Le 12 janvier prochain est la date retenue pour la rentrée des clubs de deuxième division au Cameroun. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas la première division dont les activités démarrent pourtant le week-end prochain à Garoua qui focalise l'attention. C'est bien le championnat de deuxième division qui aura en 2008, quelque chose d'inédit.
En effet, suivant les recommandations faites par la Fédération internationale de football association (FIFA), les compétitions nationales vont connaître de profondes mutations. Et c'est principalement le championnat de deuxième division qui va connaître une ère nouvelle. Ainsi, jusqu'ici, cette compétition se déroulait entre plus de 205 clubs répartis dans 10 provinces. Et pour accéder à l'élite, les dix champions provinciaux devaient disputer le tournoi interpoules. A la fin de la saison écoulée, les Interpoules se sont joués pour la dernière fois. Désormais, le championnat de deuxième division va prendre une dimension nationale. Au lieu des 205 qui luttaient pour trois places parmi l'élite, 24 clubs seulement seront sur la ligne de départ le 12 janvier 2008 toujours pour trois places. Concrètement, la compétition va se dérouler entre 24 clubs répartis en trois groupes de huit dont la répartition obéit à des considérations essentiellement géographiques.
Ce revirement de la Fédération camerounaise de football a été effectué sur insistance de la Fifa dont un émissaire, le Français Jean Michel Bénézet a séjourné au Cameroun en février de cette année pour rencontrer les responsables de la Fécafoot d'une part et d'autre part les acteurs du football camerounais. De façon unanime, le constat a été fait que l'écart était trop grand entre les différents échelons du football national. Il était donc question de réduire cet écart. L'une des solutions consiste à constituer une véritable élite nationale. Cela passe par la réduction des effectifs des clubs en première division et en deuxième division. Au final, on devrait assister à une amélioration de la qualité du spectacle, mais également aboutir à une meilleure organisation des compétitions.
Les observateurs du football national attendent donc avec une grande curiosité cette innovation de la Fécafoot. Car, si les raisons qui ont présidé à son émergence semblent nobles, notamment le souci d'améliorer le niveau des compétitions, la réforme du championnat de deuxième division pose quelques problèmes. Ainsi, certains clubs ne manquent pas déjà de faire valoir que cette nouvelle formule va leur imposer des charges financières plus lourdes. En effet, la dimension interprovinciale de la compétition suppose dans certains cas des déplacements plus longs et plus coûteux que par le passé. Par ailleurs, le mode d'accession à ce que la Fécafoot a baptisé MTN Elite II, n'a pas été bien assimilé par tous. Des équipes de tradition du football camerounais ont même complètement disparu du paysage. C'est le cas de Racing de Bafoussam qui en quelques saisons va faire un plongeon de l'élite à un championnat provincial de l'Ouest aux contours flous. Panthère de Bangangté est en sursis et sera bientôt fixé sur son sort. D'autres équipes sans y avoir été préparées se retrouvent dans la même situation.
A la Fécafoot, si on ne botte pas en touche ces observations, on clame toutefois que la réforme était nécessaire. Même s'il y a des victimes collatérales. La réforme entre dans le cadre de la politique de la Fifa « Gagner en Afrique avec l'Afrique » dans la perspective de la coupe du monde 2010 que va abriter l'Afrique du Sud. Dans cette optique, les fédérations africaines doivent tendre vers la professionnalisation. Celle-ci concerne les clubs qu'il faudrait impérativement mieux structurer. Mais elle vise aussi une amélioration de la qualité du jeu. La Fifa s'engage à cet effet à apporter un soutien logistique et financier aux fédérations pour atteindre ces objectifs. Quelle saveur aura cette thérapeutique de choc sur le football camerounais ? Les prochains mois devraient nous le dire. Mais il faut bien reconnaître que la prolifération des clubs et du nombre de licenciés laissait songeur au regard de la qualité des joueurs produits par les compétitions nationales. L'écrémage imposé dès la base est en tout cas un gage d'espoir.
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