Aminata.com (Conakry)
Taliby Dos Camara
7 Janvier 2008
Depuis la nouvelle de limogeage le 3 janvier dernier de ministre de la communication et des nouvelles techniques de l'information, Justin Morel Junior par le Chef de l'Etat, le Général Lansana Conté sans avoir consulté le PM, chef de Gouvernement Lansana Kouyaté lequel doit pourtant lui faire la proposition avant toute nomination suivant la feuille de route issue des accords tripartites, des voies se lèvent tous azimuts pour condamner cette ingérence du président.
Plusieurs rencontres et réunions ont déjà eu lieu le 4 janvier pour tirer les leçons de cette mésentente entre les têtes du pays à savoir Lansana Conté et Lansana Kouyaté. De ces réunions, il y a eu un conseil extraordinaire du Gouvernement, une réunion de l'inter centrale à la bourse du travail, une réunion chez Jean-Marie Doré de certains partis politiques de l'opposition à l'exception du RPG, le parti du Professeur Alpha Condé qui a brillé par son absence. Il semble que les leaders du RPG et celui de l'UPG ne seraient pas en l'odeur de sainteté.
En effet, l'ordre du jour du conseil extraordinaire des ministres présidé par Lansana Kouyaté était axé sur un seul point : le limogeage du ministre de Justin Morel Junior. Après un long débat, le conseil avant de prendre toute décision, se propose de rencontrer les différentes institutions. Cette démarche avait était saluée par plusieurs observateurs qui pensent que le Gouvernement joue à l'apaisement. Car, une démission de celui-ci entraînerait le pays dans un kao incommensurable. Que dans cette situation, le président pourrait revenir sur son décret comme il l'avait fait avec le décret Cellou Dalein. Pour cultiver la paix sociale et l'union nationale, il rétablit JMJ dans ses fonctions pour le respect des accords et procéder au limogeage de Idrissa Thiam et Sam Soumah pour trahison, et accepter de revoir la restructuration en rendant au PM ses prérogatives et à la Banque centrale son autonomie. Sinon, lorsque cette grève prévue pour le 10 janvier prochain est déclanchée, c'est son départ qui sera dans l'ordre du jour. Chose dont -il faut craindre. Faute de quoi, il serait considéré comme le véritable frein à la paix et le développement.
En ce qui conserve la réunion de l'inter centrale, selon les déclarations, des secrétaires généraux, Hadja Rabiatou Serah Diallo, Dr. Ibrahima Fofana et Yamodou Touré, aucun point issu des accords de 27 janvier 2007 n'a été respecté. Pour amener les différentes institutions à s'impliquer vivement dans la mise en place des instruments de ces accords, une grève générale et illimitée sera déclanchée le 10 janvier 2008 sur toute l'étendue du territoire national. Ils ont accusé certaines institutions comme l'Assemblée nationale qui n'a plus aucune légitimité et qui serait à la base de nombre de frein dans ces accords tripartites. L'autre frein c'est la Cour Suprême qui met la loi fondamentale au dessus de la volonté populaire. Sur cette question, plusieurs observateurs avertis pensent que la Guinée n'a pas besoin d'organiser un référendum pour modifier la Loi Fondamentale. Un référendum coûterait beaucoup d'argent. L'insurrection populaire de février est plus qu'un référendum. Si les parlementaires étaient de bonne foi et aimaient le peuple qui a voté pour eux, devraient apporter les modifications souhaitées comme institutionnaliser le poste de Premier Ministre chef de Gouvernement. Mais au lieu de faire cela, ils ont préféré assombrir le pays en voulant coûte que coûte ratifier des conventions minières qui méritent un toilettage systématique. Certaines personnes cogitent que le président de l'Assemblée nationale, Elhadj Aboubacar Somparé aurait reçu beaucoup d'argent dans cette affaire. Raison pour laquelle contre la volonté populaire, il veut amener l'Assemblée à ratifier ces conventions. Pourtant, par exemple, la Guinée n'a pas signé de convention avec Hyperdynamic's mais plutôt avec SCS Corporation. Pourquoi alors Hyperdynamic's s'acharne-t-il contre la Guinée en voulant la ratification d'une convention qui n'est la sienne ? C'est toute la question.
La société civile guinéenne elle, a déjà marqué sa disponibilité à faire la médiation entre les différents protagonistes de cette crise. Néanmoins, elle se désolidarise des syndicats sur le mot d'ordre de grève illimitée annoncée pour le 10 janvier prochain en prévision des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. Mêmes sons de cloches chez partis politiques. Une grande rencontre de toutes les institutions républicaines et les confessions religieuses est prévue ce matin du 7 janvier au palais du peuple afin de trouver une solution immédiate à cette crise. Celles qui avaient participé pour le dénouement de la crise de janvier-février 2007. Car, si la grève a lieu, pour nombre d'observateurs avertis, les conséquences seront lourdes. Avant le début de la rencontre, le Premier Ministre, chef de Gouvernement Lansana Kouyaté fera une prise de langue avec les syndicats.
Cependant, du côté populations, dans plusieurs quartiers de la banlieue, les jeunes commencent déjà à s'organiser pour répondre coup sur coup les militaires et autres forces de l'ordre qui tireraient des balles réelles sur la population. Ils proposent que cette fois, si un citoyen est tué par un militaire, un membre d'une famille quelconque de militaire du coin sera tué. Donc une véritable guerre en perspective entre jeunes et force de l'ordre. C'est sûrement ce qui expliquerait le caractère particulier de cette grève qui doit être évitée à tout prix.
Des sources dignes de foi rapportent que le ministre de la défense nationale Général Bailo Diallo, le chef d'état-major général des armées, Général Diarra et le ministre de l'intérieur et de la sécurité, Mamadou Ba Kéita auraient procédé au désarment des tous les militaires et la police, certainement pour éviter un autres bain de sang en ce mois de janvier. La police ne doit faire usage des matraques et des bombes lacrymogènes pour éviter les pillages et vandalismes qui en résulteraient. Pour qui connaît le comportement exécrable de certains militaires ou autres forces de l'ordre qui se disent inconditionnels du chef de l'Etat, le pire est toujours à craindre.
Les mêmes sources rapportent également que le 4 janvier dernier, c'est-à-dire le lendemain de limogeage de JMJ, que tous les enfants du président auraient quitté le pays pour le Maroc et Djedda, selon leur résidence.
Espérons que la rencontre d'aujourd'hui puisse aboutir à un règlement du différend entre le Président de la République, le Général Lansana Conté et le Premier Ministre, chef de Gouvernement, Lansana Kouyaté qui ne cherche que la confiance du premier pour mettre en Å"uvre le programme du Gouvernement pour le développement économique et social du pays.
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