Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Panser le système financier congolais - Pourquoi et comment ?

Benoit Kudinga

13 Novembre 2007


Kinshasa — Le « système financier » (banques, marché financier, micro-finance ) constitue l'un des socles de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté. Il permet en effet de mobiliser l'épargne et de canaliser celle-ci vers des emplois productifs .

Cependant, contrairement à ce que l'on peut penser, le système financier congolais est loin d'être moderne et viable. Il fait office de parent pauvre. Les trois grands secteurs qui constituent un système financier, à savoir le secteur d'intermédiation (intermédiaires financiers bancaires et non bancaires), le marché des capitaux et le secteur de la micro-finance, sont soit inexistants soit en souffrance. Quid ?

Depuis 2001, la République démocratique du Congo, de concert avec les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale), s'est engagée dans la voie de la restauration et de la consolidation de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté. Cette pauvreté qui sévit depuis plus de deux décennies en RDC est restée l'un des défis majeurs pour les pouvoirs publics. En effet, jusqu'aux environs de l'année 2001, le Congolais a vécu avec un revenu moyen inférieur à 25 cents par jour.

Aujourd'hui, la situation ne s'est pas, à proprement parler, améliorée, bien au contraire : le revenu par habitant par jour est demeuré pratiquement inchangé, tandis que les conditions sociales se sont détériorées davantage : difficultés de transport, problèmes d'adduction d'eau, manque d'électricité, absence d'accessibilité aux soins de santé primaires, absence d'infrastructures de base...

S'il est vrai que la résolution de la pauvreté en RDC exige des « actions » de grande envergure en vue de la consolidation de la croissance et du relèvement du « niveau de vie » de la population, l'accent doit surtout porter sur l'amélioration du bien-être social dans son ensemble.

C'est de ce point de vue que le développement du « système financier » tient toute son importance dans le processus de lutte contre la pauvreté. En effet, un système financier bien organisé, bien réglementé et fonctionnant de manière adéquate, peut assurer parfaitement la promotion des investissements ; ces derniers vont générer un revenu conséquent, créer des emplois et, partant, réduire la pauvreté.

Le système financier regroupe les entités suivantes : d'abord, le secteur de l'intermédiation financière. Celui-ci est composé des intermédiaires financiers bancaires ou monétaires (ce sont les établissements de crédit) et des intermédiaires financiers non bancaires. Les établissements de crédit exercent souvent les opérations de banque (collecte de l'épargne, octroi de crédits, gestion des moyens de paiement ) contrairement aux intermédiaires non bancaires repliés aux opérations de collectes des ressources souvent à moyen et long terme ; ensuite, les marchés des capitaux qui constituent les marchés des titres à court, moyen et long termes.

Les marchés des capitaux mettent en contact direct les agents qui disposent des ressources financières et ceux qui en manquent, et permettent l'échange entre argent et titres de créance. Lorsqu'il s'agit des titres à court terme (quelques jours, moins d'un an), il s'agit du marché monétaire. Mais en cas de titres à plus longue maturité (à moyen et long terme), on parle du marché financier.

Les marchés financiers représentent à l'heure actuelle la principale source de financement des activités économiques ; et enfin (iii) le secteur de la micro-finance. En réalité, la micro-finance entre dans la première catégorie des intermédiaires financiers. Cependant, au regard de sa particularité en tant qu'intermédiaire d'un genre particulier dont l'objectif final est la lutte contre la pauvreté, contrairement aux autres intermédiaires, nous préférons la catégoriser à part.

En effet, la micro-finance consiste à octroyer des services financiers aux « pauvres » et aux « micro-entrepreneurs », afin de permettre à ces derniers de mener des activités génératrices de ressources, créatrices d'emploi et à même de réduire la pauvreté. La micro-finance atteint directement la pauvreté autant qu'il permet aux pauvres entreprenants d'augmenter leur revenu et, partant, d'améliorer le revenu par habitant.

Au vu de cette esquisse théorique et conceptuelle qui précède, pouvons-nous parler aujourd'hui de l'existence d'un système financier en République démocratique du Congo ? Sommes-nous d'accord avec la Banque centrale du Congo lorsqu'elle parle de la restructuration du système financier national? Ne s'agit-il pas plutôt de la création de ce système dont il est question ? Ce sont là autant de questions qu'effleure cet article ; quitte à approfondir le sujet prochainement.

L'intermédiation financiére en panne !!!

Le secteur d'intermédiation financière en RDC est représenté par les institutions financières bancaires (établissements de crédits aux termes de la loi bancaire) et ; les institutions financières non bancaires. Les premières sont celles qui créent de la monnaie scripturale et exercent les «opérations des banques » : réception et collecte des fonds du public ; opérations de crédit ; opérations de paiement et gestion des moyens de paiement (loi n°003/2002, art.1).

Ce sont les banques, les coopératives d'épargne et de crédit, les caisses d'épargne, les institutions financières spécialisées, les sociétés financières. Les secondes ne créent pas de la monnaie mais transfèrent les ressources à moyen et long terme des agents à « capacité » vers ceux à « besoin » de financement. Aux termes de la «loi bancaire », l'ensemble de ces institutions est sous la « supervision » de la Banque centrale du Congo. La BCC est à la fois l'institut d'émission et l'organe de régulation monétaire.

Cependant, en pratique, concernant les institutions financières « bancaires» ou « monétaires », l'intermédiation en République démocratique du Congo, pays vaste de près de 2.345.000 km2, est l'apanage de quelques banques commerciales. Il s'agit de moins de dix banques concentrées dans la ville de Kinshasa, en plein centre ville et menant quelques opérations financières embryonnaires. Le secteur des banques marque une très forte inégalité dans la répartition géographique. Ces banques sont invisibles à proximité de la population et ne connaissent aucun déploiement à l'intérieur du pays. Ce qui justifie la sous-bancarisation du pays et sa sous-monétarisation.

En fait, la diffusion de la monnaie congolaise, le Franc congolais, se fait au détriment de certains coins du pays. Et, il est vrai qu'en ce jour, neuf ans après la mise en circulation du franc congolais, il existe encore des poches non-monétarisées en RDC, c'est-à-dire des coins de la République où le franc congolais est invisible et ne circule pas, et où l'échange des biens et services procède du troc. Par ailleurs, ce secteur de banques est caractérisé par une pauvreté criante en matière de services financiers qui ne sont pas diversifiés, tandis que les banques se replient dans les opérations de change, le financement des activités liées à l'import et export, et les commissions sur les crédits documentaires .

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Author: dewilondja
Thu Jan 17 15:19:28 2008

je m'appelle wilondja mubangu dewi. je suis licencie en economie (publique et industrielle) de l'universite de kinshasa en rep democratique du congo(annee academique 2005-2006). je me trouve actuellement en afrique du sud ou je prepare une maitrise en economie et statistiques a l'universite de cape town, un programme qui va me prendre 3ans(de 2008-2010).

j'aimerai recevoir des articles et autres publications sur l'evolution de l'economie congolaise en particulier, et de l'afrique en general.

merci pour votre collaboration

dewilondja


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