La Tribune (Algiers)

Algérie: Selon la directrice de l'Institut supérieur arabe de traduction

Reda Cadi

10 Novembre 2007


opinion

La traduction «demeure toujours une sorte de luxe littéraire», affirmera la directrice de l'Institut supérieur arabe de traduction, Mme Inaam Bayoudh, lors d'une conférence organisée mercredi dernier au 12ème Salon international du livre d'Alger (SILA).

Mme Bayoudh a affirmé que le Monde arabe «n'a pas encore atteint le stade d'engager une réflexion sur l'importance de la traduction comme question de survie» pour les Å"uvres et les créations littéraires arabes. A ce propos, la traductrice soulignera «le mépris» auquel est confronté le métier de traducteur qui, pourtant, se pose comme «le seul intermédiaire entre deux langues».

Le traducteur français Marcel Bois ira dans le même sens et renchérira en mettant en exergue l'importance de la traduction comme outil de «dialogue et de communication entre les différentes cultures». M. Bois, qui a traduit plusieurs auteurs algériens, tels Abdelhamid Benhaddouga, Tahar Ouettar, Wassini Laaredj etc., définit la traduction comme un «effort consenti pour créer un monde où s'échangent les connaissances des uns et des autres dans un respect mutuel». Aussi a-t-il exhorté «le monde d'aujourd'hui à mettre à la disposition de tous les individus les moyens de s'exprimer», car «chacun se doit de présenter son apport à l'opération de traduction, au vu de sa contribution à sortir l'individu et la société de leur carcan», affirmera-t-il. L'attaché culturel de l'ambassade de France à Alger a parlé, quant à lui, de l'apport que la France accorde aux traducteurs. Il dira à ce propos que le Centre national du livre, en plus de la prise en charge de 50% des coûts de la traduction, octroie également aux traducteurs étrangers des «bourses». Pour illustrer son propos, il rappellera que le site Internet du ministère français des Affaires étrangères, qui se veut une base de données, renferme près d'un million d'Å"uvres traduites en arabe. Concernant l'apprentissage des langues étrangères dans le Monde arabe, Mme Bayoudh a considéré que ces langues ne bénéficient pas de l'intérêt qui leur sied dans les systèmes éducatifs arabes. Pis, même l'apprentissage de la langue mère «n'est pas au-dessus de tout reproche» dans le Monde arabe, ajoutera-t-elle. Aussi préconisera-t-elle comme ultime remède que «les sociétés non productrices de savoir» fassent au moins l'effort de traduire le savoir des autres «pour en faire bénéficier leurs peuples».

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