Fraternité Matin (Abidjan)
Martial Niangoran
2 Décembre 2007
Abidjan — Le Premier ministre a présidé la troisième journée cotonnière, au Centre culturel de la ville. Il a demandé aux acteurs de ne pas désespérer.
En vue de l'ouverture de la campagne de commercialisation du coton, le Premier ministre Soro Guillaume, a présidé, samedi dernier, la troisième journée cotonnière, organisée par le Comité de suivi du coton - anacarde (CSCA) au centre culturel Womiengnon de Korhogo. Après les interventions ayant pour centre d'intérêt la crise financière et socio-économique profonde que connaît la filière, M. Soro a demandé aux différents acteurs de ne pas désespérer.
«Nous sommes venus vous dire que le coton a connu des difficultés ; mais le coton n'est pas mort. La responsabilité qui est la nôtre est de ne pas abdiquer. Nous devons sauver la filière. Mobilisons-nous pour sensibiliser nos parents qui se sont laissé aller au découragement», a-t-il soutenu. Et, pour la relance de cette filière, le Premier ministre a donné des instructions. Au ministre de l'Agriculture, il a demandé d'élaborer un plan de sensibilisation et de rémobilisation des producteurs et d'organiser les assises du coton, en associant les bailleurs de fonds.
Il devra, en outre, instituer une journée cotonnière nationale annuelle avant l'ouverture de chaque campagne pour permettre aux producteurs de comprendre l'importance du coton dans l'économie du pays. Le Premier ministre se propose de prendre un arrêté pour formaliser le Comité de suivi du coton-anacarde afin de permettre au ministre de l'Agriculture de suivre au quotidien l'ensemble des opérations. Il pourra ainsi étudier avec le gouvernement la possibilité de rehausser le prix du kilogramme de coton, «parce que 150 F/kg ne peuvent pas nourrir les parents», et inscrire les problèmes de cette filière dans le programme d'urgence. Tout cela, parce que, a affirmé le Premier ministre, «il nous faut reconquérir le leadership dans la production du coton». Cette journée a aussi permis au CSCA, mis sur pied en 2005, de suivre l'application des résolutions des deux précédentes journées et de faire le bilan de ses activités.
Soro Alphonse, le président de ce comité, s'est félicité de l'apurement des arriérés dus aux paysans. De 15.866.446.745 de F en 2001/02, ces arriérés ont été entièrement apurés avec le chèque de 247 millions de la DOPA, une société d'égrenage, que le Premier ministre a remis ce jour à l'URECOS-CI. Il s'est aussi félicité d'avoir endigué le phénomène de la fuite du coton vers les pays voisins, combattu les pisteurs et amoindri les litiges entre les égreneurs. Quant à Nouffou Coulibaly, président du comité d'apurement des arriérés, il a fait le bilan des paiements des arriérés par l'Union Européenne. Sur une dette de 6.901.640.005 F que LCCI devait à 371 Organisations professionnelles Agricoles (OPA), 1.149.156.174 F ont été payées à 354 OPA. Soit une réalisation de 71 %. Pierre Chaudron, le directeur général d'Audit contrôle expertise (ACE), après avoir analysé l'environnement de la filière, a situé les responsabilités dans la situation que vit le coton actuellement. Il a surtout souligné que la libéralisation de la filière n'a pas donné les résultats escomptés.
M. Soro Seydou, président du Conseil d'administration de l'Inter coton, analysant les perspectives de relance de la filière, a souligné les efforts que l'Etat a faits pour sauver la filière coton. Il a déploré la baisse de la qualité des semences utilisées au-delà de leur capacité d'effritement du dispositif de renouvellement des semences à la suite de la destruction de la station de recherche sur le coton du CNRA à Bouaké. De ce fait, a-t-il révélé, le rendement moyen compris entre 1200 et 1400 kg / ha est tombé à 750 kg pendant la campagne 2006-2007. Naturellement, le revenu du paysan a baissé. Ce qui est dommageable car le coton couvre 56 % du territoire national, 10 régions, 23 départements exploitant 300.000 ha emblavés pour 200.000 producteurs.
Pour cette campagne, qui s'ouvre maintenant, ces journées ont retenu entre autres résolutions, quatre sociétés d'égrenage (Cidt, Ivoire coton, Sicosa, et Dopa) et trois faîtières (Urecos-ci, Ucab-ci et Yebé Wognon) pour commercialiser le coton. Des sanctions sont prévues à l'encontre des contrevenants à ces résolutions.
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