Coulibaly Zié Oumar
16 Janvier 2008
Le Pr. N'Dri Yoman, directeur général de la Santé, a dénoncé hier au siège de l'AIBF à Treichville, le taux élevé, de la mortalité maternelle et infantile en Côte d'Ivoire. C'était à l'occasion de la cérémonie d'ouverture de la 3ème édition des journées de coordinateurs en santé de la reproduction.
" Au 21ème siècle, il est moralement inacceptable qu'une femme meut en donnant la vie", a dénoncé Pr. N'Dri Yoman. En effet, selon elle, la Côte d'Ivoire a un taux de mortalité maternel de 543 décès pour 100.000 naissances vivantes et un taux de mortalité infantile de 62 décès pour 1000 naissances vivantes. "Nous sommes le pays de la sous-région le plus doté en infrastructures sanitaires, en personnel de qualité et pourtant, nous avons les indices les plus mauvais. Il nous faut relever ce défi", a soutenu le directeur général de la santé. Elle a demandé aux techniciens de la santé de la reproduction venus des quatre coins de la Côte d'Ivoire de faire de l'accouchement de la femme enceinte, une urgence. Pour elle, ce n'est pas l'hémorragie qui doit être la priorité. Car "si l'accouchement est vite fait, on règle du coup le problème de l'hémorragie. Il faut donc faire en sorte que les femmes aient envie d'accoucher dans les centres de santé ".
Autres problèmes souligné par le Pr. N'Dri Yoman, ce sont les trois retards qui allongent les délais d'accouchement d'une femme dans un centre de santé. Il s'agit de la décision de recourir à des soins se prend après plusieurs hésitations entre la matronne du village, le centre de santé, l'hôpital général et le CHR ou le CHU. Des moyens de communication qui ne permettent pas d'accéder aux centres de santé car les routes sont souvent impraticables ou pas du tout existantes. Et enfin, la rapidité et la qualité de la prise en charge de la femme enceinte quand celle-ci arrive à l'hôpital.
De son côté, Mme Dogoré, représentant M. Philippe Delanne, représentant résident de l'UNFPA, l'agence spécialiste de la santé reproduction des Nations Unies, a souligné le fait que la crise armée qu'a connue la côte d'Ivoire depuis septembre 2002 a "entraîné le dysfonctionnement des services de santé du fait du déplacement du personnel de santé et la destruction des infrastructures médicales dans les zones Centre, Nord et Ouest (CNO) et de la surcharge de travail dans la zone gouvernementale". Pour elle, les taux de mortalité annoncés sont évitables. C'est pourquoi, "il est nécessaire de repenser la façon de faire les choses. Les journées des coordonnateurs de la santé de la reproduction telle que proposées vont permettre aux districts (...) de réfléchir sur leur mission dans la mise en oeuvre des interventions visant à relever les défis actuels", espère-t-elle.
Quant à Dr. Benié Bi Vroh Joseph, directeur coordonnateur du programme national de la santé de la reproduction et de la planification familiale, il a présenté les objectifs de ces journées qui sont, entre autres, de discuter du rôle et des responsabilités des directeurs départementaux dans la mise en oeuvre du programme de santé de la reproduction ; de présenter les nouvelles directives en matière de santé de la reproduction ; d'informer les participants sur le mécanisme mis en place pour la gestion des produits contraceptifs ; de présenter les modalités d'intégration du conseil et dépistage volontaire du VIH/SIDA dans les services de planification familiale ; d'informer les participants sur le transfert de la gestion des produits contraceptifs par la pharmacie de la santé publique ; d'identifier les obstacles et les faiblesses et proposer des solutions.
Les journées de la santé de la reproduction ont été initiées en 2005 pour permettre une meilleure mise en oeuvre des activités du programme national de la santé de la reproduction et de la planification familiale. Les journées prennent fin aujourd'hui.
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