Le Messager (Douala)

5 Décembre 2007

Cameroun: Affaire Laurence Vergne - les suspects libérés

Les personnes incarcérées dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat à Yaoundé d'une chercheuse française lavées de tout soupçon.

Rebondissement dans l'affaire de l'assassinat de la jeune française Laurence Vergne (31 ans), survenu dans la nuit du 5 au 6 janvier dernier à Yaoundé. Selon une dépêche de l'Afp, reprise par le journal en ligne France Info, les dix personnes incarcérées dès le lendemain de ce meurtre pour besoin d'enquêtes, ont été libérées hier, mardi 4 décembre. Toutes les charges portées contre elles sont abandonnées. " Elles sont libérées parce qu'on n'a rien trouvé contre elles. Leur dossier est vide ", explique Me Jean Calvin Ngaï, avocat de la famille de la victime, cité par l'Afp. " L'instruction va être reprise à zéro et cette fois, c'est la gendarmerie, et (non) plus la police, qui va la mener ", précise l'avocat.

La libération de ces suspects intervient quelques semaines seulement après un branle-bas médiatique entre le Cameroun et la France, au sujet de cette affaire. Reprise par les médias français à la veille d'un voyage de Paul Biya en France, l'affaire de l'assassinat de Laurence Vergne est, aujourd'hui, un caillou dans la chaussure des autorités judiciaires et gouvernementales camerounaises. Le reportage d'une chaîne de télévision française ayant fait état des lenteurs et du laxisme de la justice et de la police camerounaises dans le cadre de cette affaire, le vice-Premier ministre, ministre de la Justice Amadou Ali était monté au créneau pour faire le point sur les enquêtes. Son collègue du gouvernement, Edgard Alain Mebe Ngo'o de la délégation générale de la sûreté nationale, avait fait autant.

La libération des suspects de cette affaire intervient quelque deux mois après l'ouverture d'une information judiciaire (en septembre) en France, après le dépôt d'une plainte par la famille. Cette dernière, choquée par les lenteurs et surtout les errements des enquêteurs chargés de faire la lumière dans cette affaire. On se souvient d'ailleurs qu'en son temps, la Maison des droits de l'Homme du Cameroun avait, par le biais de sa présidente Madeleine Affite, dénoncé et qualifié " d'arbitraires " les arrestations opérées après l'assassinat de Laurence Vergne. La famille de la décédée avait aussi dénoncé ces arrestations. Tout en déplorant ne pas avoir une " vision claire " de l'enquête camerounaise, faute d'information sur son évolution.

Des dix suspects, neuf dont des proches de Laurence Vergne, avaient été arrêtés dès les jours ayant suivi l'assassinat. Le dixième suspect, présenté comme un repris de justice, avait ensuite été arrêté en juin dernier. Laurence Vergne, chercheuse en biologie (31 ans), travaillait à l'Institut de recherche pour le développement (Ird) de Yaoundé. Elle a été abattue d'un coup de fusil par des cambrioleurs présumés, dans la nuit du 5 au 6 janvier dernier, devant le domicile d'une amie au quartier Bastos dans la capitale camerounaise.

Affaire à suivre.

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