Kinshasa — A quelques mois des élections locales et municipales prévues pour le début du premier trimestre 2008, les femmes béninoises multiplient les initiatives tous azimuts.
Le parlement, la société civile, la classe politique dans son ensemble sont très sollicités afin d'inverser la tendance qui fait de l'homme le premier acteur de loin de la vie politique nationale.
En effet, si l'on atteste que près de 51% de la population béninoise est constituée de la gent féminine, il reste qu'elle n'est pas pour autant proportionnellement représentée dans les institutions de l'Etat et autres instances de prises de décisions qui engagent la vie du pays. L'Assemblée nationale de la cinquième mandature en cours compte ainsi moins de dix femmes sur les 83 députés. Le gouvernement du président Boni Yayi encore moins.
C'est donc pour sinon pallier, du moins améliorer cet état de fait que les femmes béninoises, toutes tendances confondues, ont décidé de se mobiliser dans la perspective des élections locales et municipales de 2008, en vue d'une meilleure représentativité et d'une participation plus accrue à la gestion des affaires publiques. Dans cette optique, leur combat a trouvé un écho favorable auprès d'Organisations non gouvernementales et d'institutions internationales.
A travers des organisations non gouvernementales, des associations comme l'Association des femmes juristes du Bénin (AFJB), Dignité féminine, G/Pifed, Rifonga et bien d'autres réseaux, les femmes béninoises ont entamé une campagne médiatique grandeur nature en faveur de leur cause.
Et cela, avec le soutien financier du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), la coopération danoise (Danida), la coopération suisse pour ne citer que ces partenaires qui font de l'approche genre au Bénin leur cheval de bataille dans le processus d'enracinement de la démocratie et la décentralisation en cours depuis quelques années.
Au nombre des questions soulevées par la participation des femmes dans la vie politique et les institutions de l'Etat, il y a celle de la parité entre les hommes et les femmes, celle des quotas. Toutes choses qui impliquent ce que d'aucuns ont appelé sous d'autres cieux « la discrimination positive ».
Il y a longtemps que les différentes lois fondamentales du pays ont consacré l'égalité de l'homme et de la femme. Du coup, les femmes béninoises ont beau jeu de plaider un accroissement de leur présence dans les instances de décision et à des postes de responsabilité, par quotas ou parité, ils sont nombreux les hommes qui pensent que tout doit être fonction du mérite et non du sexe, comme le stipule la Constitution. Pour eux, le combat féministe au Bénin est l'apanage de quelques intellectuelles en mal de promotion. Et qu'à cette allure, il ne serait pas surprenant qu'un jour, elles en arrivent à vouloir interdire des candidatures masculines à des postes de responsabilité.
Quoi qu'il en soit, la pertinence de la lutte des femmes au Bénin se passe de commentaire. Dans un pays où elles restent encore de loin analphabètes par rapport aux hommes, il y a fort à parier que la première des batailles à remporter consiste à encourager la scolarisation des jeunes filles. Suivra tout naturellement au fil des années, la réduction de la disparité de la représentation hommes -femmes dans tous les compartiments de la vie nationale. Il n'empêche que pour l'heure, l'éveil et la conscientisation des femmes par rapport aux enjeux des prochaines élections locales et municipales ne sera pas un coup d'épée dans l'eau. Car face à l'engouement et le grand débat que soulève la mobilisation des femmes béninoises à travers le pays, il faut espérer une meilleure participation et un meilleur avenir quant à la gestion de la vie publique, et partant du pays. N'a-t-on pas dit que la femme est l'avenir de l'homme ? Manifestement, les Béninoises sont dorénavant prêtes à prouver par les actes la véracité de cet adage en apportant leur touche féminine à la gestion de la vie de la cité au quotidien. Grâce à leur capacité naturelle de management et leurs compétences dans divers champs d'activités. Dont acte !

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