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Zambie: Souvenir mortel de l'hospitalité du passé


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20 Novembre 2007
Publié sur le web le 21 Novembre 2007

Lusaka

Les nombreux mouvements de libération d'Afrique australe accueillis par la Zambie ont laissé derrière eux une multitude de mines terrestres qui entravent son développement, selon le dernier rapport de la Campagne internationale pour interdire les mines.

« Les restes explosifs de la guerre ont eu davantage de conséquences sur le développement national [de la Zambie] que sur les communautés locales, la plupart des régions touchées n'étant pas densément peuplées. Le tourisme, l'agriculture et l'énergie hydroélectrique - qui font tous trois partie des principaux piliers de l'économie et du développement zambiens - sont touchés par la menace des mines terrestres ».

Ainsi s'exprimait l'organisation non-gouvernementale (ONG) internationale, qui fait campagne contre l'utilisation des mines antipersonnel, dans son rapport 2007 sur les mines terrestres (Landmine Monitor Report 2007), publié la semaine dernière.

La paix règne en Zambie depuis que le pays, ancienne colonie britannique, a accédé à l'indépendance en 1964, mais sa politique d'accueil des mouvements de libération en lutte contre les régimes coloniaux ou imposés par une minorité blanche lui a valu de voir 41 ou plus de ses régions semées de mines antipersonnel.

Le FRELIMO du Mozambique et l'Armée révolutionnaire de libération populaire du Zimbabwe, tous deux accueillis par la Zambie, posaient souvent des mines antipersonnel autour de leurs bases pour se défendre contre les raids transfrontaliers.

Mais après avoir remporté les luttes pour la libération qu'ils menaient dans les pays voisins, ces mouvements abandonnaient ou détruisaient souvent leurs bases sans retirer les mines antipersonnel qu'ils y avaient posées, rendant ainsi de vastes étendues de terre inutilisables. Des mines ont également été posées le long de la frontière angolaise par les rebelles de l'UNITA et les forces du gouvernement au cours du conflit qui les a opposés pendant 27 ans, avant de prendre fin en 2002.

« Les mines empêchent d'accéder à la faune, à la flore et aux réserves de chasse, limitent l'accès au Zambèze [plus grand fleuve de Zambie] qui permettrait le développement de l'hydroélectricité, et entravent la constitution d'un cordon sanitaire pour [prévenir la transmission des] maladies du bétail - la présence suspectée de mines le long de certaines sections des frontières internationales zambiennes empêche le ministère des Terres de procéder à des travaux d'aménagement aux frontières, même lorsque cela s'avère nécessaire », selon le rapport.

Près de 3 000 kilomètres carrés, sur les 750 000 kilomètres carrés de territoire qui composent la Zambie, seraient semés de mines terrestres, essentiellement posées le long des régions frontalières de la République démocratique du Congo, du Mozambique et de l'Angola, ainsi qu'à la lisière de Lusaka, la capitale, dans l'ouest et le sud de la Zambie et dans certaines régions de la région du Copperbelt, le poumon économique du pays.

L'héritage des mines

« La question des mines est très importante en raison de ses répercussions sur le développement et la situation humanitaire ; aucune étendue de terre soupçonnée d'être semée de mines ne sera ouverte à l'agriculture, au tourisme et au développement socioculturel. Même le réseau routier et les infrastructures, telles que les écoles ou les cliniques, ne pourront y être pleinement développés », a expliqué à IRIN Robert Mtonga, chercheur indépendant sur les mines terrestres et les armes à sous-munitions.

En 1999, un projet de 50 millions de dollars, parrainé par la Banque mondiale dans la province australe au profit des populations déplacées pendant la construction du barrage de Kariba, en 1959 - qui avait abouti à la création d'un des plus grands lacs artificiels du monde - avait notamment été paralysé, après le décès d'un ingénieur consultant dans l'explosion d'une mine terrestre.

« Les mines terrestres ont vraiment ralenti la mise en Å"uvre de notre projet. Nous devons désormais attendre la fin des opérations de déminage avant de pouvoir exécuter pleinement le projet »

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« Les mines terrestres ont vraiment ralenti la mise en Å"uvre de notre projet, particulièrement le long de la Bottom Road [un axe de 196 kilomètres de long qui traverse de part en part la zone de mise en Å"uvre du projet]. Nous devons désormais attendre la fin des opérations de déminage avant de pouvoir exécuter pleinement le projet », a déclaré à IRIN Jumbe Ngoma, porte-parole de la Banque mondiale en Zambie.

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