La mise en oeuvre de la politique culturelle du Sénégal exclut tout dirigisme, a assuré vendredi le ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé, Mame Birame Diouf qui privilégie plutôt la liberté de création dans ce domaine. M. Diouf qui défendait devant les députés le projet de budget de son département répondait au député El Hadji Diouf sur la définition de la danse selon la religion et la culture à propos du procès "Guddi Town".
Les prévenus y étaient poursuivis, entre autres, pour "danses obscènes". El Hadji Diouf a demandé si c'est la religion qui réglemente la danse ou si c'est la culture qui doit la réglementer.
"La culture est relative, a soutenu le député. La pensée unique tue la culture", a-t-il ajouté. Pour le ministre de la Culture, "la création est libre. Elle doit dépendre des besoins du consommateur". "Chaque peuple a le droit de définir sa culture, je ne suis pas pour rentrer dans le contenu de la culture", a-t-il dit. Mame Birame Diouf a plaidé pour une "pédagogie souple" avec les acteurs pour que "les créateurs puissent prendre les préoccupations du peuple et les restituer à la face du monde".
Il s'est félicité de la bonne image du Sénégal véhiculée par les artistes à l'extérieur. "Le Sénégal est très respecté de l'extérieur et donne une image positive de sa culture", a-t-il dit à ce propos. M. Diouf a en outre plaidé pour une concertation avec les acteurs dans le cadre de la politique culturelle de l'Etat. "La culture est notre consensus national. Nous avons tous l'obligation de participer à cette réflexion", a lancé Mame Birame Diouf.
Le projet de budget du ministère de la Culture, du Patrimoine historique classé pour la gestion 2008, adopté par les députés, est arrêté à la somme de 11 336 371 500 Francs Cfa contre 5 419 804 960 Francs Cfa pour la gestion en cours, soit une hausse de 109,17 %

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