26 Décembre 2007
Tunis — Le secteur industriel affrontera d'ici quelques jours la fin de la période transitoire de l'accord d'association avec l'Union Européenne (UE) stipulant la libre circulation des biens et services industriels entre les deux rives de la Méditerranée , accompagnée d'une détaxation totale sur les produits industriels échangés entre la Tunisie et l'UE.
L'industrie tunisienne entrera ainsi de plain-pied dans la course de la compétitivité. Un chemin plus ou moins ardu reste à parcourir post-ouverture des frontières. A l'heure qu'il est et selon les dernières statistiques publiées par l'Agence de Promotion de l'Industrie, le secteur maintient la cadence tant en terme de production que d'emplois créés malgré une baisse de 1,8% des investissements déclarés.
Les indicateurs économiques observés au cours des 11 premiers mois de l'année 2007 attestent d'une amélioration de la production industrielle, d'un accroissement de 48,8% des emplois créés dans l'industrie, d'une augmentation des investissements réalisés dans l'industrie et dans les services liés à l'industrie contre une baisse de 1,8% des investissements déclarés. Côté échanges extérieurs, la balance commerciale garde un solde déficitaire.
Agroalimentaire : l'indice de production en hausse de 0,9%
Les industries mécaniques et électriques ont tiré la production industrielle vers le haut. L'indice de la production industrielle s'est accrû de 8,2% après dix mois d'activité. L'évolution la plus importante de la production a profité au secteur des industries mécaniques et électriques (30,8%), suivi du secteur du textile-habillement et cuirs et chaussures (4,8%). A noter que le rythme d'évolution de la production pour les industries agroalimentaires et pour les industries chimiques a été très faible ne dépassant pas 0,9% pour l'un et 0,6% pour l'autre. A l'orée de l'ouverture des frontières, la production industrielle est amenée à consolider davantage son rythme de manière à préserver les parts de marchés aussi bien sur le marché local qu'au-delà des frontières. Un grand challenge reste à relever après l'entrée des biens industriels européens de toute nature sur le marché tunisien qui lancera sans nulle doute une guerre desprix et de qualité plus accentuée entre industriels.
Avec un déficit commercial de 3725,4 MDT, les importations industrielles dépassent toujours les exportations et le taux de couverture des importations par les exportations industrielles est de 80%. Le déficit revient particulièrement à la lourdeur des importations dans les industries mécaniques et électriques (IME) qui dépasse le seuil de 9500 MDT.
Compte tenue de la prédominance de l'UE en qualité de premier partenaire commercial de la Tunisie , les observateurs croient en l'impulsion des échanges commerciaux après ouverture des barrières tarifaires. Les prévisions semblent prometteuses, malgré les appréhensions dévoilées par certains à la suite de l'élargissement des pays de l'Union. Par ailleurs, les importateurs européens sont de plus en plus exigeants en matière de normes et de conformité aux standards internationaux de production et même de procédé. Des exigences légitimes pour une demande européenne hétérogène et diversifiée et pour une offre compétitive et variée.
Mais force est de constater qu'une fois le produit tunisien est conforme à une norme quelconque, une nouvelle exigence pointe et ainsi de suite. Les industriels opérant dans le secteur de l'huile d'olive subissent par exemple l'impact d'un cercle vicieux d'exigences de qualité. Les industriels poursuivent une course parfois pesante et onéreuse à la recherche de la qualité exigée, laquelle demeure pour les uns un obstacle majeur à l'export. En intégrant la zone de libre-échange avec l'UE, les opérateurs du commerce international tunisiens sont sollicités à redoubler d'effort sur la voie de la compétitivité industrielle, à tirer profit des conventions ultérieurement signées avec l'UE (Des quotas à l'export pour certains produits agricoles ne sont pas respectés).
Baisse de 1,8% des investissements déclarés dans l'industrie
Et pour répondre aux exigences de qualité, l'accroissement des investissements dans l'industrie et dans les services liés à l'industrie s'avère indispensable. Au terme des onze premiers mois de l'année 2007, les investissements déclarés dans l'industrie ont enregistré un léger repli de 1,8%. Quant aux investissements réalisés, ils ont augmenté de 19% à la fin de la même période de référence.
A noter que la baisse des investissements déclarés est principalement dûe à la dégringolade des investissements déclarés dans les industries chimiques (-64%), dans les industries des matériaux de construction, de la céramique et du verre (-16%) et dans les industries des cuirs et chaussures(-11%).
Pour les investissements réalisés, ils sont passés de 922,7 MDT au cours des onze premiers mois 2006 à 1098,2 MDT en 2007, soit un taux de croissance de 19%. Les investissements réalisés ont essentiellement profité aux IME (42%) et aux industries du textile-habillement et des cuirs et chaussures (37,8%). L'accroissement des investissements va de pair avec l'évolution du rythme de production industrielle pour les deux secteurs précités.
En dépit des aléas de la prochaine étape, la rétrospective des différents indicateurs industriels montre la poursuite d'une courbe ascendante et la stabilité du secteur.
Yosr GUERFEL
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