Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Panser le système financier congolais - Pourquoi et comment ?

Benoit Kudinga

13 Novembre 2007


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Les activités productives locales sont délaissées et ne bénéficient pas de services des banques, tandis que l'octroi des crédits et la constitution des dépôts sont sujets à des conditions de rigueur. Ce qui exclue automatiquement les pauvres et les micro-entrepreneurs des services financiers. Les autres catégories des établissements de crédits, quoique décrites dans la loi bancaire, n'existent pratiquement pas faute d'opérateurs dans ce domaine.

On peut relever le cas des coopératives d'épargne et de crédit, des caisses d'épargne Par ailleurs, les intermédiaires financiers non bancaires sont quasi-inexistants. Les entreprises d'assurance (outre la Sonas), les organismes de retraites, les loteries sont à compter du bout des doigts. Bref, le secteur de l'intermédiation se résume à quelques banques inefficaces dans leurs opérations et qui ne sont pas à même de donner une impulsion aux activités économiques et à la réduction de la pauvreté.

Marché des capitaux inexixtant

Le marché des capitaux ou « marché de l'argent» est en dehors du secteur d'intermédiation financière, le second pilier qui assure le financement direct des activités économiques. Les entreprises, les institutions financières, les administrations publiques, les ménages y ont la possibilité d'émettre des titres afin de se procurer de la liquidité et/ou d'acheter des titres dans l'attente des meilleures perspectives. Plus que les intermédiaires financiers, le marché des capitaux est actuellement la base du financement des économies industrialisées.

Il se compose de deux compartiments. Il s'agit du (i) marché monétaire et (ii) de celui financier. Le marché monétaire assure l'échange des titres à court terme contre la monnaie, tandis que le marché financier concerne les titres à moyen et long terme.

Malheureusement, ce marché est quasi-inexistant en RDC. Le marché financier (celui des obligations, des actions, des produits dérivés ) n'a jamais existé. Il existe néanmoins un « marché monétaire », mais très embryonnaire. Ce marché qui n'en est un que de nom, est un « marché interbancaire » ou marché au sens strict auquel participe quelques rares banques pour se procurer de la liquidité à court terme.

A l'heure actuelle où l'on parle des marchés monétaires au sens large, c'est-à-dire ceux connaissant la participation des intermédiaires financiers et non financiers de manière à rendre la politique monétaire plus efficace, le marché monétaire de la RDC se réduit à l'interbancaire qui en plus demeure encore amplement embryonnaire. Par conséquent, les entreprises et les autres agents non financiers étant exclus du marché monétaire de la RDC, recourent aux crédits interentreprises pour couvrir leurs déficits de trésorerie. Ce qui renforce la « finance de la rue », ou la désintermédiation informelle.

Et la micro-finance !!!

Le secteur micro-financier est actuellement dans le monde l'un des socles de la lutte contre la pauvreté. Ce secteur permet en effet d'octroyer des micro-crédits aux pauvres et aux PMEA afin de leur permettre d'entreprendre des activités génératrices de revenues, de créer des emplois et, partant, de réduire la pauvreté.

La micro-finance permet de pallier les insuffisances du système bancaire où l'octroi des crédits et la constitution de l'épargne sont soumis à des conditions de rigueur qui ne permettent ni aux pauvres ni aux micro-entrepreneurs de pouvoir y accéder. En soustrayant les services financiers des conditionnalités, ce secteur assure le financement de l'économie et permet de réduire la pauvreté. Cependant, ce secteur est également quasi-inexistant en RDC, ou plutôt relégué à l'informel.

En effet, la RDC compte à ce jour moins de cinquante institutions micro-financières agréées par la Banque centrale. Ce secteur n'est régi par aucune loi qu'une Instruction dite «n°1» qui ne sait pas prendre en compte les exigences de développement de ce secteur. Cette instruction limite la micro-finance à certaines catégories non exhaustives et exclu la grande majorité des institutions de l'agrément de la BCC. Par ailleurs, la même instruction limite les services financiers des institutions de micro-finance et empêche la diversification de celles-ci.

La répartition géographique des institutions de micro-finance laisse également à désirer autant que ce sont les centres villes qui en profitent alors que les milieux ruraux les plus pauvres sont exclus. Le commerce est la principale activité bénéficiant des ressources de la micro-finance, tandis que l'agriculture regorgeant la majorité des pauvres est également exclue. Bref, il y a encore à boire et à manger dans ce secteur de la micro-finance.

En définitive, il est clair que le système financier congolais est à créer et à organiser. La restructuration peut sous-entendre la réorganisation des structures existantes. Mais dans le cas de la RDC, ces structures n'existent pas encore, il faut les créer et les organiser de manière à savoir participer au développement économique et social du pays.

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Author: dewilondja
Thu Jan 17 15:19:28 2008

je m'appelle wilondja mubangu dewi. je suis licencie en economie (publique et industrielle) de l'universite de kinshasa en rep democratique du congo(annee academique 2005-2006). je me trouve actuellement en afrique du sud ou je prepare une maitrise en economie et statistiques a l'universite de cape town, un programme qui va me prendre 3ans(de 2008-2010).

j'aimerai recevoir des articles et autres publications sur l'evolution de l'economie congolaise en particulier, et de l'afrique en general.

merci pour votre collaboration

dewilondja


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