La Tribune (Algiers)

Afrique du Nord: Conférence des ministres arabes de la Culture à Alger

Appel à l'union pour la promotion et la protection du patrimoine culturel arabe

Le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a appelé les pays arabes à «peser davantage dans les organisations internationales pour une meilleure représentation du patrimoine culturel arabe» Mardi 27 Novembre 2007

Durant deux jours, dix-sept ministres arabes et représentants d'organisations culturelles régionales et internationales se sont réunis, à Alger pour des travaux de réflexion autour de la promotion et de la protection du patrimoine matériel et immatériel, lors d'une conférence qui a débuté dimanche dernier en présence du chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem.

Dans son allocution d'ouverture, ce dernier a souligné : cette conférence devra «examiner l'état de nos patrimoines culturels respectifs dans la perspective de dégager les politiques et les stratégies communes à même de leur assurer une meilleure visibilité mondiale».

Dès lors, le leitmotiv de cette rencontre a été la nécessité et l'urgence pour les gouvernements arabes d'unir et d'intensifier les efforts et la coopération afin de promouvoir et de protéger le patrimoine culturel contre les multiples menaces qui pèsent sur lui.

Ainsi, Abdelaziz Belkhadem a insisté sur le fait que «le patrimoine culturel est la démonstration de l'histoire, il est la part du passé sans laquelle nul avenir ne peut se concevoir. La vision prospective relative au patrimoine consiste à le considérer comme un héritage total, irremplaçable et inaliénable, appartenant à nos peuples, et qui doit se transmettre en l'état sinon en meilleur état aux générations futures». Par ailleurs, le chef du gouvernement a déploré que «l'accès à l'attention mondiale de tous les patrimoines, qui auraient dû être la chose la mieux partagée, ne semble pas avoir profité équitablement à toutes les régions du monde». Il a rappelé à ce sujet que seuls une soixantaine de sites du Monde arabe sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial sur les 850 que compte cet inventaire.

Il a appelé à ce sujet les pays arabes à «peser davantage dans les organisations internationales pour une meilleure représentation du patrimoine culturel arabe».

Dans cette optique, évoquant les multiples menaces qui pèsent sur le patrimoine arabe, Belkhadem a affirmé «que la destruction au bulldozer et autres engins de démolition des vestiges musulmans, notamment des murs de la mosquée d'El Aqsa, est inadmissible et viole les règlements internationaux et la conscience humaine». Il a également cité le cas de la mise en péril du patrimoine irakien en soulignant «les conflits injustes qui minent et rongent les patrimoines culturels de la Mésopotamie, parmi les plus anciens et les plus représentatifs de la civilisation humaine, et dont le gardien, le musée de Baghdad, a subi la mise à sac que l'on connaît». A cet effet, il a insisté sur la nécessité de la mobilisation des organisations internationales, comme l'Unesco, l'Isesco et l'Alesco, pour «retrouver les collections saccagées, les restaurer et les restituer à leur lieu».

Pour conclure, le chef du gouvernement a relancé son appel pour une stratégie commune des pays arabes en déclarant : «Vous êtes aujourd'hui réunis à Alger pour tracer des stratégies communes, pour mettre en Å"uvre des programmes communs dans le cadre d'objectifs communs. Il est attendu de nous de peser davantage dans les organisations internationales en vue de mieux protéger, faire valoir et assurer une plus grande visibilité à nos patrimoines culturels.» A la suite de l'allocution d'Abdelaziz Belkhadem, plusieurs ministres arabes, ainsi que des responsables d'organisation culturelles régionales et internationales sont intervenus tout au long de cette rencontre pour lancer un appel à tous les pays arabes afin qu'ils «conjuguent leurs efforts pour protéger le patrimoine culturel de la destruction et du pillage en tant que symbole de la civilisation arabe et véhicule de la mémoire à travers les générations». Le secrétaire général de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (Alesco), M Al Mounji Bousnina, a souligné à cet effet, que son organisation, avec la collaboration d'autres organisations, notamment l'Organisation islamique pour l'éducation, la culture et les sciences (Isesco) et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la culture et les sciences (Unesco), Å"uvre sans cesse pour protéger les sites les plus menacés. A titre d'exemple, grâce à ces efforts multiples, l'Unesco avait envoyé à El Qods une commission ad hoc qui a conclu que les allégations israéliennes n'étaient pas fondées, ce qui a permis à l'organisation onusienne d'intervenir pour faire arrêter les fouilles entamées par Israël dans la mosquée d'El Aqsa en 2006. Quant au SG de l'Isesco, Abdelaziz Al Twidjeri, il a mis en exergue le fait que «la protection du patrimoine requiert d'abord une certaine application dans la planification, la gestion et la mise en Å"uvre des programmes établis à cet effet. Il devient aussi nécessaire aujourd'hui pour les pays arabes de moderniser leurs structures culturelles». Précédant la conférence des ministres arabes, plus d'une centaine d'experts se sont réunis récemment afin de dresser une liste de propositions et de recommandations dans un rapport final qui a été débattu, hier, à huis clos, avant d'être adopté.


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