Maria Senhaji
11 Janvier 2008
Le départ « volontaire » à l'Office des Changes aurait pris de nos jours un caractère « obligatoire ».
En effet, selon des membres du personnel, la direction de cet établissement financier a adressé une lettre à trente trois personnes de l'Office dans laquelle elle leur demande d'adhérer à l'opération de départ « volontaire » lancée il y a deux ans par l'établissement.
Contactés par Libé, ces derniers mettent en exergue le caractère « anormal » et « arbitraire » de cette opération et à plusieurs titres.
Pour ces salariés, la convocation lancée par la direction va à l'encontre de l'essence même de cette opération qui devrait rester une initiative volontaire.
Secundo, les membres du personnel qui n'ont pas encore atteint les 55 ans seront contraints de « partir » avec des indemnités réduites, suite à la révision de la circulaire de service statuant sur les conditions de leur départ.
Désormais, ces derniers ne bénéficieront que de 50% des émoluments qui étaient initialement prévus. Autre fait important et non des moindres, sur les 33 personnes convoquées, certaines n'ont pas encore achevé 21 ans de service.
Pour remplir les conditions nécessaires, ces employés sont contraints de verser la différence des cotisations de retraites et tenez-vous bien, aussi bien salariales que patronales.
Pis encore, ceux qui ont contracté des crédits logements, devront s'acquitter de leur dû avant leur départ.
Résultat, dans certains cas, des salariés seront tenus de reverser à l'Office quelques millions de plus pour régulariser leur situation.
L'autre inconvénient de cette opération qui n'a rien de bénéfique pour le personnel, est que dans le cas où le salarié n'a pas atteint ses 21 ans de service il perd par la même occasion son droit à la mutuelle.
« Ce n'est pas un départ volontaire, c'est à un véritable suicide qu'on invite le personnel», confie à Libé l'un des salariés de l'Office.
Pour l'heure, seules sept personnes sur les 33 convoquées ont répondu à l'appel. Le reste vit dans l'expectative voire dans « la terreur », poursuit notre interlocuteur, puisque « le refus exprimé par certains salariés ne passera pas en silence.
La direction fera parler d'elle par les moyens les plus arbitraires en les privant de leurs primes et de leurs indemnités ».
Ces derniers qui se sont organisés en mouvement syndical ont publié un communiqué dans lequel ils demandent aux responsables d'intervenir en vue de mettre un terme à cet « horrible » feuilleton.
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