Fraternité Matin (Abidjan)

Cote d'Ivoire: L'ambiance était folle dans les maquis et bars

Abidjan — Les Ivoiriens sont sortis nombreux pour assister à la naissance de la nouvelle année (à gauche). Quant au D.G. de Fraternité Matin (debout, photo de droite), il a offert un réveillon au personnel et à ses amis à sa résidence.

C'est par des feux d'artifices suivis d'un tonnerre d'applaudissements, de cris de joie, d'accolades, de bénédictions réciproques, d'appels téléphoniques que l'année 2008 a été accueillie, au Plateau. Les populations de cette commune, à qui le gouverneur du District Djédji Amondji Pierre a offert gratuitement un "petit show" dans un jardin public, au bord de la lagune, sont sorties massivement pour assister à l'arrivée du nouvel an. Tenues en haleine par divers artistes (musiciens et comédiens), elles y sont restées jusque tard dans la nuit avant de mettre le cap sur d'autres communes "plus chaudes". C'est aux environs d'une heure et demie du matin que nous sommes arrivés au "1000 maquis", à Koumassi. Ici, l'ambiance est "électrique". Les musiques en vogue (modernes comme traditionnelles) se succèdent, sans interruption, dans les différents maquis de la place. Il est impossible de se frayer le moindre passage, les chaises et tables ayant occupé les voies. On y aperçoit une foule immense, composée de nombreuses filles et de jeunes gens, en train de "s'occuper" des bouteilles d'alcool (bière, vin, liqueur). Une foule surexcitée qui ne se fait pas prier pour se livrer publiquement à des obscénités.

On y aperçoit également, de nombreuses prostituées, quasiment nues et qui, visiblement, se sont fait beaucoup de sous, vu l'engouement autour d'elles. Cette ambiance qui accueille 2008 sera pratiquement la même partout, à Abidjan. Les Abidjanais ont accueilli, "avec beaucoup d'alcool", l'année 2008. Même la bière qu'ils ont semblé bouder pendant la Noël a repris sa place. Ils sont sortis massivement, se sont "amusés" dans les maquis et bars jusqu'au petit matin, sans trop de bagarres (D'ailleurs, tous n'avaient pour seul refrain que le mot paix). Ils ont surtout consommé beaucoup d'alcool. "Il y a une nette amélioration aujourd'hui au niveau de la consommation de la bière, par rapport à la Noël. Et pourtant les prix n'ont pas baissé. Mais vous savez, quand l'Ivoirien veut s'amuser, il s'en fout ", atteste un gérant de maquis, rencontré à Yopougon. Outre les gérants de maquis et bars, les chauffeurs de "gbaka", de "wôrô-wôrô", de taxis compteurs, mais également les propriétaires et autres gérants d'hôtels de passe auront fait aisément leur recette. A la Rue princesse par exemple, on apercevait devant les hôtels de prostituées, de longues files de candidats. Des candidats qui, pour la plupart, étaient dans un second état.

Les employés de Fraternité Matin sont entrés dans la nouvelle année en joie. Ils ont été, en effet, conviés par leur directeur général, Jean Baptiste Akrou, à un réveillon qu'il a organisé à son domicile.

Yamoussoukro : Des feux d'artifice

En rentrant dans la ville par le corridor sud, le visiteur ressent déjà l'ambiance et l'atmosphère qui règnent dans la Cité des Lacs, en ce réveillon du jour de l'an. En effet, l'hôtel Président annonce déjà les couleurs. Avec des lumières installées pour la circonstance dans les jardins, des étoiles lumineuses placées à l'entrée et la Tour, avec cette enseigne: "une bonne et heureuse année 2008". Des signes qui dénotent que la nouvelle année est la bienvenue à Yamoussoukro. Où, personne n'a voulu bouder son plaisir, célébrant selon ses possibilités cette nouvelle année.

Il est 23 heures lorsque nous nous retrouvons à la gare routière. Point névralgique de la ville. Ici, c'est un embouteillage monstre de noceurs qui se faufilent entre les voitures. Les tenanciers de maquis et bars sont débordés. Des bouteilles de bière et de vin sont entassées sur les tables.On mange et ça danse.

