Hassan Gherab
23 Décembre 2007
L'Algérie a signé des contrats pour l'importation de 4 millions de tonnes de blé en 2007.
Avec une production nationale se situant, ces dernières années, en moyenne, entre 2,4 et 3 millions de tonnes de blé, c'est plus de la moitié de nos besoins que nous devons acheter sur les marchés mondiaux caractérisés par une tendance à la hausse des prix qui ont atteint des records et des tensions sur la demande. La facture alimentaire sera salée.
Mais pour éviter aux petites bourses une autre saignée, le gouvernement a décidé d'inscrire, à partir de janvier 2008, le blé dur sur la liste des produits à large consommation subventionnés par l'Etat et qui comprend le blé tendre, la poudre de lait destinée à la production du lait pasteurisé en sachets, les tarifs de l'électricité, du gaz et de l'eau ainsi que les loyers des logements sociaux. Le remboursement de la différence entre le prix réel et le prix officiel du blé, que prendra en charge cette subvention de l'Etat, coûtera la bagatelle de 90 milliards de dinars au Trésor public.
Mais au-delà de ces efforts, somme toute louables, consentis par l'Etat pour préserver le pouvoir d'achat des couches les plus défavorisées, on ne peut manquer de relever que cette facture que nous payons pour les quelque 5% de la production mondiale de céréales la quantité que nous importons pourrait être considérablement réduite si nous arrivions à rentabiliser les millions de dollars alloués dans le cadre du Programme d'intensification de la céréaliculture (PIC) et du Plan national de développement agricole (PNDA). En effet, de 15 quintaux à l'hectare, en moyenne, que nous enregistrons ces dernières années est un rendement ridiculement bas au vu des capacités avérées des plaines céréalières algériennes qui dépassaient de loin ce chiffre dans les années 1970. Les fameux «ronds du désert» de la ferme expérimentale de Gassi Touil avaient produit plus et la plaine du Sersou était connue pour ses records de production qui feraient pâlir nombre de producteurs.
Que s'est-il donc passé et qu'est-ce qui a fait chuter la production céréalière algérienne ? Pour les agriculteurs, c'est dans la qualité des semences qu'il faut chercher les causes de cette effarante baisse de la production. Les responsables accusent, eux, les mauvaises conditions climatiques qui ont généré une chute des rendements et les agriculteurs qui ne respecteraient pas les directives des agronomes et refusent de vendre aux coopératives leurs récoltes qu'ils cèdent directement aux minoteries.
Mais à supposer que toutes ces raisons soient les véritables causes de la faiblesse des quantités ensilées, cela n'expliquerait pas pour autant la perte de 500 000 tonnes de blé à cause de mauvaises conditions d'ensilage ni l'absence de suivi et de contrôle des périmètres ensemencés ou les retards enregistrés dans le développement des techniques de production et de contrôle des semences. La céréaliculture apparaît aujourd'hui comme une véritable arme alimentaire. Et il faut bien l'avoir en main et maîtriser toute la filière de production si on ne veut pas se faire écorcher vif sur les marchés mondiaux.
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