Pascal Lietout
14 Décembre 2007
Port Louis — La France et la Lybie ont signé un accord par lequel Tripoli s'engage à des négociations exclusives avec la partie française sur l'achat de 4,5 milliards d'euro d'armement, dont 14 avions de combat.
Le colonel Kadhafi était en visite officielle en France cette semaine.
Les négociations sur la vente de 14 avions de combat Rafale à la Libye sont en cours, a déclaré hier le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.
La France et la Libye ont signé lundi, à l'occasion de la visite à Paris du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, un mémorandum par lequel Tripoli s'engage à des négociations «exclusives» avec la partie française sur l'achat d'environ 4,5 milliards d'euros d'armements, dont 14 Rafale.
Cette négociation exclusive «se terminera le 1er juillet 2008», a rappelé David Martinon lors de son point de presse hebdomadaire.
«Il y a une négociation sur les Rafale, elle n'est pas terminée, elle est en cours, avec un cadre de négociation exclusif entre la France et la Libye», a-t-il ajouté.
Charles Edelstenne, P-DG de Dassault Aviation, fabricant de l'appareil, avait auparavant déclaré que ces négociations pourraient durer jusqu'à début juillet.
L'Elysée s'est déclaré mardi «très confiant» sur les chances d'aboutir à un contrat.
«Il y a un MoU (memorandum of understanding, protocole d'accord) signé entre les deux gouvernements français et libyen, dans lequel figure l'ouverture d'une négociation pour l'achat de 14 avions Rafale par le gouvernement libyen. Ceci a reçu l'imprimatur de Mouammar Kadhafi», a dit Charles Edelstenne lors d'une conférence de presse organisée au ministère de la Défense sur la relance des exportations d'armement.
«Une période est ouverte maintenant pour négocier physiquement le contrat. Nous nous sommes mis un deadline début juillet - fin juin pour aboutir à un contrat signable par les deux parties (...) Le chiffre de 14 est acquis : il faut négocier le prix, la définition exacte des matériels de l'environnement des avions, les clauses du contrat et les conditions de paiement», a poursuivi le P-DG de Dassault Aviation.
Si les négociations sur le Rafale aboutissent, ce sera la première fois que la France vend l'appareil à l'étranger.
Benoît VAN OVERSTRAETEN
et Emmanuel JARRY
UN DEPUTE UMP S'INTERROGE SUR LE COUT DE LA VISITE DE KADHAFI
Le député UMP Lionnel Luca, qui a boycotté mardi la réception de Mouammar Kadhafi à l'Assemblée nationale, a demandé jeudi au gouvernement de révéler le coût de la visite du dirigeant libyen en France. Dans une lettre adressée à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, le député des Alpes-Maritimes déclare : «Il me serait agréable, comme élu de mes concitoyens qui m'interrogent à ce sujet, que vous m'indiquiez le coût de ce déplacement, et sur quel budget il a été imputé». «Il est rare que les visites officielles de chefs d'Etat dans notre pays dépassent 48 heures. Dans le cas de la venue du colonel Kadhafi, son séjour n'aura duré pas moins de cinq jours, ce qui est exceptionnel !», ajoute-t-il.
«De même, le nombre de ceux qui l'ont accompagné pour la circonstance : quelque 400 personnes, si l'on en croit les médias, sans compter les déplacements ministériels et visites diverses programmées», note le député. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a précisé jeudi que la visite officielle du colonel Kadhafi était de deux jours et demi, le reste étant du domaine privé. Comme l'ensemble de l'opposition, ainsi qu'une partie de la majorité, Lionnel Luca avait vivement condamné la visite du numéro un libyen à l'Hôtel de Lassay, résidence du président de l'Assemblée. «Nous, à l'Assemblée rien ne nous oblige à recevoir quelqu'un qui est responsable d'un grand nombre d'actes terroristes. Les dictateurs n'ont pas leur place à l'Assemblée nationale», avait-il dit.
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