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Congo-Kinshasa: LAC - la Commission Bofassa installe le doute
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Le Phare (Kinshasa)
11 Janvier 2008
Publié sur le web le 11 Janvier 2008
Jacques Kimpozo Mayala
Plus de 1.800 agents et cadres des Lignes Aériennes Congolaises (LAC) font des insomnies avec l'approche de l'échéance de la session extraordinaire de l'Assemblée Nationale, fixée au 15 janvier 2008.
Après avoir suscité beaucoup d'espoirs en octobre 2007, à l'occasion de sa mission d'investigation auprès de cette entreprise publique, la commission parlementaire conduite par Charles Bofassa Djema suscite de vives inquiétudes quant au sort de cette dernière. Car, quatre mois après son passage par Air Terminus à Gombe et à Ndjili-Aéro, elle ne donne plus de ses nouvelles. Serait-elle occupée à chercher un complément d'informations auprès des antennes extérieures des Lignes Aériennes Congolaises ?
Le crash de Kingasani : une forte interpellation
Pourtant, ces parlementaires accueillis comme des toubibs de la dernière chance par le personnel de Lac, avaient assuré tout le monde qu'ils allaient produire un rapport fidèle au sujet des opportunités de relance de la compagnie aérienne nationale, compte tenu de son impressionnant patrimoine immobilier, de l'expertise de ses ressources humaines, de son traditionnel fond de commerce représenté par les « droits de trafic » et surtout, de l'impératif, pour un Etat, de peser de tout son poids sur un secteur aussi stratégique que celui du transport aérien.
Bofassa et compagnie, après avoir recueilli les avis et considérations de toutes les parties (Ministère des Transports et Voies de Communication, ministère du Portefeuille, Conseil d'Administration, Comité de gestion, Syndicats des cadres et des agents) étaient suffisamment renseignés pour proposer un plan fiable de redressement et de relance des activités des Lignes Aériennes Congolaises.
Les chances des Lac paraissaient d'autant franches que le crash de Kingasani ya suka, enregistré le jeudi 04 octobre 2007, avait donné lieu peu après au limogeage du ministre des Transports et Voies de Communication, en l'interpellation du ministre d'Etat près le Président de la République et à la condamnation unanime du « fula-fula » aérien en République Démocratique du Congo. Le sous-entendu du discours public faisait penser à l'absence, sous les cieux congolais, d'une compagnie nationale capable de montrer la voie aux exploitants privés en matière de respect des normes de sécurité et de confort pour les biens et les personnes.
Le dossier « Lac » dans les oubliettes ?
En principe, le palmarès des Lac, vierge de crash depuis leur création en 1961, devrait plaider pour leur dotation rapide en flotte de nature à assainir le trafic aérien.Hélas, la session ordinaire de septembre ainsi que celle, extraodinaire de décembre, ont bouclé leur ordre du jour sans que l'Assemblée Nationale n'évoque le dossier « Lac ». Ce qui semblait urgent en octobre 2007, dans la foulée de l'émotion provoquée par la cinquantaine de morts et les dégats matériels importants enregistrés à Kingasani ya suka, a cessé de l'être. Une fois l'émotion passée et les larmes des familles des victimes séchées, la commission Bofassa donne l'impression de n'avoir toujours pas fini de récolter des données sur la mort ou la survie des Lac. Pourtant, sa réponse était fort attendue dans l'opinion nationale.
Les députés nationaux attendraient-ils un nouveau crash apocalyptique pour tourner de nouveau leurs regards compatissants vers cette compagnie nationale d'aviation maintes fois promise à la « resurrection » et chaque fois torpillée par des décideurs politiques détenteurs d'intérêts personnels dans des sociétés aériennes privées aux aéronefs et équipages souvent à problèmes ? La mise cynique en veilleuse des Lac par les décideurs, ouvre naturellement la voie au bradage, par des firmes privées, de ses droits de trafic sur les lignes internationales, où pourtant chaque Etat sérieux met un point d'honneur pour maintenir en vie sa compagnie aérienne nationale. Faute d'un instrument approprié en la matière, la RDC est occupée à abandonner ses « fréquences » aux compagnies nationales aériennes étrangères sur les axes Kinshasa-Bruxelles, Kinshasa-Paris, Kinshasa-Rome, Kinshasa-Londres, Kinshasa-Madrid, Kinshasa-Pretoria, Kinshasa-Luanda, Kinshasa-Nairobi, etc.
Un Comité de gestion en singleton
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La compagnie nationale aérienne présente un cas unique en son genre dans les annales du Portefeuille de la République. Cela fait plusieurs mois que son Comité de Gestion ne fonctionne qu'avec une unité, en la personne de l'Administrateur Délégué Général Intérimaire. L'Adga et l'ADT suspendus ainsi que l'Adf mort, attendent toujours d'être remplacés. Par souci de transparence dans la gestion de ce « canard boiteux », les ministères des Transports et du Portefeuille auraient pu faire diligence pour prendre des mesures conservatoires, en nommant un Comité de gestion provisoire, en attendant que le gouvernement lève une option définitive sur l'avenir et le devenir des Lac.
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