La Presse (Tunis)

Tunisie: Terrorisme, Ben Ali - Nous n'avons d'autre choix que celui de la coopération et de la solidarité pour affronter ensemble les risques et les dangers

16 Novembre 2007


(Page 3 of 5)

Nous avons, dès lors, adopté une stratégie nationale ambitieuse de réforme, de développement, de réhabilitation et de modernisation, assurant la liaison étroite entre la croissance économique et le progrès social, dans tous les secteurs du développement, et permettant à notre peuple de bénéficier des attributs de la dignité et de la prospérité.

Nous avons, ainsi, placé le secteur de l'éducation et de la formation au premier rang de nos choix nationaux, en consacrant l'éducation comme un droit légitime pour l'ensemble des Tunisiennes et des Tunisiens. Nous avons réaffirmé sa gratuité et institué son caractère obligatoire et l'avons fondé sur nos constantes culturelles, civilisationnelles et religieuses, et sur les valeurs universelles les plus nobles.

Nous nous sommes attachés à ancrer en nos jeunes générations, à travers les matières qui leur sont enseignées, le sens des droits et des devoirs, à approfondir leur sens des vertus du dialogue et du respect de l'opinion différente, et à les inciter à l'Ijtihad et à l'effort rationnel, au bannissement du fanatisme et du racisme, à l'adoption d'un comportement civilisé, à la modération dans les prises de position et les réactions et à l'assimilation des connaissances et technologies de leur temps.

Nous leur avons offert l'opportunité d'apprendre, dès l'école de base, deux langues étrangères leur permettant de communiquer avec les cultures du monde. C'est dans ce même cadre que se situe l'attention que nous avons portée à la jeunesse dans nos choix politiques, sociaux et économiques.

Nous avons, ainsi, été constamment à l'écoute des jeunes, pour connaître leurs préoccupations et leurs aspirations. Nous les avons associés à la gestion de la vie publique, tant au niveau local et régional, qu'au niveau national. Nous avons approfondi le dialogue avec eux, à travers des consultations périodiques qui leur sont destinées comme ce fut le cas en 1996, en 2000 et en 2005, et pris en compte les résultats de ces trois consultations dans nos plans de développement.

Nous avons offert à nos jeunes des réseaux diversifiés de centres, de clubs, d'institutions et d'installations culturels, sportifs et de loisirs répartis sur les différentes régions du pays, afin de préserver l'équilibre psychique et social de nos jeunes, d'enrichir leur formation éducative et de consolider leurs relations avec leur environnement.

Nous avons fait de l'emploi une priorité absolue de notre politique, lui consacrant tous les moyens et instruments dont nous disposons, afin de garantir à nos jeunes un avenir serein et une vie décente. Nous avons considéré la culture comme un appui à l'action de réforme et de modernisation que nous menons dans notre pays.

Nous avons entouré les intellectuels de notre sollicitude, et de notre protection et leur avons apporté nos encouragements, loin de toute directive, censure ou interdiction. Nous avons renforcé le budget alloué à la culture, qui a atteint actuellement 1% du budget de l'Etat, et qui devrait atteindre 1,5% en 2009. Nous avons fait de la culture une affaire nationale concernant l'ensemble des individus, des catégories sociales et des régions, ce qui devrait nous permettre de préparer notre peuple à accompagner les innovations et les transformations de l'époque et d'améliorer son aptitude à relever les défis auxquels il est confronté et à gagner les enjeux qui lui sont posés.

Nous sommes fiers du sens profond de responsabilité civique qui distingue nos intellectuels, et qui est resté constamment vivace, dans leur âme et leur esprit, leur permettant d'exprimer les préoccupations et les ambitions de notre peuple, et de défendre ses valeurs spirituelles, sociales et civilisationnelles.

Ils ont de la sorte démontré que la liberté ne peut nullement signifier neutralité ou démission, mais implique un engagement patriotique volontaire, incitant l'homme de culture à s'intéresser aux mutations et défis que connaît sa société, ainsi qu'aux tensions et crises qui affectent le monde qui l'entoure.

C'est pourquoi nous avons salué l'attitude des intellectuels tunisiens lorsqu'ils s'étaient dressés, à la fin des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, pour faire face aux apôtres de l'extrémisme et de la violence, en ripostant à leurs thèses, en réfutant leur doctrine, en dénonçant leurs dérives et en condamnant le terrorisme intellectuel et physique qu'ils pratiquaient.

Ils ont démontré, à travers ces attitudes, que la lutte contre l'ascétisme, la réaction et l'extrémisme, ne relève pas de la seule responsabilité de l'Etat, mais constitue une responsabilité commune de l'ensemble des composantes de la société civile.

Nous sommes persuadés que la multiplication des problèmes au cours de notre période, avec l'évolution spectaculaire de la technologie et des moyens de communication qui l'accompagne, ont accru de manière considérable le rôle des intellectuels et des spécialistes de l'information et de la communication, tout autant que celui des partis politiques, des organisations de la société civile et des unions professionnelles, pour que les uns et les autres donnent l'exemple dans la diffusion des valeurs de liberté, de justice, de consensus et de tolérance, au sein de leurs sociétés, ainsi que dans la propagation des principes humanistes communs et la lutte contre toutes les formes d'excès, de fanatisme et de discrimination.

Les pionniers de la réforme et de l'esprit éclairé et les leaders de la libération et de la modernisation de notre pays avaient compris, dès le début du siècle dernier, que le progrès des nations ne pouvait se réaliser pleinement sans la promotion de la condition de la femme et l'amélioration de sa situation, au sein de la famille et de la société.

C'est ce que la Tunisie a pris l'initiative d'entreprendre, dès la première année de son indépendance lorsque le Leader Habib Bourguiba avait promulgué le "Code du statut personnel", le 13 août 1956, rompant, ce faisant, avec l'époque de sous-développement social et culturel et jetant les bases d'une nouvelle étape nationale qui rend justice à la femme et consacre son égalité avec l'homme, au plan des droits et des devoirs.

Nous avions décidé, avec le Changement du 7 novembre 1987, de préserver ce Code, de le promouvoir et de l'enrichir. Nous avons pris, le 13 août 1992, un ensemble de mesures en vue d'éliminer toutes les formes de discrimination à l'encontre de la femme, et de consolider la cohésion et la stabilité de la famille, en plus des amendements apportés à cette même fin, au Code de procédure pénale, au Code du travail et au Code de la nationalité, et de l'élévation des principes énoncés dans le Code du statut personnel à un rang constitutionnel, tant nous sommes convaincus qu'il ne peut y avoir de progrès pour la société, sans l'existence d'un partenariat effectif et durable entre la femme et l'homme, dans tous les domaines de la vie.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Tunisie

Rubriques