Libération (Casablanca)

Maroc: La cocaïne latino-américaine envahit l'Europe via le Royaume

Nouri Zyad

23 Novembre 2007


La police de Nador vient de mettre la main sur un réseau de trafic de cocaïne. Un ressortissant vénézuélien a été arrêté lundi à l'hôtel Rif à Nador en possession de 20 kg de cocaïne.

Après vérification d'identité, il s'est avéré qu'il s'agit d'un ingénieur de profession qui a certainement des liens de complicité avec des personnes de nationalités marocaine et espagnole.

Par la suite, un Italien et trois Marocains étaient également tombés dans les filets de la police dans le cadre de la même affaire.

Lors de l'enquête, le ressortissant vénézuélien a déclaré qu'il allait faire parvenir la marchandise vers la localité de Laâroui, située à environ 25 km au sud de Nador, avant de l'introduire, le moment opportun, dans la ville occupée de â-‚Mellilia.â-‚ La ville de Laâroui est connue pour être un lieu de refuge pour beaucoup de trafiquants de drogue. Plusieurs familles de cette région sont, selon des sources concordantes, impliquées dans ce commerce.

Le Bureau des Nations unies contre la drogue et la criminalité (UNODC) a évoqué dans son rapport annuel de 2007 que les deux présides occupés de Sebta et Mellilia constituent des voies préférées pour â-‚le haschisch vers l'Europe. L'étude indique, qu'en dépit des efforts déployés par les autorités marocaines, la production de dérivés du cannabis, surtout de la résine de haschisch dont le Maroc est le principal producteur mondial, est encore très importante.

L'UNODC admet dans son rapport que la distance maritime entre l'Espagne et le Maroc, la présence sur le sol africain de Sebta et Mellilia (villes occupées par l'Espagne) et la facilité relative avec laquelle on peut passer d'un territoire à l'autre ont contribué, de manière considérable, à la convertir en voie d'accès à l'Europe.

Généralement, les saisies auxquelles procèdent les forces marocaines ou espagnoles ne reflètent pas le volume effectif du trafic qui est mené dans le continent. Du fait que le trafic de drogue reste une activité illégale, les données qui permettent de connaître son étendue et son volume d'affaire sont principalement celles reprises par diverses institutions, nationales et internationales, à travers différentes recherches et aussi celles collectées grâce aux détentions et aux saisies effectuées par les forces de sécurité.

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