Au carrefour "Bar Vert" sis au quartier 220 Logements, c'est la même ambiance. Les différents maquis rivalisent dans une cacophonie de sons, dans laquelle chaque fêtard se retrouve. A minuit, c'est le délire. Des feux d'artifice tonnent dans le ciel. En dépit de l'interdiction des pétards. Certains noceurs sortent des bougies de leurs poches pour les placer sur les bouteilles. Symbole d'une année de plus gagnée. Pendant ce temps, certains s'adonnent à un jeu dangereux, paradant avec leurs voitures.

Vers une heure du matin, ceux des noceurs qui ont choisi d'aller d'abord confier la nouvelle année à Dieu arrivent pour créer le surnombre dans les maquis et autres night clubs. Le show se poursuit dans tous les quartiers. A l'Habitat comme à Assabou où des rues ont été barrées. La fête fut belle.

Les prix étaient aussi de la fête

Quand la joie de fêter se heurte à la flambée des prix, titrait Fraternité Matin dans l'une de ses récentes éditions en page Enquête express. Il s'agissait de dénoncer la hausse vertigineuse et anarchique des prix des articles relatifs aux fêtes de fin d'année, mais surtout des denrées de première nécessité. Cette enquête, qui se voulait un cri d'alarme afin que les autorités compétentes prennent des mesures idoines pour éviter le pire en matière de prix par ces temps de fêtes, n'a finalement eu aucun impact sur le terrain.

Opérateurs économiques, commerçants, grossistes ou détaillants, se sont donnés à coeur joie à des hausses de prix en toute liberté et impunité comme cela est quasiment le cas dans tous les domaines en Côte d'Ivoire. Où chacun semble avoir ses propres règles, foulant aux pieds celles de la République.

Pour cette fête de la Saint- Sylvestre, le record a été battu en matière de hausse de prix. En effet, des poulets, ordinairement vendus entre 2.000 et 2.500 F, ont coûté 3.000 voire 4.000 ou 5.000 F; quand ceux qui étaient vendus à 5.000 F ont tout simplement doublé de prix au point que des volailles ont été achetées à 8.000 voire 10.000 F.

Plus grave, les prix d'une même catégorie de poulets variaient, non seulement d'un marché ou d'un vendeur à un autre, mais aussi d'un moment à un autre selon qu'il y a, ou non, de l'affluence. Ce sont autant d'anomalies que les populations ont dû, stoïquement, gérer, préoccupées qu'elles sont de souffrir ces instants de plaisir que leur offrent les fêtes de fin d'année.

Mais, au moment où l'euphorie s'estompe et que les lampions s'éteignent sur les fêtes de fin d'année, il importe que l'on relève cette anarchie qui a toujours caractérisé les activités économiques surtout en période de fête. De même que l'on a fini par admettre que des moutons coûtent 100.000, 200.000 voire 300.000 F en Côte d'Ivoire pendant la période de la Tabaski, les poulets finiront, si l'on n'y prend garde, par être vendus à 10.000, 15.000 voire 20.000 F, comme cela a été constaté en cette fin d'année sur les marchés d'Abidjan.

Elles se coiffent jusqu'à l'aube

Tout comme la veille de Noël, les salons de coiffure et de beauté n'ont pas connu de repos à quelques jours de la Saint Sylvestre. Surtout le 31 décembre pour donner toute sa splendeur à la beauté féminine.

En tout cas, à Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, jusqu'au petit matin, nombre de femmes avaient leurs cheveux sous les casques.

Tandis que certaines se faisaient faire des bigoudis. D'autres, les plus nombreuses, attendaient impatiemment leur tour.

"Je suis venu attendre ma femme qui tient un salon de beauté. Je devrais venir la chercher à minuit pour aller en boîte. Mais nous sommes maintenant à 5 h 30 mn et les clients ne cessent de venir", se plaint Kraidy Hervé, de Yopougon Toit rouge.

Pour la nouvelle année, elles étaient nombreuses ces Abidjanaises à vouloir abandonner les bons vieux chignons, nattes et autres tresses pour oser quelque chose d'un petit peu plus original quelle que soit l'heure.

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