OMAR DIOUF et ABDOULAYE MBODJ
20 Novembre 2007
Bouaké, la grande ville du nord de la Côte d'Ivoire, a vibré samedi dernier au son du mbalax. Loin des tumultes du conflit armé, les jeunes de la cité, bastion des militaires des Forces Nouvelles, ont accueilli dans l'allégresse, sur la Place du Carnaval, le concept « Sabar-Développement-Ville et Loisirs » de la chanteuse Coumba Gawlo.
En foulant ce samedi matin la Place du Carnaval de Bouaké, la chanteuse Coumba Gawlo trouve une foule pressée d'entendre le message de l'ambassadrice de bonne volonté du Pnud pour la lutte contre la pauvreté. « Notre art et notre talent peuvent aider à atteindre les coeurs et éveiller les consciences. Je suis venue à Bouaké y apporter un message de paix. La paix, incontournable pour le développement... » remarque t-elle devant un parterre tout ouïe.
Selon l'artiste sénégalaise, Bouaké, troisième ville de la Côte d'Ivoire, constitue une étape importante dans sa vie d'artiste. En prononçant ces mots, la chanteuse Coumba prend à témoin les autorités de la ville, le Maire, le représentant du Préfet, le chef coutumier, ainsi que le directeur du Pnud en Côte d'Ivoire, le commandant des Forces nouvelles, présents sur la place du Carnaval.
Toutes ces autorités se succèdent au micro pour souhaiter la bienvenue à l'artiste avant de saluer son courage et son combat en faveur de la lutte contre la pauvreté. Une visite des stands montés le long de la Place du Carnaval permet d'aborder les thèmes sur l'Education pour Tous, la lutte pour le développement, le sida etc. Le stand du Centre de solidarité Action sociale attire toutes les attentions avec une démonstration sur l'utilisation et le port des préservatifs masculins et féminins. L'hilarité que suscite le speech d'une des dames du stand montre que le message est bien passé.
Un discours que reprend Coumba Gawlo vers les coups de minuit sur la même place du Carnaval. Le moment du concert tant attendu par les jeunes gens à Bouaké débute ce samedi timidement avec la prestation des artistes ivoiriens Junior Mady, Préfet Arafat et du comédien Adama Dahico. Ces derniers relayés sur la scène, par la chanteuse sénégalaise, dégustent en spectateurs comme les centaines d'autres spectateurs le mbalax joué par l'orchestre sénégalais. « Sey dou choix », « Gawlo ak Diego » et « Yengoulène », sont servis par les musiciens de Coumba Gawlo comme entrée matière. Dans « Yengoulène », la chanteuse invite trois jeunes à monter et danser sur scène. L'ambiance bon enfant s'installe ainsi sur le podium et ses alentours jusqu'à la fin du spectacle avec le morceau « Dieureudieuf ». Dix titres joués sans relâche et la fameuse reprise « Pata Pata » remporte la palme avec ses refrains parfaitement maîtrisés par coeur ici. A travers « Mbeuguël mou nuy dioylo », la star sénégalaise invite les spectateurs à s'aimer les uns les autres. Entre deux chansons, Coumba Gawlo rappelle aux jeunes garçons et filles que le sida existe. « Prenez en compte. Jeunes, soyez fidèles ou abstenez- vous. Vive la Côte d'Ivoire sans sida, sans pauvreté ! » lance-t-elle dans un brouhaha approbateur. En entonnant pour la fin, le titre « Dieuredieuf », l'artiste chanteuse dit merci à l'hospitalité ivoirienne.
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