d'emplois.

Les associations jouent aussi un rôle important dans la diplomatie non gouvernementale, grâce aux encouragements qui leur ont été prodigués par le Président Ben Ali et en leur consacrant une journée nationale des associations célébrée le 23 avril de chaque année.

Les associations, par leur participation dans les conférences, les ateliers et les stands d'expositions organisés par les différents forums internationaux des ONG contribuent à faire connaître, les réalisations et les acquis de la Tunisie sur le plan culturel, social, économique, politique, éducatif, scientifique, technique et écologique.

La présence des ONG tunisiennes dans les manifestations internationales a été toujours remarquable et efficace. C'est ainsi que leur participation importante au forum des ONG organisé en marge du Sommet mondial sur le développement social en 1995 par les Nations unies au Danemark, a contribué fortement à faire connaître l'initiative du Président Ben Ali de créer un Fond national de solidarité 26-26. Il a été de même lors de leur participation au sommet mondial sur l'habitat (Habitat II) qui a eu lieu en 1996 à Istanbul et faire connaître aux participants du monde entier que plus de 80% des familles tunisiennes possèdent leurs logements, en plus des infrastructures routières, éducatives, sanitaires et sportives.

La contribution apportée par la société civile tunisienne aux travaux de la première phase du Sommet mondial sur la société de l'information tenue à Genève et aux travaux préparatoires de la deuxième phase, ainsi que sa participation remarquable et son rôle dans l'enrichissement du dialogue au sujet des défis posés, lui a permis d'élargir ses interventions et de renforcer sa coopération avec les composantes de la société civile internationale et surtout d'avoir contribué à la parfaite réussite de la deuxième phase du sommet qui a eu lieu à Tunis au mois de novembre 2005.

Ces exemples du rôle diplomatique des organisations nationales et des ONG ne sont, bien entendu, que des illustrations d'un grand travail qu'elles effectuent pour le rayonnement de la Tunisie dans son environnement international, et montrent bien la complémentarité qui existe avec la politique du gouvernement sous la direction judicieuse du Président Ben Ali.

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En conclusion, il est important de rappeler que devant les défis de la mondialisation, la généralisation des nouvelles techniques de communication, et le développement des moyens de transport, toutes les composantes de la société sont appelées à soutenir les actions du gouvernement et à sa tête le Président Zine El Abidine Ben Ali qui ne ménage aucun effort pour le développement et le positionnement de la Tunisie sur la scène internationale.

L'émergence de cette nouvelle diplomatie non gouvernementale offre la possibilité à chaque citoyen de s'acquitter de son devoir national pour préserver les acquis de la Tunisie de l'Ere nouvelle et contribuer à son développement, c'est la moindre des reconnaissances que l'on peut faire au Président Ben Ali qui, en l'espace de deux décennies, a fait de la Tunisie un pays modèle de développement, de tolérance, des droits de l'Homme, des libertés et de solidarité.

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