Aristide Ouédraogo
10 Décembre 2007
(Page 2 of 2)
La stupeur passée, c'est la rage dans le camp des militaires contestataires. Ils ont le sentiment qu'on leur a fait un bébé dans le dos et beaucoup en veulent au Mogho Naba qui, disent-ils, se serait prêté à un jeu pour les amadouer alors qu'au bout, il y avait le bâton sur eux.
Mais ce n'est pas tout. Ils ne comprennent pas qu'alors qu'ils n'ont jamais usé de violences, qu'ils ont toujours manœuvré pacifiquement, on vienne ainsi leur mettre la main dessus. Il n'est pas question, entend-on dire de la part de certains d'entre eux, de laisser ainsi leurs camarades arrêtés, et ils s'organiseraient pour obtenir leur libération.
Est-ce que les arrestations vont sonner le glas de cette agitation ou bien la revigorer ? On en saura davantage dans les jours qui viennent.
III.Durcissement du langage des militaires ou baroud d'honneur les 8 et 9 décembre ?
D'abord annoncé pour se tenir au Stade du 4 août puis à la maison des Retraités des militaires, la rencontre des militaires retraités se tiendra en définitive à l'Hippodrome de Ouagadougou. Le président Kaboré Rakiswandé n'avait pas sa mine des grands jours et l'intervention de Karim Bikienga était plus qu'attendu, lui qu'on a libéré le 8 décembre dans la soirée.
Mais avant, il fallait faire le point des démarches entreprises la veille pour obtenir la libération des camarades arrêtés. Le soldat de 1ère classe Guira qui avait accompagné Rakiswendé Kaboré chez l'empereur des Mossi pour qu'il intercède à cette fin, a confié à ses camarades les vérités qu'il avait dites au Mogho Naba. Morceaux choisis : « Ces gens-là, on les connaît, ils ne vous ont pas respectés. Et c'est grâce à vous qu'on a eu ce problème, on vous a respecté, on n'est pas sorti et voilà qu'ils arrêtent nos camarades ». Arrêté chez lui dans les mêmes circonstances que Clément Ouédraogo, Bikienga Karim prendra alors la parole pour dire qu'il a été libéré simplement parce que le Colonel de la gendarmerie et chef d'Etat major voulait qu'il transmette à ses camarades les nouvelles décisions des autorités. Les autres ayant été déférés à la MACO après une plainte du bourgmestre de la capitale pour occupation illégale de la voie publique.
Ce dernier dira en substance que ce serait le Colonel Dominique Diendéré, foi du chef d'Etat major de la gendarmerie, qui serait à l'origine des arrestations.
Les militaires retraités, avant l'entame de toute négociation ou avancée, exigent la libération de leurs camarades. Ce dimanche 9 décembre donc, à 11 h 30, deux délégations avaient été dépêchées chez le chef d'Etat major de la gendarmerie et chez le Mogho Naba afin qu'on libère leurs camarades.
Rendez-vous a été donné à tous les militaires de se « préparer » et d'être présent à l'hippodrome pour donner la réplique, à 16 heures ce dimanche.
Une chose est certaine : si les militaires semblaient décidés quand nous quittions les lieux, on ne peut jurer de rien, sauf à reconnaître que pour le moment, le gouvernement mène bien sa barque : de facilitation en facilitation, grâce notamment aux bons offices du Mogho Naba, de coups de gueule en caresses, il a grillé du temps, permis que le chef de l'Etat aille à Lisbonne sans problème, et sur la lancée, les grands évènements de cette fin d'année se passeront sans doute sans encombres. Après, on aura le temps de voir, et comme la lassitude de l'opinion aura fait son œuvre, cette affaire pourra être réglée de manière beaucoup plus posée, sans contraintes ni chantages !
Mais attendons le « deadline » de la fin d'après-midi fixé ce dimanche 09 décembre avant de tirer des conclusions définitives.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 San Finna. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.