Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Douala - Le calvaire des étudiants équato-guinéens

Denis Nkwebo

11 Décembre 2007


Réfugiés à leur consulat depuis quelques jours, ils dénoncent leurs conditions d'hébergement.

Devant le consulat général de Guinée équatoriale à la rue Koloko à Douala, il n'y a plus une foule d'étudiants venus de Buea. De tous ceux qui ont quitté le campus de l'université du chef-lieu de la province du Sud-Ouest dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, suite à des altercations avec quelques habitants, une bonne partie est retournée à Bata et Malabo, tandis que quelques uns attendent encore sur place. Ceux qui sont justement en attente à Douala évoquent de mauvaises conditions d'hébergement et de restauration. " Tous les jours on nous donne du pain ", a expliqué l'un des réfugiés, aussitôt interrompu par un élément du Groupement mobile d'intervention (Gmi) n°2. L'homme en tenue affirme que les étudiants qui campent à Bonapriso depuis les premières heures de la matinée du vendredi 7 décembre dernier ont été instruits de ne pas parler aux journalistes. Même madame le consul général est absente des locaux interdits d'accès à la presse. " Le consul est à l'aéroport depuis le matin ", s'est contenté de dire un vigile en faction.

C'est en tout 90 étudiants équato-guinéens qui ont trouvé refuge au consulat à Douala, de peur des représailles de la part de certains habitants de Buea, courroucés par les informations faisant état de la chasse aux Camerounais à Bata et Malabo. Au groupe parti de Buea, il faut ajouter d'autres étudiants venus de Bamenda ce week-end. Ils sont une dizaine à avoir grossi le nombre de réfugiés. Ces derniers ont affirmé qu'ils craignaient aussi des représailles. Contrairement aux allégations avancées, il n'y a pas eu d'agression massives contres les étudiants équato-guinéens à l'université de Buea dans la nuit de jeudi dernier. Juste une altercation isolée qui a entraîné des contusions à trois étudiants. Des bus affrétés par le consulat général de Guinée à Douala ont convoyé les 90 étudiants, sous escorte policière. A Douala, la police a également pris des dispositions pour éviter que la situation tourne au drame. " Nous avons créé un poste de police au consulat et des fonctionnaires y ont été affectés. Cette mesure vise non seulement à sécuriser les étudiants mais aussi les locaux du consulat. Il faut également noter qu'à aucun moment, les populations de Douala n'ont tenté de s'en prendre aux ressortissants équato-guinéens", a expliqué le délégué provincial de la Sûreté nationale du Littoral, le commissaire divisionnaire Joachim Mbida Nkili.

Selon des sources proches du consulat, les autorités équato-guinéenes à Douala ont conseillé aux étudiants de retourner à Buea et Bamenda pour reprendre les cours. Mais en grande partie, ces derniers ont opté pour le retour dans leur pays.

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