La Presse (Tunis)

Tunisie: Terrorisme, Ben Ali - Nous n'avons d'autre choix que celui de la coopération et de la solidarité pour affronter ensemble les risques et les dangers

16 Novembre 2007


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Excellence, Dr Abdulaziz Altwaijri, directeur général de l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco),

Excellence, Dr Mongi Bousnina, directeur général de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences,

Excellences et Eminences, distingués invités de la Tunisie, Mesdames, Messieurs,

Je procède à l'ouverture des travaux de cette conférence internationale ayant pour thème «Le terrorisme : dimensions, menaces et contre-mesures», en souhaitant la bienvenue à M. Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), ainsi qu'aux représentants des organisations onusiennes, internationales, régionales et arabes spécialisées, à tous les experts, penseurs, chercheurs et universitaires des pays frères et amis que nous sommes fiers de voir participer à cette conférence et auxquels nous souhaitons un agréable séjour parmi nous.

La Tunisie a toujours été et continue d'être une terre de rencontres des cultures et civilisations et un point de jonction ouvert sur le monde, pour la communication et le dialogue sur tout ce qui peut servir le rapprochement et l'entente entre les personnes, les groupes ethniques, les peuples et les Etats.

Tout en remerciant MM. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, Ekmeleddin Ihsanuglu, secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), et Abdulaziz Altwaijri, directeur général de l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco), pour leurs expressions aimables et leurs nobles sentiments envers la Tunisie et son peuple, je tiens à saluer, à cette occasion, le rôle et l'action assidue de l'ONU et des organisations internationales et régionales spécialisées et, tout particulièrement, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco), et l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (Alecso), en vue de promouvoir le dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions, et de diffuser les valeurs universelles communes à toutes les nations.

Nous considérons, pour notre part, que la tenue de cette conférence dans notre pays illustre notre souci commun d'appuyer toutes les initiatives régionales et internationales tendant à instaurer la quiétude et la paix dans le monde.

Mesdames, Messieurs,

L'aggravation des déséquilibres sociaux, économiques, scientifiques et technologiques entre les pays du Nord et les pays du Sud, l'extension du champ des tensions et des conflits dans le monde, et le fait de ne pas avoir trouvé de solutions communes et équitables aux problèmes internationaux qui restent posés, en plus de la pratique des deux poids et deux mesures dans l'approche adoptée dans le traitement de ces problèmes, montrent, on ne peut mieux, que notre monde, aujourd'hui, n'est pas tout à fait ce qu'il devrait être, et que les relations internationales se trouvent dans un état qui suscite la préoccupation et l'inquiétude.

L'observation des événements qui surviennent à l'Est comme à l'Ouest, et qui heurtent la conscience humaine, par leur violence et leur atrocité, permet de mesurer rapidement la gravité du niveau qu'a atteint l'exaspération de la haine et de l'inimitié entre les humains.

C'est que la peur et la méfiance générées par les événements du 11 septembre 2001 ont poussé les relations entre les sociétés arabes et islamiques, et les sociétés européennes et américaines, vers une situation dominée par la méfiance et l'incompréhension. Les extrémistes des deux camps ont profité de cette situation pour raviver les rancoeurs et attiser la discorde.

Le fondamentalisme occidental s'est ainsi employé à ancrer la haine des étrangers et à théoriser sur la confrontation des cultures et le choc des civilisations. Le fondamentalisme islamique s'est, pour sa part, enfoncé dans les thèses réactionnaires et extrémistes, en prétendant agir au nom de l'Islam, qui ne se reconnaît nullement dans leurs thèses, et en cherchant à imposer ses orientations intellectuelles et spirituelles par la violence et le terrorisme.

Le terrorisme est un comportement agressif contraire à toutes les normes morales, religieuses, sociales et civilisationnelles. Il constitue une atteinte flagrante à la souveraineté des Etats, à la Charte des Nations unies et à l'ensemble des chartes et traités internationaux.

Il constitue un phénomène pathologique qui a toujours marqué l'histoire de l'humanité depuis les temps les plus anciens et auquel aucune société ni civilisation n'a échappé. Il n'a jamais été la caractéristique d'une religion donnée ni constitué un phénomène propre à un pays donné.

Il s'est mué, dans la période moderne, en fléau transcontinental, perturbant les relations internationales et menaçant la sécurité et la stabilité dans le monde. C'est pour cela que la communauté internationale a commencé, au cours de la dernière période, à coordonner ses efforts pour lutter contre le terrorisme et pour prendre les mesures permettant d'empêcher son apparition et sa propagation.

Nous sommes convaincus que la réalisation de cet objectif dépend, dans une large mesure, des méthodes que nous adoptons dans la lutte contre le terrorisme et dont la plus importante est celle qui consiste à ne pas répondre à la violence par la violence et à ne pas compter exclusivement sur les solutions sécuritaires, qui restent nécessaires mais insuffisantes.

Il s'agit surtout de ne pas hésiter à éliminer les prétextes invoqués par les groupes terroristes pour continuer à propager leurs discours d'incitation à la violence et à mobiliser les esprits pour des réactions extrémistes.

La solution la plus efficace réside, de notre point de vue, dans le traitement préventif qui commence par l'élimination des causes qui sont à l'origine de l'apparition du terrorisme, et des conditions qui favorisent son expansion.

Cela suppose essentiellement une amélioration et une promotion de la vie quotidienne des personnes, à travers le développement de l'éducation et de la culture, l'amélioration de la condition de la femme et de la situation de la jeunesse, la promotion et la protection des droits de l'Homme, l'élargissement des domaines de la concertation et de la participation, la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement intégral durable au profit de l'ensemble des catégories sociales et des régions.

Les événements ont montré qu'une personne dépourvue de toutes les commodités de la vie, qui souffre de l'ignorance, du dénuement, de l'isolement et de la marginalité, et qui est assaillie par le doute, l'oisiveté, la négligence, la frustration et le sentiment d'impuissance tombe souvent, en proie facile, entre les mains du fanatisme et du terrorisme.

C'est pourquoi nous avons considéré, dès les premiers jours du Changement du 7 novembre 1987, que l'amélioration de la situation de notre pays est tributaire de l'amélioration de ses conditions éducatives, culturelles, sociales et économiques, et de l'élimination des phénomènes de privation et de déséquilibre qui sont générateurs de sentiment d'injustice et d'iniquité, et d'une tendance au désespoir et à la résignation.

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