La Tribune (Algiers)

Algérie: Une conférence sur le sujet a été tenue hier au siège du CREAD

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Une réforme éternellement inachevée. C'est sans doute en ces termes qu'on pourrait qualifier l'énorme chantier de l'amélioration des systèmes éducatifs dans la région MENA (Meadle East North Africa). Une conférence à ce sujet s'est tenue, hier matin, au siège du CREAD (Centre de recherche en économie appliquée pour le développement) à Bouzaréah.

Animée par un spécialiste en la matière, Mourad Ezzine de la Banque mondiale, la rencontre a permis à nombre de chercheurs, d'étudiants et de journalistes de s'enquérir des avancements de la réforme de l'éducation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le bilan n'est pas si mauvais que cela, même si beaucoup reste à faire.

«On attend de l'éducation des bénéfices sociaux», a déclaré hier le conférencier en marge de sa présentation. Pour cela, il était fort intéressant de procéder à une étude comparative en ce qui concerne les dépenses publiques dans le secteur de l'éducation. Sur ce plan, la région MENA n'est pas si mal classée. Avec un peu plus de 20% du budget de chaque Etat, elle fait figure de bon élève face à bien d'autres régions du monde. Malheureusement, d'autres indices économiques font ressortir des faiblesses inéluctables en matière d'analphabétisme ou de scolarisation.

Selon les statistiques de l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), vieilles de sept ans, la région MENA demeure la plus confrontée à l'analphabétisme. Il suffit alors de voir que ce fléau a été contenu, voire en voie d'anéantissement en Amérique latine ou en Asie de l'Est.

Le taux de chômage, les dépenses publiques à l'éducation et la croissance du PIB (produit intérieur brut) passent aussi sous la loupe de Mourad Ezzine, responsable sectoriel à l'éducation de MENA à la Banque mondiale. Selon l'économiste tunisien, les pays de la région dépensent très souvent davantage que des pays d'autres continents dans ce domaine en particulier.

Si le but inavoué est de doper la croissance économique, l'issue espérée est surtout l'amélioration du niveau de vie. Le taux de chômage, évalué en Afrique du Nord et au Moyen-Orient à 15%, demeure toutefois un frein au développement attendu. La réduction de la pauvreté est aussi un des résultats tangibles qu'une réelle réforme de l'éducation peut réaliser.

Après avoir décortiqué le passé, Mourad Ezzine nous fait nous tourner vers le futur.

Selon le représentant de la Banque mondiale, les nouveaux défis de l'éducation sont au nombre de trois : la mondialisation et le rôle du savoir dans le développement économique, l'énorme potentiel de la population jeune dans la région et les innombrables contraintes financières. Le conférencier se donnera la peine d'expliquer un tant soit peu le dernier défi. Il s'agit en réalité du coût unitaire par élève ou par étudiant qui diffère d'une région à une autre.

La contrainte financière pour un élève de l'enseignement moyen est, par exemple, beaucoup moins importante en Algérie que dans un pays d'Europe occidentale.

La rencontre d'hier a été parrainée par le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement. Situé dans l'enceinte même de la faculté des sciences humaines et sociales de Bouzaréah, le CREAD oeuvre à développer la réflexion et les recherches en matière d'étude de la société et d'économie, avec une dream team de plus de cent chercheurs à plein temps ou à temps partiel. Il est dirigé depuis maintenant dix ans par le professeur Mohamed Yassine Ferfera.


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