La Presse (Tunis)

Tunisie: Zone de libre-échange - Pour une entreprise mieux connectée

Anis SOUADI

3 Janvier 2008


Depuis mardi 1er janvier 2008, on ne parle plus de marché local mais plutôt de marché commun. C'est que cette date annonce justement l'instauration totale de la zone de libre-échange avec l'Union européenne.

Une telle échéance aussi importante impose désormais à l'entreprise tunisienne de nouvelles exigences, un nouveau type de comportement et une nouvelle manière de se positionner.

L'industrie tunisienne est tenue à se lancer dans cet espace sans appréhensions ni craintes. Car, la Tunisie a su ou, disons plutôt, a eu tout le mérite de bien préparer son entreprise et d'une manière générale son économie à ce nouveau contexte à la faveur d'une stratégie bien ciblée et bien réfléchie.

Le lancement en effet de multiples et importants programmes d'appui, surtout ceux de la mise à niveau, de la modernisation industrielle, de la qualité, du coaching ou encore de la création d'entreprises, ont réussi à conférer à l'entreprise industrielle tunisienne, certes progressivement mais sûrement, une nouvelle dimension, où seule la compétitivité prime. Ces programmes ont permis à l'entreprise de s'assurer plus de productivité, plus d'ouverture du capital et plus d'internationalisation.

Ainsi, et c'est bien là un motif de satisfaction, l'entreprise tunisienne n'a plus à parler en termes de résistance ou encore de survie mais plutôt en termes de concurrence et de performance.

Ce constat est d'autant plus légitime que l'unité industrielle tunisienne dispose désormais d'assez d'arguments et d'atouts solides et efficaces.

Notre pays a réussi justement, comme l'a attesté d'ailleurs tout récemment M.Bruno Cosnier, directeur de Sagem Communication Tunisie, «à accroître significativement sa capacité de production». Justement, soutient-il encore, «des compétences de très haut niveau et une main-d'oeuvre qualifiée sont disponibles en Tunisie, à des coûts très compétitifs».

Mieux encore, pour lui, «outre les ressources humaines, la Tunisie présente une forte compétitivité au niveau des différents facteurs de production et la proximité géographique avec l'Europe permet de répondre aux exigences du client en termes de réactivité et de flexibilité».

En somme, l'industrie tunisienne semble bien prête pour accompagner cette nouvelle étape avec optimisme et assurance. Reste qu'il ne faut nullement se contenter d'un tel niveau et chercher à aller encore plus loin. De ce fait, on pense que les structures et les programmes d'appui doivent passer aujourd'hui du stade de la préparation à celui de l'accompagnement de l'entreprise. En effet, bien qu'elle soit bien préparée à affronter cette échéance, l'entreprise aura toujours besoin d'être accompagnée pour préserver son niveau de compétitivité et s'inscrire dans la durabilité.

Cette politique d'accompagnement doit cibler certains aspects prioritaires. On pense surtout au volet technologique.

Il est vrai que face à ce nouveau contexte hautement concurrentiel, l'entreprise, notamment la PME, doit maîtriser parfaitement les technologies de l'information et de la communication. Elle est de ce fait condamnée à améliorer davantage son niveau de connexion. Les responsables du Programme de modernisation industrielle estiment d'ailleurs que cette question de connexion n'est plus considérée comme un choix mais plutôt comme une obligation. Elle est même une question de survie. Car, une bonne connexion a l'avantage de permettre à l'entreprise d'être attentive mais surtout réactive.

On reconnaît en effet que l'écart entre grandes et petites entreprises est énorme. Il faut donc aider la petite entreprise à se doter d'une cellule TIC bien efficace.

À ce stade, on peut avancer que le rôle des structures d'appui, entre autres les centres techniques, est primordial. Ils ont le devoir d'accompagner la PME dans cette quête technologique pour qu'elle puisse disposer d'une cellule solide et pérenne.

Reste que pour réussir leur mission, les structures d'appui ont besoin elles-mêmes d'avoir une bonne argumentation et de s'entourer de tous les moyens aussi bien humains que matériels nécessaires. C'est là une condition essentielle.

En plus de cette question des TIC, l'entreprise est appelée à gagner encore plus en qualité et donc en normalisation. Actuellement, le nombre d'entreprises certifiées reste timide, puisqu'on compte uniquement environ 860 unités. Il faut donc multiplier rapidement ce nombre, conformément à l'objectif fixé par le programme présidentiel «Pour la Tunisie de demain» et qui table sur un total de 1.300 entreprises certifiées au terme de 2009.

Un tel objectif est tout à fait réalisable, surtout que l'Etat a mis en place toutes les dispositions appropriées. Le lancement, en 2005, du programme national de la qualité, s'étalant sur cinq ans, en est une belle illustration.

Il faut dire que la certification,dans le contexte aussi bien actuel que futur, est incontournable. Car, une entreprise sans norme ou encore sans label est une entreprise sans identité. C'est tout comme un passeport sans visa. On ne peut donc aller très loin.

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