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Sénégal: Affaire Tiken Jah Fakoly - Le PS rappelle à Wade les propos de Kadhafi sur la 'présidence à vie'


Wal Fadjri (Dakar)
 

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Wal Fadjri (Dakar)

19 Décembre 2007
Publié sur le web le 19 Décembre 2007

Georges Nesta Diop

Déclarer l'artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly persona non grata au Sénégal est la meilleure preuve que le panafricanisme de Me Wade n'est qu'esbroufe. Le Parti socialiste qui dénonce ainsi cette mesure veut rappeler aux autorités sénégalaises les déclarations du guide de la révolution libyenne Muhammar Kadhafi qui suggérait aux Sénégalais en 2006 devant l'Assemblée nationale, de faire de Me Wade un président de la République à vie.

Après la sortie de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), le Parti socialiste a dénoncé, hier, au cours de son bureau politique, la décision prise par le ministre de l'Intérieur de déclarer le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly persona non grata au Sénégal. 'Cette décision fournit la preuve que l'engagement panafricaniste d'Abdoulaye Wade n'est qu'esbroufe', estime le bureau politique du Parti socialiste. Ousmane Tanor Dieng et ses camarades qui disent 'n'en avoir jamais douté, s'inquiètent plutôt, à travers cette affaire, de l'état désastreux des libertés dans notre pays'. En effet, commente le bureau politique du Ps, 'la décision d'interdire de séjour le chanteur ivoirien entre dans la série des atteintes récurrentes aux libertés et est révélatrice du profond malaise dans lequel se trouve l'Etat de droit du fait de l'intolérance du régime actuel'.

Se disant ancré dans la tradition d'hospitalité qui caractérise le Sénégal et attaché au respect de la liberté de pensée, d'expression et d'opinion, le Parti socialiste exprime sa solidarité à Tiken Jah Fakoly. Tout en appelant à tous les citoyens 'épris de liberté à se mobiliser et à s'opposer, par tout moyen approprié, aux dérives autoritaires du régime d'Abdoulaye Wade qui, pour tenter de masquer son incompétence et les difficultés socio-économiques des Sénégalais, se défausse sur les militants de la liberté'.

Le Parti socialiste relève à ce sujet, la différence de traitement entre l'affaire Tiken Jah Fakoly et le discours irrévérencieux du président Kadhafi devant l'Assemblée nationale en avril 2006 suggérant au peuple sénégalais de faire d'Abdoulaye Wade un président de la République à vie. 'A l'époque, Abdoulaye Wade, parce qu'il y trouvait son compte, n'avait pas considéré offensant et insultant cet outrage à notre République et à notre démocratie', rappellent les socialistes. Non sans affirmer qu'il ne se passe pas un jour, depuis 2000, sans que les droits pourtant consacrés et protégés par la Constitution, ne fassent l'objet d'attaques de la part d'un régime liberticide. 'Tout y passe : de la liberté de pensée à la liberté d'expression en passant par la liberté de manifester'. Le parti d'Ousmane Tanor Dieng relève que tout le monde est également exposé au 'césarisme démocratique d'Abdoulaye Wade, comme il décrit lui-même le meilleur régime politique qui serait adapté aux Africains'.

Les socialistes affirment à cet effet que les journalistes sont constamment sujets à des détentions arbitraires et les rédactions sont investies par une police ou leur siège incendié en toute impunité ; les écrivains et les éditeurs font l'objet de menaces de mort tandis que des pressions sournoises sont exercées sur les libraires pour empêcher la distribution et la commercialisation de livres. Les militants de la société civile sont harcelés et interpellés pour leurs opinions par une Division des investigations criminelles (Dic) transformée en police politique. Les syndicats et les partis politiques sont interdits de manifestation sous le prétexte de menace à l'ordre public. Il s'y ajoute les nombreuses manipulations de la Constitution, ainsi que le traitement inique de l'information dans les médias publics. 'Ces pratiques ne sont pas seulement des atteintes aux libertés, à l'Etat de droit et à la démocratie, mais les artifices mis en avant pour servir les intérêts d'un clan', fustigent Ousmane Tanor Dieng et ses camarades.



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