La Tribune (Algiers)

Algérie: Réalisation du deuxième gazoduc algéro-italien - Bouteflika attendu en Sardaigne demain

Kader Sadji

13 Novembre 2007


Un sommet bilatéral entre les gouvernements algérien et italien se tiendra demain, mercredi 14 novembre, à Aleghro en Sardaigne (Italie). Une visite annoncée officiellement il y a deux semaines par le président de la Commission des affaires étrangères de la chambre des députés du Parlement italien, M. Umberto Ranieri, lors de sa visite en Algérie.

«Ce sommet, qui est une forme de rencontre que l'Italie réserve seulement à un nombre restreint de pays de l'Union européenne, est une initiative prise par les deux pays allant dans le sens du renforcement et de la consolidation de la coopération bilatérale», a-t-il affirmé. Le choix porté sur la ville côtière d'Aleghro est motivé, dira-t-il, «par l'importance que nous donnons au projet de réalisation du deuxième gazoduc avec l'Algérie».

Dans ce sillage, il faut rappeler que l'Algérie et l'Italie ont auparavant signé des accords commerciaux notamment dans le secteur du gaz naturel, à l'occasion de la visite à Alger du chef du gouvernement italien, Romano Prodi, le 16 novembre 2006, il y a tout juste une année. Ces importants accords commerciaux, faut-il aussi le rappeler, ont été signés par le président-directeur général de Sonatrach, Mohamed Meziane, et les représentants de cinq compagnies italiennes spécialisées dans la commercialisation du gaz naturel et ce, en présence du président Abdelaziz Bouteflika ainsi que du président du Conseil italien, Romano Prodi.

Le patron de Sonatrach avait alors annoncé que la signature des accords de vente-achat de ces compagnies italiennes (Enel, Edison, World Energy, Hera et Ascopiay) entrait dans le cadre de la réalisation du futur gazoduc algéro-italien qui traversera la Sardaigne.

Ces accords signés par l'Algérie portent sur la commercialisation vers la péninsule de quelque 8 milliards de m3 de gaz naturel par an et qui seront répartis comme suit : 2 milliards de m3 pour chacune des compagnies Sonatrach, Enel et Edison ; 1 milliard de m3 pour Hera et, enfin, 500 millions de m3 pour chacune de ses deux entreprises, World Energy et Ascopiay.

Dans le sillage de l'approfondissement de ces relations algéro-italiennes, qualifiées d'ailleurs par le parlementaire italien Umberto Ranieri de «solides et positives dans les domaines économique, politique et culturel», ce dernier considère qu'elles «peuvent encore connaître un meilleur développement dans l'avenir».

Rappelant que «les Italiens n'ont jamais quitté l'Algérie même dans les moments les plus difficiles», allusion faite à la période sanglante de la décennie rouge, il a également affirmé que le nombre d'entreprises italiennes implantées en Algérie est passé, en trois ans, de 80 à 150, et que ce nombre pourrait s'accroître si les investisseurs s'enhardissaient plus et si les autorités algériennes favorisaient davantage les investisseurs italiens.

«Les Italiens ont tout à gagner en participant aux efforts de croissance et de développement de l'économie algérienne», a encore souligné M. Ranieri, suggérant ainsi la mise en oeuvre d'un «véritable partenariat dans le secteur de l'énergie et la promotion des PME-PMI avec une meilleure participation des entreprises italiennes dans le processus de privatisation». Pour cela, il a appelé à «la création d'un environnement propice à même de favoriser l'investissement italien».

Du côté algérien, on indiquera que d'ores et déjà un protocole de coopération technologique, un mémorandum dans le domaine de la petite et moyenne entreprise (PME) et un accord sur la création d'une école italienne à Alger ont été signés entre l'Algérie et l'Italie.

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